lundi 17 mars 2025

Chapitre 24 : Annonces

Juillet 2031

Cette année encore, la Belgique célébrait un nouveau bicentenaire pour la fête nationale. L'année précédente, nous fêtions le 200e anniversaire de la création du pays, ayant obtenu notre indépendance en septembre 1830. Mais ce n'était que moins d'un an plus tard, le 21 juillet 1831, que Léopold 1er avait prêté serment pour devenir le premier souverain de cette jeune nation. Autant dire que nous attendions des festivités à travers tout le royaume.

À cette occasion, je m'attendais à ce que mon père fasse une annonce importante. Bien que ça allait faire 20 ans qu'il avait succédé à mon grand-père, le roi Albert II, je constatais que sa santé commençait à décliner. Gérer un pays pouvait peser sur les épaules et causer beaucoup de stress, surtout quand les politiciens des 3 régions fédérées n'en faisaient qu'à leur tête.

Je présumais donc qu'il n'allait pas rester encore longtemps sur le trône et qu'il s'apprêter à me céder sa place très prochainement.

Notre mariage à Edward et moi approchait à grand pas. Pour la circonstance, ainsi que pour l'anniversaire du pays et mes 30 ans qui viendraient prochainement, la Poste belge avait décidé de créer un nouveau timbre à notre effigie. Mon fiancé était alors venu de Londres, à l'avance, pour les photos et il resterait jusqu'à la fin des réjouissances.

Le coiffeur et la maquilleuse de la reine avaient pris soin de m'embellir et un styliste avait conseillé que nous portions chacun une couleur opposée pour contraster sur les images. Ainsi j'avais opté pour un tailleur pantalon blanc et un chemisier couleur crème, tandis que mon homme allait porter une veste noire au-dessus d'une chemise blanche.

- La salle du trône sera parfaite comme décor pour les photos, annonça le photographe.

- En effet, répliqua ma mère. Les couleurs et la lumière conviendront absolument.

- Ça n'aurait pas été mieux de le faire dans les jardins ? demandai-je.

- Il fait trop nuageux aujourd'hui, m'informa Renée. Sans compter qu'on annonce de la pluie. Nous ne voudrions pas prendre le risque de gâcher les clichés.

Edward me rejoignit enfin pour commencer la séance, ce qui fit élargir mon sourire en le voyant arriver, toujours aussi sexy et avec les cheveux légèrement en bataille.

- Tu es ravissante en blanc, me chuchota-t-il, me faisant rougir.

- Tu n'es pas mal non plus, contrai-je.

Il se mit derrière moi et m'attrapa la taille, puis me murmura dans l'oreille combien il avait hâte de pouvoir m'enlever ce pantalon qui me "moulait trop bien les fesses". Je pouvais même deviner son sourire en coin derrière mon dos. Je l'attrapai par le col pour lui faire comprendre de calmer ses ardeurs et c'est à cet instant que le photographe nous interpela, attirant nos regards vers lui, ce qui le mena à nous mitrailler sans prévenir. Le timbre sortit 10 jours après.

*** LATP ***

Les jours suivants furent très occupés. Je devais faire le tour de plusieurs orphelinats et centre d'accueil pour enfant du pays. Lors de mon défilé avec les orphelins, l'année précédente devant la défunte reine Elizabeth, j'avais attiré l'attention de la ministre de l'aide à l'enfance. Elle avait donc décidé de leur octroyer des moyens financiers pour agrandir leurs structures, engager plus de monde et acheter plus du matériel pour les enfants.

- Votre altesse, m'accueillit le responsable que j'avais rencontré l'an dernier. C'est un plaisir de vous revoir !

- C'est un plaisir pour moi aussi, répondis-je. Comment vont les enfants ?

- Je vais vous emmener les voir avant que tout le monde n'arrive.

"Tout le monde" c'était les dirigeants du centre, la ministre, le reste du personnel, les familles et la presse. Tout ce public allait arriver pour l'inauguration de la nouvelle aile de l'orphelinat.

On m'avait demandé d'être présente pour l'événement et de couper le cordon. Quand l'heure fut venue de l'inciser, je revendiquai la présence à mes côtés de la petite Lucie, la fillette qui avait attiré mon attention lors de la parade l'été dernier. Nous saisîmes ensemble la paire de ciseaux pour couper le ruban vert qui séparait l'ancienne partie de l'institution et la nouvelle.

