samedi 24 mai 2025

Chapitre 26 : 30 ans


Septembre 2031

Je n'avais pas encore défait ma valise quand on m'a convoquée.

Trois semaines à peine. Trois semaines de lune de miel au Kenya, à marcher pieds nus dans des terres brûlées de soleil, à goûter une liberté qu'aucune couronne ne pouvait encore m'ôter. Trois semaines à être juste Bella, épouse, amoureuse, vivante. Et puis le retour, le palais, l'air plus froid, plus lourd et le protocole qui m'attendait déjà sur le seuil.

Mon père me reçut dans son bureau. Il avait maigri. Ses gestes, autrefois fermes et précis, trahissaient une lenteur inhabituelle. Il ne tourna pas autour du pot. Il voulait que je commence à l'assister, que je prenne la mesure du trône qu'il s'apprêtait à me céder.

— Il te reste moins d'un an, avait-il dit. Il faut que tu sois prête.

Ce n'était pas une demande. C'était un passage de relais silencieux, empreint d'amour et de résignation.

Depuis, mes journées avaient basculé. Réunions, discours, rapports, réceptions, j'apprenais à marcher avec le poids de la couronne sans la porter encore. Je souriais en public, je restais droite, je ne disais pas tout ce que je pensais — surtout devant ceux qui, dans les salons dorés du palais, attendaient mon premier faux pas pour critiquer la monarchie à voix basse, ou parfois, à voix haute.

Et lui… Mon mari… Il m'attendait souvent seul, au Belvédère, que je ne faisais qu'effleurer au milieu de la nuit. Nous étions jeunes mariés, mais déjà séparés par des murs invisibles faits d'obligations et de silence.

Dans quelques jours, j'allais avoir trente ans. L'âge symbolique, dit-on. Pour l'occasion, je devais préparer un discours à prononcer devant les membres du Parlement et plusieurs chefs d'État invités. Je dis "préparer", mais il faudrait plutôt dire supervisée. Chaque mot que je proposais était analysé, pesé, corrigé par une équipe de ministres — certains monarchistes tièdes, d'autres farouchement opposés à ma simple existence. Parfois, je me demandais à quoi bon parler, si ce n'était pas ma voix qu'on laissait s'élever.

Mais j'allais parler. J'allais parler quand même.

Je relus la même phrase pour la dixième fois, sans rien ressentir.

"À trente ans, on attend de moi une maturité d'esprit, une vision d'avenir, et un engagement sans faille envers les institutions de notre pays."

Plate. Glacée. Pas moi.

Je poussai un soupir, posant ma plume avec lassitude.

— Tu comptes grimacer comme ça pendant tout ton anniversaire ? dit une voix familière derrière moi.

Je levai les yeux. Angela entrait dans la bibliothèque, suivie de Mike, qui tenait deux tasses fumantes.

— On t'a apporté du thé, annonça-t-il en posant l'une d'elles devant moi. Tu avais l'air de quelqu'un qui écrivait son testament plutôt qu'un discours.

— C'est un peu la même chose, murmurai-je. Chaque mot est disséqué par des ministres. Je ne peux pas être honnête. Je dois être… utile.

Angela s'assit à côté de moi.

— Tu peux l'être sans te trahir, déclara mon amie. Tu es intelligente, Bella. Dis quelque chose qui soit vrai et diplomatique. Comme… je sais pas, une phrase qui dit que tu crois en la force des jeunes générations, sans dire que les anciens sont dépassés.

Mike haussa les épaules.

— Ou tu pourrais juste dire que tu vas botter des culs avec grâce, plaisanta mon frère.

Je pouffai, malgré moi.

— Je suis censée incarner la stabilité, Mike! clamai-je. Pas une héroïne de film d'action.

Il fit un clin d'œil.

— Alors incarne la stabilité… avec un peu de feu. Le peuple aime les reines qui ont une étincelle. Et moi aussi! ajouta-t-il en me lançant un clin d'œil.

Angela sourit doucement.

— Sois toi. Même entre les lignes. On finira par t'entendre.

La veille de mes trente ans, je me tenais droite aux côtés de mon père dans l'hémicycle de la Chambre des représentants, au Palais de la Nation, à Bruxelles. Il portait son habit traditionnel, et moi un tailleur rose pâle choisi par Angela, à la fois sobre et symbolique. Ce jour-là, la rentrée parlementaire prenait une signification nouvelle : je n'étais plus seulement princesse, j'étais l'héritière officielle, et le pays le savait.

La salle plénière me donnait toujours la même impression étrange : austère mais imposante. Les murs clairs, les boiseries profondes, les sièges en gradins disposés en demi-cercle... tout semblait conçu pour que les regards convergent vers le centre, là où s'échangeaient les décisions d'État. Une solennité presque froide, mais empreinte d'histoire.

Je suivais les usages à la lettre, souriant avec justesse, saluant à temps. Après les discours d'ouverture, plusieurs ministres vinrent me saluer personnellement.

— Toutes mes félicitations, Madame, me dit l'un d'eux en inclinant légèrement la tête. Votre mariage a été un sujet de réjouissance, même à distance.

— J'aurais aimé être présent, ajouta un autre. Mais j'avais promis cette croisière à mes enfants depuis deux ans… Les vacances, vous savez.

J'acquiesçai avec diplomatie. Ce genre d'absences, je les comprenais, même si je savais aussi lire entre les lignes. La monarchie, pour certains, restait un accessoire qu'on porte ou non selon l'humeur du jour.

Plus tard, dans une salle attenante, je présentai mon discours d'anniversaire au comité ministériel chargé de le superviser. Ils écoutèrent en silence pendant que je lisais. Mes mains tremblaient un peu, malgré mes efforts pour paraître calme.

Quand je terminai, un long silence s'installa.

— C'est bien construit, dit enfin le ministre de l'Intérieur. Sobre, mais pas fade. Vous avez su respecter l'équilibre.

— Et surtout, ajouta la ministre des Finances. Vous évitez les sujets piégés. C'est une qualité rare.

Je ne répondis rien, mais au fond de moi, un soulagement profond s'installait. J'avais passé un cap. Ils n'avaient pas cherché à censurer ni à corriger. Pas cette fois.

Alors que je rangeais mes notes après la séance, la ministre de la Culture s'approcha de moi avec ce sourire doux qu'elle réservait aux moments plus personnels.

— Votre Altesse, me dit-elle en baissant légèrement la voix. J'espère que vous avez eu un peu de repos malgré l'agenda royal. Votre voyage de noces s'est bien passé ?

Je sentis mes lèvres s'étirer sans effort. Rien qu'à l'évocation, les souvenirs me revenaient comme une vague chaude : la poussière ocre, les ciels infinis, les animaux sauvages...

— Oui, c'était vraiment merveilleux. Nous sommes partis au Kenya. Trois semaines de dépaysement total. Nous avons fait un safari, vu des lions, des girafes, des éléphants, des troupeaux entiers de zèbres... J'en avais rêvé depuis l'enfance.

Elle sourit franchement, presque attendrie.

— Je me souvenais que vous étiez fascinée par les animaux. Il me semble que, petite, vous aviez même proposé une réserve naturelle dans les jardins royaux...

Je ris doucement.

— Oui, j'étais persuadée qu'on pourrait y faire cohabiter des pingouins et des gazelles. J'avais peu de notions de climat à l'époque. Mais je suis restée fidèle à cette passion, malgré... tout le reste.

Elle hocha la tête avec complicité, puis ajouta, curieuse :

— Et la chaleur ? Ce n'était pas trop difficile ?

Je fis une légère grimace.

— Si, il faisait très chaud, surtout pendant les safaris. Mais heureusement, pour la dernière semaine, nous avons séjourné sur la côte. L'air marin, les soirées au bord de l'eau… C'était un vrai soulagement. Et un peu de romantisme aussi, je dois l'admettre.

Ses yeux pétillèrent.

— Vous avez eu raison. L'amour se nourrit autant d'aventure que de calme.

Je hochai la tête, touchée par sa bienveillance. Ce genre d'échange simple et humain me rappelait que, même dans ce monde politique, il restait des espaces sincères.

Le lendemain matin, encore engourdie par le sommeil, je sentis une légère agitation autour de moi. J'ouvris à peine les yeux, mais me souvenais : c'était le jour de mon 30e anniversaire.

Je sentis d'abord une humidité étrange sur ma joue, suivie d'une haleine chaude et d'un petit gémissement insistant. Avant même d'ouvrir complètement les yeux, je savais ce que c'était.

— Poppy…

J'ouvris lentement les paupières et me retrouvai nez à truffe avec mon labrador chocolat. Ses yeux ronds et brillants me fixaient avec adoration, et sa langue se préparait déjà pour une nouvelle offensive.

— Poppy, tu sais que tu n'as pas le droit de monter sur le lit, dis-je à mon chien.

Ma voix se voulait ferme, mais le ton restait doux. Elle battit de la queue en guise de réponse, son arrière-train frémissant d'excitation. Je tendis une main vers elle pour lui caresser la tête.

— Allez, descends maintenant, insistai-je.

Elle obéit sans discuter, bondissant hors du lit avec une souplesse qu'elle ne réservait qu'aux occasions spéciales.

— Bonne fille, la félicitai-je alors.

Je m'étirais à peine quand Edward entra dans la chambre, un torchon sur l'épaule, les cheveux en bataille, l'air faussement contrarié.

— Tu es déjà réveillée ? demanda-t-il avec une déception dans la voix.

Je lui lançai un regard interrogateur.

— Bonjour à toi aussi…

Son visage s'éclaira aussitôt d'un sourire.

— Bon anniversaire mon amour!

Il s'approcha pour m'embrasser doucement sur le front.

— J'allais t'apporter le petit-déjeuner au lit, avoua-t-il. C'était censé être une surprise.

— Toi, cuisiner ? Je suis presque plus surprise par ça que par le réveil canin.

Il leva les mains en signe de protestation.

— Je sais faire cuire des œufs, je te signale et du bacon, grommela mon mari. C'est dans mes rares compétences pratiques, surtout quand c'est pour faire plaisir à ma reine.

Je ris doucement, touchée malgré moi. Il avait cette façon de rendre chaque moment important, sans jamais en faire trop.

— Donne-moi cinq minutes, je vais me rafraîchir, dis-je en me levant.

Je filai vers la salle de bain, le carrelage frais sous mes pieds. Une douche rapide, un peu d'eau sur le visage, un peigne passé dans mes cheveux, et j'étais prête à affronter la journée. Enfin… presque.

Dans la cuisine, le parfum du café chaud se mêlait à celui du bacon grillé. La table était dressée simplement, avec une petite fleur dans un verre, sans doute chipée au jardin. Edward m'attendait, fièrement debout derrière deux assiettes fumantes.

— Madame est servie, déclara-t-il avec un clin d'œil.

— Monsieur est trop aimable.

Je pris place, savourant autant le repas que l'attention.

Après avoir fini, je remontai dans la chambre pour m'habiller. Aujourd'hui, pas de fantaisie : j'enfilai un tailleur blanc, sobre mais élégant, parfait pour la journée protocolaire qui m'attendait. En me regardant dans le miroir, je me dis que j'avais l'air d'une femme qu'on s'apprête à applaudir. Et peut-être, enfin, d'une reine en devenir.

Le Palais Royal vibrait d'une énergie calme mais dense, propre aux grandes réceptions. Le parquet ancien résonnait doucement sous les pas des invités, les murs tendus de soie semblaient écouter en silence les échanges feutrés entre ministres, chefs de partis et membres de familles royales. Le personnel d'apparat s'affairait discrètement autour des buffets dressés avec une précision presque chorégraphique.

Je saluai les visages familiers avec des sourires maîtrisés. Certains chefs de partis que je connaissais à peine venaient me féliciter pour mon anniversaire, d'autres pour mon mariage. Le protocole imposait des mots polis, mais je sentis chez quelques-uns une sincérité timide.

Les Cullen étaient au grand complet, élégants et impeccables comme toujours. Ma tante, entourée de ses enfants et de son mari, me fit de petits signes complices à travers la foule.

Et puis, je les vis. Un petit groupe qui tranchait agréablement avec les tailleurs sobres et les costumes gris : les enfants de l'orphelinat. Mon orphelinat, celui qui portait mon nom depuis quelques semaines.

Ils étaient en ligne, tenus par la main ou posés sur les hanches des éducateurs, intimidés mais excités. Un sourire incontrôlable me monta aux lèvres.

— Madame la Princesse Isabella! cria une petite voix familière.

Je tournai la tête et reconnus immédiatement Lucie. Petite frimousse malicieuse, cheveux bruns tirés en couettes, robe rose pâle qu'elle portait comme si c'était une robe de bal.

— Lucie ! m'écriai-je en m'agenouillant à sa hauteur.

Ses yeux s'illuminèrent et elle s'approcha sans hésiter.

— Joyeux anniversaire ! dit-elle d'une voix fière, comme si elle s'était entraînée.

Je posai ma main sur son épaule et lui souris.

— Merci beaucoup, Lucie. Tu sais, ça me fait tellement plaisir que tu sois venue. Et je me souviens que tu aimes les fleurs… tu as vu le jardin dans la cour du palais ?

Elle hocha la tête, rayonnante, les joues rouges d'émotion.

— Oui ! Y a plein de roses! s'exclama la petite fille. Et une fontaine !

— Tu veux que je te la montre de plus près après la réception ? Je suis sûre qu'on peut faire une petite visite spéciale.

Elle acquiesça vivement, ses mains serrées devant elle comme pour ne pas exploser de joie.

— D'accord ! Promis ?

— Promis, dis-je en lui tapotant le nez.

Derrière elle, un homme approcha. C'était Riley Bears, l'un des éducateurs de l'orphelinat. La trentaine, grand, le regard franc, avec ce calme solide des gens qui travaillent au cœur du réel.

— Votre Altesse, dit-il avec un sourire respectueux. Merci de nous avoir invités. C'est un immense honneur pour les enfants… et pour nous tous. Joyeux anniversaire, et félicitations pour votre mariage. Nous avons vu les photos dans les journaux — les petits les regardaient tous les matins en attendant leur chocolat chaud.

Je ris doucement.

— Alors je suis heureuse qu'ils aient tant affectionné les photos de mon mariage… Et merci à vous. Vous faites un travail admirable, monsieur Bears. Je n'oublie pas ce que vous apportez à ces enfants. Sincèrement.

Il inclina légèrement la tête, touché.

— Nous n'oublions pas non plus ce que vous avez apporté. Votre présence, lors du défilé l'an dernier, comme à l'inauguration i mois, a laissé une marque. Ils parlent encore de vous comme d'une grande sœur. Et croyez-moi… c'est rare.

Je sentis ma gorge se serrer doucement. Dans un monde saturé de discours et de dorures, ces mots-là étaient les plus précieux.

— Alors je continuerai à être là pour eux. Pas comme une Reine. Mais comme Bella.

Après avoir échangé quelques mots avec Riley et les enfants, je me dirigeai vers l'autre bout de la salle où mes parents attendaient, entourés de quelques invités familiers. Leur présence me rassurait toujours, même dans ce genre d'événement officiel.

À côté d'eux, mes beaux-parents se tenaient debout, impeccables et souriants. Ma belle-mère, Esmée, fut la première à me voir. Sans hésiter, elle s'avança vers moi et m'enlaça chaleureusement.

— Joyeux anniversaire, ma chérie, me murmura-t-elle avec douceur dans un souffle.

Je fus surprise par cette effusion d'affection, car, à ma connaissance, ce genre de geste n'était pas vraiment conforme au protocole britannique — ni très courant chez eux, d'ailleurs. Mais cela me toucha profondément.

Peu après, Carlisle, son mari, s'approcha à son tour. Il m'adressa un sourire sincère, puis, sans cérémonie excessive, déposa un baiser sur chaque joue.

— Bon anniversaire Bella, me dit-il calmement, mais avec chaleur.