À la fin de la journée, j'étais tellement fatiguée et mes pieds étaient tellement douloureux, que je me ruai directement vers mes appartements à mon retour au château de Laeken.

Quand j'entrai dans mon salon, j'y trouvai Edward assoupi dans le divan, avec Paco pelotonné dans le creux de son bras et Poppy allongée sur lui, mes 3 amours étaient si adorables endormis ensembles à points fermés. (N/A: La photo de cette scène si mignonne se trouve sur mon blog)

Je me dirigeai donc vers ma chambre sur la pointe des pieds et me vautrai sur le lit. Je fus réveillée par le baiser d'un prince charmant, en l'occurrence mon prince si séduisant.

- Bonjour mon amour, susurra-t-il. Longue journée ? Je ne t'ai pas entendu rentrer.

- Ereintante, répondis-je. Mais pour toi aussi apparemment. Tu dormais dans le divan, mais pas seul, alors je n'ai pas osé vous réveiller.

- C'est adorable de ta part. mais ta chienne est très endurante et autoritaire. Elle a voulu jouer toute l'après-midi et je n'ai pas pu lui dire non, se plaignit Edward.

- Mon pauvre chéri, tu t'es laissé marcher sur les pieds par un animal, ris-je.

Vexé par ma plaisanterie, son sourire se figea et il se jeta su moi pour me chatouiller.

- Edward, arrête ! le suppliai-je.

- Tu t'es moquée de moi ! se plaignit mon fiancé.

- Je ne le ferai plus, c'est promis ! jurai-je.

Il stoppa son titillement et vint s'allonger à côté de moi. Je remarquai alors qu'il avait enlevé sa blouse et qu'il était en caleçon. Je me passai la langue sur mes lèvres, mais je me sentais bien trop fatiguée pour faire quoi que ce soit. Je fermai les yeux à nouveau et le laissai me déshabiller, puis je m'endormis blottie contre son corps musclé.

*** LATP ***

Nonobstant la présence d'Edward au château de Laeken, nous ne nous voyions pas aussi souvent que nous l'aurions voulu. Je n'avais pas assez de temps libre pour le passez avec mon fiancé avant notre mariage. Entre les préparatifs pour celui-ci, la fête nationale qui arrivait et toutes les visites à côté, j'étais très occupée à courir d'un endroit à un autre. Qui plus est, une partie de la famille Volturi avait fait le déplacement depuis l'Italie pour les célébrations.

Ainsi le prince Aro de Volterra avait laissé la régence provisoire de la principauté à son fils unique, le prince héréditaire Santiago. Il était arrivé en Belgique avec son épouse, la princesse Sulpicia et leurs 2 petits-enfants, Alec et Jane, les jumeaux que leur fils unique avait eu avec sa première épouse maintenant décédée.

Du peu que je les connaissais, je me souvenais que la fille était un peu fouineuse, tandis que son frère était plus effacé.

- Isabella ! Tu es devenu une belle jeune femme, s'exclama mon grand-oncle, avec son accent italien, quand il me vit.

- Merci Oncle Aro, lui répondis-je. Et toi tu es devenu très vieux, ajoutai-je dans ma tête, sans le dire à voix haute.

- Alessandro, Non pensi che Isabella sia una bella ragazza ?*1 demanda-t-il ensuite à son petit-fils.

- Si Nonno*2, répondit alors ce dernier, les joues empourprées.

Il devait sans doute être aussi gêné que je l'étais par la réflexion du vieil homme.

- C'est dommage qu'Isabella ne se soit jamais intéressé à lui, entendis-je Aro dire à ma mère dans la langue de Dante.

Si ce seigneur toscan s'imaginait que je ne le comprenais pas, il se mettait le doigt dans l'œil. En plus des 3 langues nationales, je maitrisais parfaitement la langue de Shakespeare depuis ma scolarité au Pays de Galles, mais ma mère m'avait également appris sa langue maternelle.