Je restai un instant figée, surprise par cette familiarité et cette tendresse qu'ils manifestaient sans réserve. Dans la tradition britannique, ce genre d'expression physique n'était pas d'usage, ni bien vu dans les cercles royaux. Pourtant, je ne pouvais qu'apprécier ces marques de gentillesse simples et vraies.

Je souris, heureuse d'avoir ces parents-là à mes côtés, même si notre monde était souvent rigide et codifié.

Je saluai enfin Carlisle en m'inclinant devant lui, comme l'imposait la courtoisie lorsqu'on croisait un noble de plus haut rang. Mais d'ici moins d'un an, nous serions à égalité et finies les révérences pour moi.

— Merci à vous deux, dis-je en serrant doucement leurs mains. Ça me fait vraiment plaisir.

Esmée me regarda avec un éclat dans les yeux.

— Tu es de la famille, me dit-elle. Et nous sommes fiers de toi, ne l'oublie jamais.

Le cœur un peu plus léger, je me préparai à retourner vers les autres invités, emportant avec moi cette chaleur inattendue.

Je traversai la salle pour rejoindre mon époux, installé près de sa sœur. Dès que je me rapprochai, Alice se leva d'un bond et m'accueillit d'une étreinte aussi fervente que celle de sa mère un peu plus tôt.

— Joyeux anniversaire Bella ! dit-elle avec un sourire éclatant.

Je lui rendis son sourire et m'assis doucement à côté d'Edward. Il glissa sa main dans la mienne, caressant doucement mon pouce. Ce simple geste calma aussitôt le stress qui commençait à monter en moi. Sa présence avait toujours ce pouvoir.

— Ça va aller, murmura-t-il à mon oreille.

Je hochai la tête, essayant de me convaincre autant que lui.

Les invités prirent place et, bientôt, le silence se fit. La réception débuta par le discours du Premier ministre, M. De Wever. Il s'exprima en néerlandais, sa langue maternelle, avec une assurance tranquille qui captiva l'assemblée.

Puis vint le moment de Charlie. Il se leva avec dignité, et, dans un français soigné, il présenta ses vœux publics à sa fille. Il prit soin de prononcer aussi quelques phrases en néerlandais et en allemand, les trois langues officielles de notre pays. Mais il insista avec douceur sur le français, la langue qu'il utilisait le plus en privé.

« Mesdames et messieurs,

Aujourd'hui, nous ne célébrons pas seulement les trente ans de ma fille. Nous célébrons une femme, une princesse héritière, une épouse… et bientôt, une reine.

Isabella, ces derniers mois ont marqué un tournant dans ta vie — et dans la nôtre. Il y a tout juste un mois, tu as uni ta destinée à celle d'Edward, dans une cérémonie pleine d'émotion et d'espérance. À vous deux, vous formez un couple fort, complice, et profondément engagé.

Te voir entrer dans ce nouveau chapitre avec autant de grâce et de détermination m'émeut profondément. Tu portes déjà les valeurs que j'ai toujours défendues : le respect, l'écoute, le sens du devoir.

Tu te prépares à devenir reine, et je sais que tu le feras avec cœur et intelligence.

Joyeux anniversaire, Isabella. En tant que roi, je suis rassuré. En tant que père, je suis fier. Et en tant qu'homme, je suis touché par la femme admirable que tu es devenue.»

Ses paroles réchauffèrent mon cœur et calmèrent un peu mes nerfs.

Enfin, ce fut à mon tour. J'inspirai profondément, sentant les regards posés sur moi. Pendant la nuit, j'avais fait quelques ajustements à mon discours. J'avais voulu y mettre un peu plus de ma personnalité, un peu plus de sincérité. Mais je savais que certains ministres, notamment le Premier ministre, n'en seraient pas trop ravis.

Je redoutais déjà une petite remontrance discrète, mais je devais rester fidèle à moi-même.

Je me levai, la main toujours serrée dans celle d'Édouard, et m'avançai vers le pupitre.

«Sire, Majesté, chers invités, Mesdames et Messieurs,

Je suis heureuse de fêter ici avec vous mon 30e anniversaire. Ce moment restera à jamais gravé dans ma mémoire, en particulier parce que c'est le dernier que je vis en tant qu'insouciante princesse héritière.

je me tiens devant vous avec gratitude, humilité et un cœur empli d'émotion. Trente années se sont écoulées depuis ma naissance, et chaque instant — joyeux, douloureux, ou incertain — a contribué à forger la femme, la princesse et l'être humain que je suis devenue.

Être née avec une couronne n'a jamais signifié que le chemin serait facile. Les responsabilités, les attentes, les devoirs… tout cela m'a souvent poussée à grandir plus vite que je ne l'aurais voulu. Mais c'est aussi cette vie qui m'a appris la valeur du service, la puissance de la compassion, et la beauté du courage discret.

À 30 ans, je ne cherche plus à plaire à tous, mais à être juste. Je ne cours plus après la perfection, mais après la paix — pour moi, pour mon peuple, pour ceux que j'aime.

Ces 30 années ont été remplies de nombreux moments enrichissants qui ont fait de moi la personne que je suis aujourd'hui. Un moment de réflexion pour tout ce que la vie m'a apporté et les chances qui m'ont été donné cela m'inspire beaucoup de gratitude.

Je pense évidemment d'abord à ma famille qui a toujours été là pour me soutenir et m'encourager. Nous formons une équipe formidable, aussi avec mon frère Michael. Merci à toi, maman, pour ta disponibilité et ton écoute. Merci à toi, papa, pour ta confiance. Je sais que je pourrai toujours compter sur toi.

Je voudrais remercier mon mari. Merci à toi, Edward, pour ton amour et ton soutien.

Je suis touchée aussi de la présence des orphelins du centre d'accueil Princesse Isabella inauguré récemment et avec lequel j'ai noué un lien particulier.

Vous les jeunes qui, comme moi, fêtez vos 30 ans cette année, je vous remercie pour les beaux messages que vous venez de prononcer et pour les nombreux autres témoignages que j'ai reçus. Ils sont remplis de lucidité et de sagesse. Je partage vos préoccupations pour l'avenir, en particulier pour le climat, et la réponse solidaire que nous devons y apporter. J'ai foi dans l'avenir en voyant combien ma génération s'y implique. Je suis portée par les mêmes espoirs et la même volonté de faire la différence.

Je promets de me battre pour l'égalité des femmes. Parce qu'au 21e siècle, il est temps que nous obtenions les mêmes droits que les hommes. Mon premier geste sera de demander à la chambre d'abolir la loi qui oblige à une princesse héritière de se marier pour régner.

Je ne regrette pas pour autant de m'être mariée, car j'ai trouvé en mon époux, un homme que j'aime tout autant qu'il m'aime et qui m'apporte le soutien indéfectible dont une future reine a besoin.

Trente ans, ce n'est pas un aboutissement. C'est un nouveau départ. J'entre dans cette nouvelle décennie avec l'intention d'aimer plus fort, de servir avec davantage de sagesse, et de vivre avec authenticité.

Devenir reine… C'est un cap que je m'apprête à passer avec optimisme. Je sais que j'ai encore tant à apprendre pendant ces mois qui reste avant de monter sur le trône. C'est à cela que je veux m'atteler quand je prendrai la relève de mon père : essayer de mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons et contribuer à l'améliorer, en donnant le meilleur de moi-même.

Le pays peut compter sur mon engagement.

À vous tous qui êtes ici ce soir, et à ceux que je porte dans mon cœur : merci.»

Lorsque je quittai le pupitre, un silence chargé d'attention flottait encore dans la salle. Les regards étaient braqués sur moi, certains admiratifs, d'autres plus réservés. Je sentis des applaudissements polis, mais pas l'enthousiasme débordant que j'avais espéré.

Je revins m'asseoir auprès d'Edward, dont la main serra la mienne plus fort, comme pour me rassurer. Autour de nous, les murmures commencèrent, les invités échangeant à voix basse leurs impressions.

Je remarquai tout de suite l'expression de M. De Wever, le Premier ministre. Il ne cachait pas son mécontentement. Son visage était fermé, ses lèvres pincées, et son regard lançait de petites éclairs vers les ministres proches de lui.

Quelques instants plus tard, il s'éclipsa rapidement, visiblement pour parler en privé avec un conseiller. J'entendis vaguement quelques mots, des soupirs.

Je sus sans peine que mes modifications n'étaient pas passées inaperçues, et qu'elles avaient froissé certains dans l'entourage politique. Ce n'était pas une surprise, mais la réalité de devoir naviguer entre sincérité et diplomatie me pesait soudainement plus lourdement.

Pourtant, malgré cette petite tension, plusieurs invités vinrent me féliciter chaleureusement, y compris certains députés d'opposition, ce qui me réconforta un peu.

Mon époux, lui, posa doucement une main sur ma joue.

— Tu as été parfaite, me rassura-t-il. Peu importe ce que pensent les autres.

Ses mots me firent sourire, et je sus que je devais garder confiance.

Le soleil brillait généreusement dans le ciel d'un bleu limpide, une bénédiction rare pour un 13 septembre. Dans les jardins du Palais Royal, les invités s'étaient dispersés autour des tables élégamment dressées, entourées de parterres de fleurs aux couleurs éclatantes.

Je suivis Edward à travers la foule, cherchant un moment d'intimité malgré le tumulte. Nous trouvâmes un coin un peu à l'écart, près d'un bosquet où quelques papillons dansaient au-dessus des fleurs.

Il me regarda, son sourire calme et rassurant.

— Alors, ce discours... Tu as senti cette tension ? me demanda-t-il.

Je hochai la tête, serrant doucement sa main.

— Oui, répondis-je. Le Premier ministre n'a pas vraiment caché son mécontentement. Je savais que mes changements ne passeraient pas inaperçus, mais c'est différent de le voir en vrai.

Edward fronça légèrement les sourcils.

— Tu as été fidèle à toi-même. C'est ce qui compte. Le reste, c'est politique. Tu ne peux pas plaire à tout le monde, surtout pas là-dedans.

Je souris, un peu apaisée par sa présence.

— C'est juste que parfois, j'aimerais que tout soit plus simple, protestai-je.

Il posa sa main sur ma joue, un geste tendre.

— Avec toi, rien n'est jamais simple, mais c'est ce qui rend tout ça important.

Je pris une profonde inspiration, le poids sur mes épaules s'allégeant un peu.

— Merci mon prince… toujours aussi charmant.

Il rit doucement et m'embrassa tendrement avec discrétion.

— Toujours, ajouta mon homme.

Le soir était enfin arrivé, apportant avec lui une douce excitation. Dans ma chambre au Palais Royal, je me préparais pour le bal donné en mon honneur. J'avais hâte, mais aussi un peu de trac.

Devant le miroir, je laissai mes mains glisser sur la longue robe bleu royal que j'enfilais avec soin. Le tissu épousait mes courbes à la manière d'une sirène, élégamment sans manches. Le haut brodé capturait la lumière avec délicatesse, tandis que le décolleté en V révélait juste ce qu'il fallait.

À mes pieds, mes escarpins Dolce & Gabbana en dentelle bleue, venaient compléter la tenue avec raffinement.

Je déposai la tiare de ma mère, ornée de feuilles de laurier en argent, sur mes cheveux relevés en un chignon sophistiqué. Ma parure de bijoux argentée, sertie de pierres bleues, scintillait à la lumière des lustres.

Mon mari entra à ce moment-là, vêtu d'un costume bleu assorti au mien. Son sourire me fit instantanément oublier toute appréhension.

— Tu es magnifique, me murmura-t-il en s'approchant.

Je lui rendis son sourire, le cœur léger.

— Et toi, tu es parfait.

Main dans la main, nous quittâmes la chambre pour rejoindre la salle du bal, prêts à célébrer cette soirée mémorable.

Alors qu'Edward et moi dansions doucement, Alice s'approcha, un sourire malicieux aux lèvres.

— Bella, tu ne me caches pas quelque chose, hein ? demanda-t-elle en chuchotant.

Je plissai les yeux, surprise.

— Quoi donc ?

Elle pencha la tête, amusée.

— Je te soupçonne d'avoir un petit pain au four*, souffla ma belle-sœur.

Je secouai la tête en riant doucement.

— Non, pas encore. Ce serait trop tôt. Je veux attendre un peu. J'ai juste prétendu être fatiguée pour éviter de danser avec tout le monde, et… pour ne pas provoquer la jalousie de ton frère.

Elle hocha la tête, complice.

— La jalousie, ça peut être un bon signe, tu sais.

Je soupirai, fatiguée.

— Cette journée a été intense. Avec toutes les nouvelles responsabilités que Papa m'a confiées depuis mon retour de voyage de noces, je suis un peu épuisée.

Alice me sourit, posant une main sur mon bras.

— Et vous, toi et Jasper, vous pensez à avoir un enfant ? lui demandai-je alors.

Je la regardai avec curiosité.

— On essaie, répondit-elle en haussant les épaules. Mais il n'y a pas de pression, pas encore. On prend notre temps.

Je souris, réconfortée par sa réponse.

— C'est bien ce que je disais.

La réception touchait enfin à sa fin. Les invités s'étaient peu à peu retirés, les couloirs du Palais Royal retrouvaient leur calme habituel.

Mais moi, j'étais à bout de forces. La fatigue accumulée de la journée pesait lourdement sur mes épaules.

Edward m'attrapa doucement par le bras, me soutenant avec douceur.

— Viens, je vais t'aider, murmura-t-il.

Je m'abandonnai à son soutien, presque incapable de marcher seule. Il me guida hors du palais, jusqu'à la voiture qui nous attendait.

Une fois au château du Belvédère, il me porta presque jusqu'à notre chambre. Sans dire un mot, il commença à me délier des escarpins Dolce & Gabbana, tandis que je sombrais lentement dans un demi-sommeil.

Ses mains expertes dénouèrent les fermetures éclair de ma robe sirène, la faisant glisser délicatement de mon corps.

Il me passa ensuite un tee-shirt doux et ample, parfait pour la nuit.

Je sentis ses bras m'enlacer, m'apportant chaleur et réconfort.

Le sommeil m'emporta doucement, profonde et apaisée, bercée par la présence d'Edward.

***LATRP***

*un petit pain au four est la traduction littérale de"a bun in the oven" qui est l'équivalent en anglais de "un polichinelle dans le tiroir".

Chapitre 25 : Mariage royal

 

25. Mariage royal

Aout 2031

Aujourd'hui était le jour de mes noces et comme tous les mariages de la monarchie européenne, il serait retransmis sur nos chaines nationales, mais pas que les nôtres. Le marié étant de la famille royale britannique, la cérémonie serait également diffusée sur les chaines du royaume de l'autre côté de la Manche et ça me terrifiait.

Ça avait déjà mal commencé lorsque ma robe était arrivée la veille et ne ressemblait pas à celle que j'avais imaginée. Elle avait des manches courtes alors que j'avais demandé à cacher mes bras; le temps n'était pas toujours au beau fixe en Belgique en plein mois d'aout.

Bien évidemment, il plut le lendemain et l'air s'était donc rafraichi. Et comme la malchance se poursuivait, j'appris qu'Edward avait raté le dernier Eurostar de la veille et n'était toujours pas arrivé à Bruxelles, ce qui eut pour effet de me faire paniquer.

- Ne t'inquiète pas, me rassura Alice. Il est dans le train, il sera là à temps.

- C'est un homme, dit Rose. Il peut se permettre de s'habiller dans le train.

- Je viens à l'instant de recevoir un texto, il vient de quitter le tunnel.

Dès que je fus prête, nous partîmes toutes pour le centre-ville. Nous étions censés passer par l'hôtel de ville avant l'église, mais le bourgmestre* de Bruxelles décida que ce n'était pas prudent et officia dans la cathédrale avant l'archevêque Luc Terlinden.

Quand il me passa l'alliance, Edward parla un français très correct pour un anglophone.

- Isabella, je te donne cette alliance, signe de notre amour et de notre fidélité.

- Edward, neem deze ring, teken van onze liefde en trouw, dis-je en néerlandais.

- Je vous déclare mari et femme, annonça Monseigneur Terlinden.