J'avais entendu dire que le prince de Volterra avait l'aspiration d'être "le beau-père de l'Europe" du 21e siècle; comme la reine Victoria et le roi Christian IK du Danemark** l'avaient fait moins de 200 ans plus tôt. Il était déjà apparenté à la plupart des monarchies du continent. En voulant me caser avec Alec, il aurait eu une plus grande prise sur la Belgique. Il avait d'ailleurs souhaité présenter Jane à mon frère, avant que celui-ci ne rencontre la mégère qu'il avait fini par épouser. Maintenant qu'il était divorcé, je remarquai qu'il essayait à nouveau d'imposer sa petite-fille à Mike. Cependant, celui-ci faisait tout pour éviter de passer du temps avec nous, alors que je faisais visiter la ville aux 2 jeunes Volturi.

Alors que je longeais un couloir pour retourner à mes appartements, j'entendis chuchoter.

- Je n'ai pas très envie d'en parler à Bella pour l'instant, dit une voix masculine que je reconnus être celle de Mike.

- Si elle me voit ici, elle va me poser des questions ! entendis-je répliquer une femme que j'étais sure de connaitre.

Je m'approchai encore un peu plus pour mieux voir de qui il s'agissait et quelle ne fut pas ma surprise de reconnaitre Angela Weber.

- Angie ?! m'exclamai-je, confuse de la surprendre à Bruxelles en avance.

- Oh Bella ! s'étonna mon amie, l'air mal à l'aise.

- Et zut ! grommela mon frère aussi bas que possible, mais en vain.

- Qu'est-ce que tu ne veux pas me dire ? lui demandai-je alors, contrariée mais curieuse de savoir ce qu'il voulait me cacher.

- Euh … désolé Bella mais ce ne sont pas tes affaires ! me répondit-il.

- Michael! s'indigna mon ancienne colocataire. Parle autrement à ta sœur !

- Pardon ! s'exprima mon frère.

Je vis dans ses yeux qu'il le pensait et me demandai pendant une seconde pourquoi il s'était si vite soumis, lui qui cherchait souvent le conflit avec moi. Alors je compris ce qu'il se passait.

- Non ?! m'extasiai-je en les regardant tour à tour. Vous êtes … mais depuis quand ?

- Depuis qu'il est venu à Londres pour le Trooping the colour, avoua Angela.

- Mais s'il te plait, ne dis rien à personne ! me supplia Mike. Je ne veux pas que la presse l'apprenne et commence à nous pouchasser pour avoir des photos de nous.

- Juste à Edward et Alice, je ne peux rien leur cacher, lui dis-je. Et de toute façon Angela sait très bien qu'Ali l'apprendra assez vite sans mon aide ! ajoutai-je en voyant un signe de protestation sur son visage.

Ainsi je m'empressai d'aller retrouver mon fiancé pour lui apprendre la nouvelle mais attendis que sa sœur arrive avec le reste de la famille, pour lui confier ce secret.

Le lendemain, j'appris que mon père avait fait annoncé, via la page officielle des réseaux sociaux de la famille, le jugement prononcé du divorce du prince Michael et de Lady Jessica Stanley. Puisqu'il était demandé à cause d'une infidélité prouvée, il avait pu être exécuté rapidement, ainsi cette mégère avait donc perdu tous ses droits en Belgique.

*** LATP ***

Comme je l'avais précisé plus tôt Jane ne pouvait pas s'empêcher d'être curieuse et de poser trop de questions personnelles. C'était une vraie fouille-merde. En plus de commenter le divorce de mon frère, elle demandait sans arrêt pourquoi il ne passait donc pas plus de temps avec nous. Elle voulait surement dire avec elle. Aro n'attendait que ça et lui avait probablement monté la tête pour qu'elle se jette dans ses bras, vu que ça n'avait pas fonctionné pour son frère avec moi. Mais comme Mike se cachait, elle profitait parfois que je ne la regardais pas, pour flirter ouvertement avec Edward, qui dû la remettre à sa place.

- Depuis combien de temps êtes-vous ensemble ? me demanda-t-elle un jour.

- Un certain temps, répondis-je évasivement.

- Vos fiançailles ont été rapides, non ? et elles sont courtes. Tu es enceinte ?

- Mais de quoi tu te mêles ? m'énervais-je. Où vas-tu chercher ça d'ailleurs ?