La cérémonie terminée, je fus étonnée que mon mari ne me prenne même pas par la main. Il ne prit pas non plus la peine de m'embrasser devant la population qui s'était rassemblée pour nous voir apparaitre au balcon. J'imaginai donc qu'il était trop réservé pour un geste aussi intime devant un public, mais il paraissait si froid, que je craignis qu'il regrettait.

Malheureusement ou peut-être qu'heureusement il se mit à dracher et nous ne restâmes pas trop longtemps au balcon, rentrant le plus vite possible.

Quand la pièce montée arriva, je découvris avec stupeur qu'elle ne ressemblait pas à ce que j'avais commandé. Le gâteau était à la vanille et au citron, ce que je détestais. Il semblait que le mauvais sort s'acharnait contre moi, en ce jour qui devait être le plus beau de ma vie.

Plus tard, dans la soirée, quand ce fut l'heure de notre première danse, Edward me fit valser, restant aussi loin que possible de mon corps, quand il s'arrêta soudainement.

- Désolé, me dit-il avant de m'embrasser sur le front et de me planter, encore une fois.

- Où vas-tu ? lui demandai-je, sans avoir de réponse.

Il s'éloigna sans rien dire pour s'approcher de Tanya, qu'il invita à danser à mon grand désarroi. Cette humiliation me déchira le cœur. Je quittai donc la salle de réception en courant, pleurant toutes les larmes de mon corps. Je ne fis pas attention et trébuchai sur ma robe. Mon pied se tordit. Je fermai alors les yeux et je me sentis tomber. Mais au lieu de m'aplatir la face contre le sol, j'atterris le dos sur quelque chose de mou.

Quand j'ouvrai les yeux, je fus surprise d'être dans mon lit en pyjama. Pourtant lorsque je voulus me frotter les yeux, j'avais les joues trempées par mes larmes. Je regardai donc mon réveil et vis que nous n'étions que le 3 aout, c'est-à-dire 10 jours avant le mariage.

Je fus soulagée de constater que ce n'était qu'un cauchemar, mais j'étais tellement bouleversée que j'appelai Alice pour lui en parler.

Inquiète pour mon morale, elle prit le train pour me rejoindre à Bruxelles un peu plus tôt que prévu, emmenant Rosalie et les enfants de celle-ci dans son sillage, sans oublier Angela, qui était ravie de retrouver mon frère plus vite qu'il ne l'attendait.

Les hommes étaient bien sûr restés à Londres et arriveraient la veille avec Esmée et Carlisle. j'espérais juste que, contrairement à mon rêve, ils seraient tous dans le même tgv.

*** LATRP ***

[PDV Edward]

Cela faisait maintenant presque 2 semaines que j'étais de retour à Londres, pour faire mes cartons. Après avoir passé plus de 7 semaines avec Bella, dont 4 à Bruxelles, ma fiancée me manquait énormément. Je me languissais de ma princesse belge et bizarrement, de son chien et du chat également. Quand Bella était de sortie, je passais beaucoup de temps avec les animaux et je m'étais apparemment déjà attaché à eux.

Bien que j'avais surtout passé mes nuits avec elle, pendant mon séjour à Laeken, son absence dans mon grand lit laissait un grand vide. Autant dire que j'avais hâte que notre voyage de noce au Kenya arrive rapidement, afin de l'avoir enfin pour moi seul pendant au moins 3 semaines. Je n'avais pas eu beaucoup de temps avec elle les derniers temps et je savais que dès que nous serions installés au château du Belvédère, résidence que Charles nous avait attribué le temps que sa fille se prépare à lui succéder, nous n'aurions à nouveau plus beaucoup de temps à nous consacrer l'un à l'autre. Bella serait sans doute très occupée à seconder son père, nous laissant peu le loisir de concevoir un héritier rapidement.

En tous cas, nous ne serions plus dans le château principal avec tout le monde. Nous serions au moins entre nous pour les soirées et les nuits.

- Eddie ! m'appela mon cher frère. On t'emmène au Locker Room*(1) ce weekend !

- Ça ne va pas dans ta tête ! m'écriai-je. Les médias tomberont sur l'information et ça fera les choux gras dans la pesse à scandales! Tu veux que les filles l'apprennent ?

- Mais t'inquiète pas Eddie, elles ne risquent pas de l'apprendre, on sera discret.

- Si tu veux que ça arrive aux oreilles de ta femme, libre à toi, mais il n'est pas question que je prenne le risque que Bella en entende parler !

- Qu'est-ce qu'on fait pour ton enterrement de vie de célibataire alors? Jazzy et moi on voulait t'organiser une bachelor party ! grommela Emmett comme un gosse.

- Arrête de te comporter comme un gamin ! C'est moi qui décide et je ne veux pas de strip-teaseuse. Est-ce que c'est compris ?! insistai-je.

- Ok Eddie ! râla-t-il alors.

- Et arrête de m'appeler Eddie ! m'agaçai-je. Je suis sûr que Jesper non plus n'aimerait pas que tu déformes son nom.

Il haussa les épaules et s'éloigna, me laissant ruminer en paix et préparer mes dernières valises.

Un ami avec qui j'étais allé à l'université, nous proposa d'utiliser la villa de son père en bord de mer, dans le Devon*(2). Je décidai donc non seulement de l'inviter à ma petite "sauterie", mais aussi au mariage. Un invité de plus ne serait pas la mort, j'imaginais.

Pour mon dernier weekend en célibataire, nous partîmes tous pour la côte Atlantique, à environ 350 km de Kensington. Nous passâmes la journée du samedi sur la plage privée et profitâmes de quelques vagues pour surfer et faire du paddle. Le soir, Emmett eut l'idée de jouer au jeu de "Qui est-ce?". Chacun reçu un post-it posé sur le front, avec le nom d'une célébrité à deviner, qui avait été choisi par le voisin de gauche. Nous devions trouver la personne en posant des questions auxquelles on ne pouvait répondre que par «oui« ou par «non».

- Est-ce que je suis un homme ? demandai-je à mes camarades.

- Non ! me répondirent-ils tous en chœur.

- Je suis une femme alors. Mais est-ce que je suis vivante ? les interrogeai-je, quand ce fut à nouveau mon tour.

- Non plus ! me dit-on.

- Est-ce qu'elle est morte vieille au moins ? fut ma question suivante.

- Oh … oui, je pense. Elle était vieille, non ? se demanda un ami en regardant Emmett.

- Euh … il me semble, répondit se dernier d'un ton sarcastique. Jaz tu en dis quoi ?

- Je suppose qu'elle était vieille, déclara notre beau-frère l'air gêné.

- Vous n'avez pas osé ?! questionnai-je, agacé, mon frère et les autres.

J'enlevai le post-it de mon front et constatai avec aigreur, qu'ils avaient eu la brillante idée de m'attribuer ma grand-mère. Jasper me tapa amicalement sur l'épaule.

- Désolé mon vieux, me réconforta ce dernier. Je leur avais dit d'éviter pourtant.

- Comme d'habitude ce cher Emmett ne t'a pas écouté et a préféré vanner son frère, quitte à lui faire de la peine à sa propre soirée, juste pour s'amuser ! me crispai-je.

La soirée s'acheva plus calmement, mais je préférai ne plus avoir à deviner la personne mystère.

A la fin de la soirée, nous étions tous un peu saouls en allant nous coucher. Nous nous réveillâmes tard le dimanche et prîmes un copieux déjeuner préparé par le chef qu'avait loué mon frère pour le weekend, afin de n'avoir pas à cuisiner, ni à commander et sortir le chercher.

Heureusement, le mariage n'était que mercredi. Charlie et Bella avait choisi cette date pour laisser du temps après la fête nationale et avant le 30e anniversaire de ma future femme.

D'autant plus que c'était les vacances d'été et le prochain weekend était celui du 15 aout, ce qui voulait signifier qu'il y aurait probablement beaucoup de monde à Bruxelles et aurait pu incommoder la circulation des 2000 invités attendus pour la cérémonie religieuse.