- Juste une déduction, ne t'énerve pas ! Mais ne t'inquiète pas, je ne dirai rien, dit-elle avec un sourire narquois.

- Pense ce que tu veux ! répliquai-je, ne voulant pas poursuivre cette conversation.

- D'ailleurs, comment allez-vous gérer quand tu seras reine? ça risque d'être frustrant pour lui de rester derrière. On sait ce que ça donne dans leur famille.

J'imaginais qu'elle devait faire référence à la crainte d'Elizabeth, après ce que son mari lui avait fait subir, devant également toujours rester en retrait lorsqu'il était encore en vie.

À la différence de son pays, Edward ne resterait pas prince mais obtiendrait le titre de roi-consort, une première en Belgique mais aussi pour une monarchie européenne.

- Nous avons convenu que je serais le boss en public, et lui le serait dans la chambre ! lui répondis-je sèchement, espérant lui fermer sa bouche par la suite.

*** LATP ***

Lorsque le reste de la famille Cullen arriva, je pris Alice par la main pour la conduire dans mon salon et discuter loin d'oreilles indiscrètes, comme celle de Jane Volturi.

- J'en ai appris une bonne il y a quelques jours ! révélai-je à mon amie.

- Raconte-moi ! me pressa-t-elle alors excitée.

- J'ai croisé Angela ici la semaine dernière …

- Que faisait-elle à Bruxelles ? m'interrompit-elle. Elle est venue te voir ?

- Ce n'était pas pour moi qu'elle était au château !

- Arrête détourner autour du pot et accouche ! grogna ma future belle-sœur.

- Elle était là pour Mike ! lâchai-je. Ils se voient en cachette depuis plus d'1 mois !

- Mike et Angela ?! Ça lui change de l'autre pimbêche ! mais c'est bien, non ?

- Les filles ! nous interpela Edward. Arrêtez de jaser et laissez-les en paix !

J'étais contente de voir mon homme soutenir mon frère. Ça montrait qu'ils avaient apparemment déjà nouer un certain lien d'amitié et ça me faisait plaisir.

Nous passâmes la journée au château du Belvédère, l'ancienne demeure qu'occupait mes parents avant le décès de mon grand-père et donc de l'accession au trône de Charlie.

Ce dernier nous avait annoncé à Edward et moi, que nous irions nous y installer après notre mariage. Bien que Michael était plus souvent au château principal qu'au Stuyvenberg, j'avais préféré le lui laisser, ne souhaitant pas emménager où la sorcière avait séjourné avant qu'elle ne soit virée à coup de pieds par mon frère.

Nous passâmes le reste de la journée au château du Belvédère, l'ancienne demeure de mes parents, avant que Charlie monte sur le trône à la mort de son père. Je ne souhaitais pas aller m'installer au Stuyvenberg, mon frère étant revenu habiter au château principal. Il n'y avait pas moyens que je vive au même endroit où la sorcière avait vécu avant que Mike la vire.

Alice me donna quelques conseils pour redécorer, puisque Edward et moi nous y installerions après le mariage, jusqu'à ce que je succède à mon père, retournant alors à Laeken.

*** LATP ***

Nous étions le 20 juillet, veille de la fête nationale et chaque année à cette date, ainsi qu'à Noël, le souverain s'adresse au peuple belge pour partager avec la nation son ressenti sur la situation de l'année écoulée dans le monde et du pays. Ce discours était chaque fois retransmis à la télévision, mais cette année, je l'attendais avec une certaine anxiété. J'allumai la télé de mon salon, juste avant le journal, et m'assis blottie contre Edward pour l'écouter.

«Mesdames et Messieurs,

C'est avec émotion que je m'adresse à chacune et chacun d'entre vous aujourd'hui.

Je suis entré dans ma 20ème année de règne et je constate que ces derniers temps, ma santé ne me permet plus d'exercer ma fonction comme je le voudrais.

Ce serait manquer à mes devoirs et à ma conception de la fonction royale que de vouloir me maintenir en exercice à tout prix, sans être en mesure d'assumer pleinement mon rôle.

C'est une question élémentaire de respect envers les institutions et envers vous, chers concitoyens.