En tant que chrétien mais pas catholique, la reine Elizabeth craignait que je doive changer de religion, elle se serait retournée dans sa tombe si ça avait été le cas. Mais le roi et le gouvernement avait accepté que je reste anglican, annonçant qu'au 21e siècle, ce n'était pas un problème de combiner mon futur titre de prince de Belgique, tout en n'étant pas catholique et ça ne dérangeait pas le cardinal et archevêque Terlinden, premier primat du pays, de nous marier à la cathédrale, tout en gardant ma confession de naissance.

Le lundi, nous étions de retour à Londres et c'était mon dernier jour à Kensington. Je profitai pour vérifier mes derniers cartons, que des déménageurs privés viendrait chercher le lendemain pour amener au Belvédère. Dès qu'ils furent partis près avoir tout emmené, je pris mes valises restantes et rejoignis mes parents et mes frères pour nous rendre à la gare internationale.

A notre arrivée, Mike nous attendait avec des voitures pour Laeken. Il avait passé le weekend avec nous dans le Devon, mais était reparti directement à Bruxelles. Carlisle et Esmée étaient invités par Charlie et Renée au palais royal. Emmett et Jasper allaient rejoindre leurs femmes au château de Laeken, où restait Bella jusqu'au lendemain. Quant à moi, je suivis mon futur beau‑frère pour passer la nuit dans sa demeure officielle, au château de Stuyvenberg.

C'était le meilleur moyen pour que je ne risque pas de croiser ma fiancée avant le mariage.

*** LATRP ***

[PDV Bella]

Pour ma bachelorette party, Alice avait décidé d'aller toutes ensemble au Spa, pour un moment de détente entre filles avec massages et soins de beauté également.

Je dus inviter Jane à se joindre à nous et j'avais accepté également la venue des sœurs russes Rostova, à condition que la cadette ne pointe pas le bout de son nez.

Je conviai aussi Lauren, ma brave et courageuse assistante qui avait bien besoin d'une journée de détente, après tout ce qu'elle faisait pour moi. Ainsi donc, j'avais demandé à la secrétaire de ma mère si elle pouvait passer dans mes appartements, pour nourrir mes bébés et sortir Poppy pour qu'elle prenne un peu l'air et fasse ses besoins à l'extérieur, pas dans mon salon.

Le soir, nous commandâmes des repas à emporter, dans une petite brasserie belgo-française à quelques pas du Spa et nous rentrâmes au château pour manger et discuter entre filles.

Quand le mercredi arriva, je me réveillai avec la boule au ventre, craignant de vivre mon cauchemar réellement. Mais lorsqu'Alice m'apprit qu'Edward était arrivé la veille et avait passé la nuit avec mon frère au Stuyvenberg, je fus immédiatement soulagée et détendue. Puis quand je vis également que le soleil brillait dehors, ça confirma que mon rêve n'arriverait pas.

Je me préparai en toute tranquillité avec mes futures belles-sœurs et demoiselles d'honneur. Toutes trois portaient une robe différente mais dans la même couleur, qui me rappelait celle des yeux de mon fiancé. C'est probablement pour ça que je l'avais choisie comme thème.

Peter et Charlotte, les enfants d'Emmett et Rosalie, avaient été désignés comme enfants d'honneur. Nous voulions les inclure dans la cérémonie, étant donné que leurs parents étaient déjà inclus et ne pourraient guère s'occuper d'eux de la journée. Je leur avais donc attribué des tenues dans les couleurs du mariage, c'est-à-dire blanc et vert, excepté pour la robe que j'allais porté pour le mariage civil à l'hôtel de ville. Le couturier s'était trompé et l'avait conçue dans un tissu et de la dentelle de couleur ivoire. Mais comme je la trouvais jolie, je préférai la garder, plutôt que de risquer que la nouvelle ne soit pas prête à temps.

Après un bon bain, j'enfilai d'abord ma guêpière blanche et les bas allant avec les sous‑vêtements, achetés pour l'occasion. Je voulais être sexy lorsqu'Edward m'enlèverait ma tenue le soir, si nous n'étions pas trop fatigués.

J'avais tellement hâte de revoir mon homme, en particulier avec son smoking Gucci vert, assorti à la couleur de ses si beaux yeux émeraudes et que j'avais exigé qu'il porte pour la cérémonie du matin devant le maire de Bruxelles.

Je revêtis ensuite la robe sirène en soie et dentelle de couleur ivoire, créée pour l'occasion. C'était plus simple et moins encombrant que la robe princesse blanche prévue pour la cérémonie religieuse à la cathédrale.

- Bella, m'interpela ma mère derrière. Est-ce qu'on peut rentrer ton père et moi ?

- Oui, bien sûr ! Je suis presque prête de toute manière, répondis-je.

- Nous avons quelque chose pour toi, annonça-t-elle en entrant.

Mon père tenait effectivement un grand écrin en velours blanc que Renée saisit pour ouvrir.

- Ceci est le diadème de la maison de Savoie, dit-elle ensuite. Il appartenait à ma grand-mère, la mère de ton grand-père Marcus. Ma mère l'a ensuite porté à son mariage et moi aussi quand j'ai épousé Charlie. Maintenant c'est à ton tour.

- Le quelque chose de bleu ? supposai-je alors.

- Oui, répondit la reine. Et aussi quelque chose de bleu.

- Nous avons fait remplacer l'émeraude par un saphir, dit le roi. Pour ton mariage.

- Merci, elle est magnifique! déclarai-je avec émotion.

Rose, qui avait aidé à me coiffer, vint prendre la tiare pour la placer dans mes cheveux qui avaient été rassemblés dans un léger chignon.

Esmée vint ensuite se joindre à mes parents, pour s'assurer que je ne manquais de rien.

- Oh Bella, je vois que tu as déjà quelque chose de bleu, dit ma future belle-mère.

- Il me manque toujours quelque chose d'emprunté, plaisantai-je.

- Dans ce cas, j'ai ce qu'il te faut ! annonça-t-elle en me présentant un nouvel écrin.

- Merci c'est gentil, m'exclamai-je en voyant la paire de boucles d'oreilles en or blanc serties de zircons et d'un saphir également. Elles sont splendides !

- Je te les laisse provisoirement, dit-elle. Et quand tu me les rendras, j'envisagerai de te les offrir, chuchota ensuite Esmée en me faisant un clin d'œil.

- Merci encore Esmée, mais ce n'est pas la peine, tu sais.

- C'est normal. Tu deviens ma troisième fille et ça mérite un cadeau. J'avais prévu de te les donner maintenant de toute façon, me confia-t-elle.

Quand nous fûmes tous apprêtés, une Rolls-Royce m'attendait pour m'emmener avec mes parents à la Grand-Place de Bruxelles. À notre arrivée devant l'hôtel de ville, une foule attendait pour m'accueillir avec des cris et des applaudissements.

Je remarquai que la ville avait placé un écran géant retransmettant les 2 cérémonies en direct.

Au moment où je sortis de la voiture, ma mère me tendit mon bouquet de pivoines et roses blanches, tandis que mon père m(offrait son bras pour me conduire devant le bourgmestre qui m'attendait avec mon futur époux.

En entrant dans la salle des mariages gothique, je vis tout le monde assis, sauf Edward qui discutait avec le maïeur. Quand il me vit, un grand sourire s'étala sur son visage.

Il attrapa ma main et y déposa doucement ses lèvres et nous conduisit vers nos places.

- Madame, Sire, Majestés, Altesses royales, Excellences, Mesdames, Messieurs, cita le maire. Votre présence en cet hôtel de ville, est pour les autorités communales de la capitale de la Belgique, et pour la population bruxelloise, un honneur dont je tiens à vous remercier.

- Nous allons procéder à la lecture de l'acte de mariage, déclara son adjointe.

Après le blabla qui dura longtemps à mon goût, l'heure arriva d'échanger nos consentements.

- Monseigneur, s'adressa l'officier de la ville à Edward. Déclarez-vous prendre pour épouse, Son altesse royale la princesse Isabella Marie Helen Susan Swan de Belgique, duchesse de Brabant.

- Oui, répondit mon fiancé en français.

Nous entendîmes des applaudissements et des acclamations retentir au dehors.

- Madame, s'adressa ensuite l'officier à moi, en néerlandais. Déclarez-vous prendre pour , son altesse royal, le prince Edward Anthony Charles Philip Masen-Cullen du Royaume-Uni, duc de Sussex.

- Ja, oui, affirmai-je.

Provoquant à nouveau la joie de la foule extérieure, plus intensément que la première fois.

- Au nom de la loi, déclara le bourgmestre. Je vous déclare unis par le mariage.

Tous les convives présents dans la salle nous ovationnèrent à leur tour, après un discret bisou échangé sur la joue par mon mari et moi.

Nous fûmes ensuite invités à signer le livret de mariage, suivis par nos témoins. J'avais bien évidemment demandé à ma meilleure amie et nouvelle belle-sœur de me faire cet honneur, alors que le frère de celle-ci avait demandé à leur ainé de le seconder. Une brève apparition sur le balcon de l'hôtel de ville, nous était demandée, afin de saluer, en tant que jeunes mariés, la foule rassemblée sur la Grand-Place venue pour nous acclamer.

Nous rentrâmes ensuite au palais royal pour nous changer, chacun de notre côté, pendant que les femmes, belles-sœurs et mères, gardaient leurs robes vertes.

Je troquai la robe sirène ivoire pour la blanche et accrochai un long voile à ma tiare, détachant mes cheveux bouclés que je laissai pendre cette fois sur mes épaules.

L'heure venue, mon père me mena une fois de plus à Edward, qui m'attendait cette fois devant l'autel de la cathédrale, accompagné par le cardinal et archevêque de Bruxelles-Malines, Monseigneur Terlinden.

Le canon de Pachelbel retentit dans l'église, je me mis à haleter.

- Empêche-moi de tomber, papa, soufflai-je.

Je te tiens ma chérie, me répondit-il. Tu n'as pas à t'inquiéter, il a déjà dit oui.

- Je sais, mais tout ce monde… ça me terrifie, me plaignis-je.

Charlie passa ma main sous son bras et nous longeâmes la grande allée centrale à pas lents au rythme de la mélodie, alors que je cherchais le regard de ma moitié.

Je n'avais d'yeux que pour lui, oubliant un instant les nombreux invités de marque qui m'observaient et scrutaient chacun de mes gestes. Il avait troqué son smoking émeraude contre son uniforme de lieutenant de la marine britannique, noir et rouge.

Edward me tendit une fois de plus la main, et Charlie plaça la mienne dessus en un geste symbolique vieux comme le monde. Lorsque nos doigts frôlèrent, je me sentis chez moi.

Le prêtre commença son homélie en évoquant les joies et les difficultés d'une vie de couple. Alice procéda à la lecture du passage de la bible que j'avais choisi pour l'occasion. Celui-ci était mon préférant, parlant de l'importance de l'amour, que sans lui, nous n'étions rien. Parce que sans l'homme qui se tenait maintenant à mes côtés pour toujours, je n'étais que l'ombre de moi-même et je savais que c'était la même chose pour lui.

Pendant la cérémonie, Edward ne lâcha ma main que pour attraper l'alliance que lui tendait Emmett et qui venait d'être bénie par l'ecclésiastique.

- Par cette alliance, dit mon mari. Je fais de toi ma légitime épouse.

- Pour le meilleur et pour le pire, ajoutai-je en lui glissant son anneau à l'annulaire gauche. Je t'aimerai et te chérirai tant que durera notre vie.

- Par les pouvoirs qui me sont conférés, je vous déclare mari et femme ! annonça Monseigneur Terlinden. Ce que Dieu a uni, nul homme ne peut le séparer!

Comme la tradition l'exigeait pour les mariages de la noblesse, nous n'échangeâmes pas de baiser dans la maison de Dieu.

Nous sortîmes mains dans la main de la cathédrale et montâmes dans une calèche électrique, soucieux du bien-être des chevaux, dont la ville de Bruxelles interdisait l'exploitation.

Nous roulâmes jusqu'au palais royal, où se déroulait la réception, saluant les personnes debout derrière les barrières placées le long des treize cents mètres que comptait le chemin.

A notre arrivée au palais, nous sortîmes sur le balcon pour la traditionnelle apparition. A la demande de la population amassée devant nous, Edward m'embrassa enfin tendrement.

Après ce bain de foule, nous rejoignîmes nos convives dans la Salle des Glaces.

*** LATRP ***

Le repas fut délicieux et je fus soulagée de ne pas trouver wedding cake à la vanille et citron, que j'avais vu dans mon cauchemar une dizaine de jours plus tôt. À la place, se tenait une pièce montée comportant plusieurs gâteaux appétissants, à la fraise et au chocolat blanc.

- Tu accordes la première danse à ton vieux père ? me demanda Charlie à l'ouverture du bal.

- Bien sûr, papa. Mais tu n'es pas si vieux, plaisantai-je.

Mon père me fit valser quelques instants, jusqu'à ce que mon nouveau beau-père prenne sa relève, suivi de son fils et même mon frère et Jasper voulurent une danse. Bien qu'ils étaient de la famille, ça n'empêcha pas Edward d'éprouver de la jalousie à devoir attendre son tour.

- Tu es à moi maintenant, me murmura-t-il quand il put enfin m'attraper.

Ces paroles pouvaient avoir un double sens. Soit cela signifiait qu'il était content de m'avoir finalement dans ses bras, soit il voulait dire que je lui appartenais.

À voir sa tête, je penchais pour la deuxième solution, ce qui eut l'effet de me faire sourire.

- C'est quoi ce petit sourire malicieux ? demanda-t-il suspect.

- Ta jalousie me fait rire, avouai-je à mon époux.

- Je suis ravi de voir que mes contrariétés soient drôles ! grogna Edward.

- Ne sois pas si grognon, mon chéri. La jalousie te rend sexy, pas le sarcasme.

- Mais tu m'aimes quand même ? bougonna-t-il la bouche en cœur.

Je répondis à sa question par un baiser rapide et discret, le convaincant de reprendre la valse.

La soirée se termina très tard et nous partîmes remettre nos tenues du matin, pour quitter le palais afin de passer notre nuit de noces dans la suite du Plaza où était né notre amour.

Lorsque nous sortîmes pour prendre la voiture, Edward sourit, prenant son bras et l'enroulant autour de mes épaules. Je passai le mien autour de sa taille, le tenant serré, jusqu'à ce que la limousine nous déposa au plus près de l'hôtel.

- Je suis content, dit-il en sortant du véhicule, embrassant le côté de ma tête. Je vais enfin pouvoir t'avoir à moi tout seul toute la nuit et pendant 3 semaines, dit-il jetant un coup d'œil à ma robe. Je ris et ses yeux s'assombrirent. Qu'est-ce qu'il y a sous ce truc ? demanda-t-il, les yeux rivés sur ma poitrine. Je souris.

- Ramène-moi à la maison pour le découvrir, suggérai-je.

Edward me regarda avec surprise avant qu'un sourire malicieux ne se dessine sur son visage. Nous n'étions pas loin de l'entrée, mais soudain, il se baissa pour me prendre dans ses bras. Je poussai un cri de surprise alors qu'il me berçait contre sa poitrine.

- Bonne idée, grogna-t-il, en accélérant le rythme.

Je gloussai, enroulant mes bras autour de son cou. Il prit la voiture et nous mena vers l'hôtel et dans l'ascenseur, ignorant complètement les gens qui nous regardaient dans le hall. Il y avait un autre couple, sinon j'étais sûre qu'Edward m'aurait plaquée contre la paroi pendant le trajet jusqu'à notre chambre. Il refusa de me laisser aller et le couple plus âgé nous sourit, il semblait ne pas nous reconnaitre. Je leur rendis leur sourire, un peu gênée mais heureuse.

Ils sortirent un étage avant le nôtre et quand ils furent partis je tendis la main pour presser un baiser chaud sur sa bouche. Edward gémit, se souvenant à peine de nous faire sortir de l'ascenseur lorsqu'il s'arrêta pour nous. Il fouilla dans sa poche pour trouver la clé de notre chambre, nos lèvres fusionnèrent dans un baiser désespéré. Lorsqu'enfin nous fûmes entrés, il me porta jusqu'au lit et me déposa doucement sur le matelas. Je le lâchai, respirant lourdement en m'adossant à la couchette.