Après près de 20 ans de règne, j'estime donc que le moment est venu de passer le flambeau à la génération suivante.

Je constate que la Princesse Isabella est bien préparée pour me succéder. Elle jouit avec le Prince Edward de de toute ma confiance. La Reine Renée et moi sommes enchantés de les voir se marier le mois prochain. C'est également un honneur de voir ma fille devenir la première femme à régner sur notre nation.

Au fil des années, notamment dans le cadre des missions économiques menées à l'étranger, la Princesse a montré combien ses engagements envers notre pays lui tiennent à cœur.

Et par-dessus tout, avec le temps j'ai appris que notre pays peut compter sur un atout extraordinaire, VOUS mes chers concitoyens!

Avec une population si riche de ses talents, de sa diversité, de son énergie, de sa générosité, l'avenir de notre pays est entre de très bonnes mains!

C'est donc avec sérénité et confiance, que je vous fais part de mon intention d'abdiquer le 21 juillet 2032, jour de notre fête nationale, en faveur de la Princesse héritière, ma fille Isabella.

Tout au long de mon règne, une conviction profonde a guidé ma conception de la fonction royale.

Le rôle du Roi des Belges et sa légitimité est de se mettre au service de la démocratie et de ses concitoyens, seuls titulaires de la souveraineté.

À cet égard, l'institution royale doit continuer à évoluer avec son temps.

Comme de coutume je m'adresserai encore à vous le 20 juillet de l'année prochaine, et je participerai avec la Reine et les nouveaux Souverains aux cérémonies du 21 juillet.

Je souhaite déjà vous dire que ce fut pour moi un privilège et une chance d'avoir pu consacrer une large partie de ma vie au service de notre pays et de sa population.

La Reine Renée et moi n'oublierons jamais tant de liens chaleureux tissés avec toute la population durant ces 20 dernières années.

Nous vous remercions pour la confiance que vous nous avez témoignée, pour vos gestes de sympathie et de soutien même empreints parfois de quelque critique. Sachez cependant que vous nous avez toujours été très chers.

Nous gardons dans notre cœur le souvenir de nombreuses rencontres dans des moments joyeux, mais aussi lors de grandes épreuves.

Bien entendu, la fin de mon règne ne signifie pas que nos chemins maintenant se séparent. Bien au contraire!

La Reine et moi vous souhaitons une belle Fête Nationale. Vive la Belgique!»

Ce dont je redoutais arriva. Dans un an j'allais devenir reine, une très jeune reine. Mise à part la grand-mère d'Edward, c'est une chose qui n'arrivait plus souvent, depuis que l'amélioration des soins de santé permettait aux souverains de vivre plus longtemps et donc à l'héritier d'accéder au trône à un âge plus avancé que le mien.

- Darling, est-ce que ça va ? me demanda mon fiancé. Tu es blanche comme un linge ! Tu ne t'y attendais pas ?

- Non… Si… Enfin… j'avais un doute, avouai-je. Mais j'espérais qu'il attendrait que nous soyons mariés depuis plus longtemps que seulement 11 mois !

- Apparemment sa santé ne lui permet plus d'exercer sa fonction, il attendait probablement que tu sois mariée, mais pas trop longtemps tout de même.

- Mais nous n'avons même pas un an et je t'assure que cette première année de mariage ne sera pas de tout repos avec ça et la 2ième non plus surement !

C'était ce que je craignais le plus. Avec cette année pour parachever ma formation et ensuite une autre année pour faire mes preuves en tant que reine débutante, les 2 prochaines années allaient être très chargée, laissant peu de temps à Edward et moi pour gouter aux joies des jeunes mariés. D'autant plus que je n'aurais pas tout mon temps pour avoir un héritier.

Le lendemain matin, je dus faire preuve de retenue pour ne pas montrer mon désarroi, lorsque Edward et moi rejoignîmes mes parents pour le traditionnel Te Deum de la fête nationale, à la cathédrale Saints Michel-et-Gudule, là où nous nous mariions dans moins d'un mois.

A la sortie de la messe, je vis une foule derrière les barrières avec des petits drapeaux belges.

- Princesse Isabella ! entendis-je crier.

Je me dirigeai vers les cris pour aller saluer mes futurs sujets.