- Putain, tu es si belle étalée sur le lit comme ça, dit-il en secouant la tête.

Je lui souris.

- J'ai envie de t'enlever ce smoking, gémis-je.

Edward se pencha sur mes chevilles pour m'enlever délicatement mes escarpins. Je l'observai alors qu'il se déplaçait avec amour autour de mes pieds, les massant doucement. Je gémis à ce contact et il me sourit.

Une fois mes chaussures enlevées, ses mains remontèrent le long de mes mollets et mes jambes s'ouvrirent. Je souhaitai être déjà nue.

Les mains d'Edward caressèrent le long de mes jambes, à travers les bas et il se pencha pour embrasser le chemin que ses mains suivaient. Mon souffle se coupa lorsqu'il déposa un doux baiser sur l'intérieur de ma cuisse.

- Chéri, soufflai-je, mes mains glissèrent jusqu'aux jarretelles qui fixaient mes bas au corset.

- Ne t'avise pas de le faire, grogna-t-il doucement. Je veux les enlever moi-même.

Je gémis, me penchant en arrière sur le lit alors qu'il grimpait au-dessus de moi.

Je le tirai par la cravate, l'amenant à m'embrasser. Ses baisers étaient longs et patients et je mordillai sa lèvre inférieure, désespérée. Je le sentis sourire contre ma bouche.

- Patience bébé, dit-il.

Mes doigts défirent sa cravate, l'arrachant. Le tissu soyeux glissa entre mes doigts et sur le lit.

Je tendis à nouveau la main vers lui, mes doigts suivant le long de sa poitrine. Sa chemise était si douce et il était si beau dedans mais je ne voulais rien d'autre que l'arracher. Je tendis la main, débouclant sa ceinture alors qu'il descendait, embrassant mon cou et mes clavicules. Mes mains s'arrêtèrent alors qu'Edward léchait doucement le creux de ma gorge. Mes doigts se prirent dans sa chemise, essayant de le rapprocher de moi. Je le sentis sourire contre moi alors qu'il continuait à lécher, embrasser et mordiller mon cou. Je n'arrivais pas à voir clairement, à penser clairement. Je ne voulais que lui.

Ses mains remontèrent de mes cuisses pour soulever la robe. Ses doigts s'attardèrent le long des jarretières, faisant frissonner le creux de mes cuisses.

- Est-il possible que tu portes quelque chose sous cette robe, souffla-t-il contre ma peau.

Lentement, il détacha les bas, embrassant chaque centimètre de peau qu'ils recouvraient. Il remonta la robe pour la faire passer par-dessus ma tête. Je tremblai sous lui, mon corps était si tendu que j'avais l'impression que la moindre petite chose pouvait me faire exploser.

Edward s'assit un peu en arrière, me libérant des entraves de mon corsage. Le tissu soyeux à l'intérieur de la robe frotta mes tétons sensibles et je sursautai, mon dos s'arqua lorsque mes seins se libérèrent. Edward gémit, se penchant pour prendre un téton dans sa bouche. J'étais si près de jouir que je savais que s'il continuait ainsi, ce ne serait qu'une question de minutes. Mes mamelons n'avaient jamais été aussi sensibles de toute ma vie.

Edward embrassa et mordilla entre mes seins, une de ses mains remontant pour me serrer doucement pendant qu'il prêtait attention à l'autre sein. Il pinça un téton, tout en mordant légèrement l'autre, et c'était fini, je m'effondrai sous lui dans un désordre frémissant. Il embrassait la vallée entre mes seins pendant que je redescendais de mon état d'euphorie, me souriant lorsque je le regardais mon corps. Il jeta la guêpière au sol et revint vers mes hanches pour enlever le dernier bout de tissus qui couvrait mes parties intimes.

- Tu portais ce truc sexy sous ta robe toute la journée ? demanda-t-il.

Je lui souris, mes cuisses glissant l'une contre l'autre, cherchant désespérément la friction. Il se pencha à nouveau sur moi, déposant un baiser chaud et franc à l'endroit situé juste sous mes seins. Comme il le faisait toujours lorsque j'étais nue.

Il leva les yeux vers moi, ses lèvres pressées contre mon ventre et l'amour que je vis dans ses yeux me coupa complètement le souffle. Comment était-il possible que cet homme incroyable, aimant et si sexy soit rien qu'à moi?

Des larmes se formèrent dans mes yeux et Edward s'éloigna de mon ventre, se penchant pour prendre mon visage dans ses mains.

- Qu'est-ce qui ne va pas, mon amour ? demanda mon mari.

Je secouai la tête, mes larmes glissant sur mes joues, sans pouvoir être contrôlées.

- Je t'aime tellement. Je n'arrive pas encore à croire que tu es à moi pour toujours, chuchotai-je.

Le sourire d'Edward était radieux et il se pencha pour m'embrasser tendrement.

Je l'attirai plus près de moi, ayant besoin de le sentir sur moi, au-dessus de moi. Il se recula un peu, juste assez pour retirer sa chemise, enlever son pantalon et son boxer avant de se réinstaller dans le berceau de mes cuisses.

Il m'embrassa à nouveau et j'enroulai mes doigts dans ses cheveux, le tenant contre moi. Mon cœur était si plein, il se déversait hors de moi par vagues.

Sa main se leva, effaçant les larmes de mon visage. Il posa son front contre le mien et nous prîmes tous deux une profonde inspiration puis il embrassa les larmes sur mes joues.

Mes bras passèrent autour de son torse, mes doigts caressant son dos, mon corps cherchant désespérément à le tenir aussi près que possible.

Il se déplaça et lentement, il entra en moi. Je soupirai, un sentiment de plénitude m'envahissant. Des larmes débordaient de mes yeux et Edward se pencha pour les enlever avec un baiser.

- Je t'aime de tout mon cœur, murmura-t-il entre chaque baiser. Pour toujours.

Je me rapprochai encore plus de lui pour le serrer contre mon corps alors qu'il se déplaçait lentement et tendrement en moi.

Nous prîmes notre temps et, bien que nous soyons tous deux très excités, nous progressâmes lentement et tendrement. Au moment où je jouis, Edward était à mes côtés et nous nous serrâmes l'un contre l'autre, l'amour battant entre nous en un rythme parfait et synchronisé.

*** LATRP ***

Le lendemain, nous prîmes un copieux déjeuner avant de nous envoler pour Nairobi. Après 9 heures interminables d'avion, une voiture nous conduisit jusqu'à la réserve nationale isolée de Samburu. Pendant une dizaine de jours nous traversâmes la savane à travers le pays, pour finir au pied du Kilimandjaro, où nous observâmes plusieurs espèces d'oiseaux. Nous eûmes la chances d'apercevoir, à quelques reprises, certains des animaux emblématiques du pays, tels que des éléphants et des lions, des espèces qui me fascinaient énormément.

Nous profitâmes ensuite pour nous plonger dans la culture africaine, en allant à la rencontre des habitants de la campagne kenyane. Nous terminâmes notre fabuleux voyage par quelques jours en bord de mer, pour nous baigner et profiter de la brise de l'océan Indien.

À notre retour, moins d'une semaine avant mon 30e anniversaire, nous prîmes nos quartiers dans le château du Belvédère, ce qui serait notre nid d'amour jusqu'à mon couronnement.

*** LATRP ***

N/A :

*bourgmestre = pour ceux qui ne connaissent pas ce terme, c'est l'équivalent du maire en Belgique.

* Edward, neem deze ring, teken van onze liefde en trouw = traduction en néerlandais: Edward, reçois cet anneau, signe de notre amour et fidélité.

*(1) le Locker Room est un bar coquin de Londres.

*(2) le Devon est un comté au sud-ouest de l'Angleterre, jouxtant les Cornouailles, bordé au sud par la Manche et au nord par le Canal de Bristol, qui s'étend vers l'océan Atlantique.

Épilogue : 20 ans + tard

Vingt-et-un ans déjà que je prêtai serment devant la Nation. Vingt-et-un ans que je devins Reine des Belges. C’était presque irréel, parfois...