- Merci d'être venu, leur répondis-je.

- Félicitations pour votre mariage à venir, me dit une dame parmi les gens.

- Merci, dis-je à nouveau. C'est gentil de votre part.

- On pense que vous serez une bonne reine! scanda une autre personne.

- Merci beaucoup, répétai-je. Je l'espère en tous cas.

Après un petit moment à discuter avec le public, je me rendis au palais royal pour grignoter quelque chose, avant d'enfiler ma tenue de militaire. J'allais défiler avec mon ancienne promo de l'école royale militaire. A cette occasion, je repensai à l'époque où j'avais fait mes armes, pour me préparer à ma futur fonction de colonel en chef des armées belges.

Je fus rejointe par mon frère, lui-aussi en uniforme et prêt à défiler. Mike était également rentré dans l'armée l'année après moi, mais contrairement à moi, y était resté.

- Tu es très élégante dans cet uniforme! me lança mon père en arrivant vers nous.

- Merci, dis-je aujourd'hui pour la millième fois.

- Sire ! le photographe interpela le roi. On y va pour la photo avec vos enfants.

Charlie fit un signe de la tête et nous nous plaçâmes, Michael et moi, chacun de son côté et posâmes pour des photos à l'occasion de la fête, la dernière pour Charles 1er en tant que roi.

Tandis que ce dernier alla rejoindre la reine dans la tribune royale le long de la rue, mon frère et moi partîmes rejoindre nos régiments pour le défilé qui commença à 14 heures.

Après notre passage, nous allâmes rapidement nous changer pour nos uniformes de cérémonie et courûmes rejoindre Edward dans une des tribunes, pour la fin du défilé, la partie civile.

À la fin, les haut-gradés militaires repassèrent devant le roi, que nous saluâmes et ils firent place ensuite au passage des avions de la force aérienne dans le ciel, où les couleurs du drapeau apparurent, laissées par les trainées des appareils volants.

La journée de célébration se termina par un grand diner avec nos invités et les membres du gouvernement, plus quelques citoyens importants qui avaient été triés sur le volet. J'avais alors troqué mon habit de lieutenant-colonel pour une longue robe dorée en dentelle recouverte de fleurs brodées, ainsi que toute la panoplie assortie. À la suite du fastueux repas, un bal se tint au palais, auquel les plus jeunes dansèrent pendant une bonne partie de la nuit.

Lorsque les Cullen repartirent pour Londres 2 jours plus tard, c'est avec regret qu'Edward les suivit pour faire ses derniers paquets, afin de venir s'installer définitivement au Belvédère.

*** LATP ***

N/A:

*1 Alessandro, Non pensi che Isabella sia una bella ragazza ? = Alec, ne trouves-tu pas qu'Isabella est une belle jeune fille?

*2 Si, Nonno = oui, Grand-père

** la reine Victoria du Royaume-Uni et surtout le roi Christian IK du Danemark étaient surnommés les beaux-parents de l'Europe, ayant marié leurs nombreux enfants à plusieurs membres de familles royales ou de la haute noblesse européennes. L'héritier de la reine britannique a épousé une des princesses danoises.

*** LATP ***

dimanche 9 mars 2025

Chapitre 23 : Réconciliation et anniversaire


Juin 2031

Ces derniers jours, j’avais pu remarquer certains magazines à scandale dans les rue de Windsor. Les anglais aimaient un peu trop les potins mondains. Heureusement que les beaux jours étaient enfin arrivés dans le Berkshire*. Ça me donnait une excuse pour mettre un chapeau, afin de cacher mes cheveux reconnaissables et de porter également mes lunettes de soleil, de façon à marcher incognito dans le piétonnier de la  petite ville anglaise. Bien que je n'étais pas encore très connue pour l’instant, à moins d’être vraiment fanatique des tabloïds.

J’ignorais comment la presse à sensation avait eu vent de ce qui se passait entre Edward et moi, mais ils avaient apparemment été prévenus, sans doute par Jessica j’imaginais.
En couverture de beaucoup d’entre eux, y figuraient des titres tels que :
« Il y a de l’orage dans l’air entre les deux fiancés princiers ! »

-          As-tu contacté Edward ? me demanda Alice, me sortant de mes pensées par la même occasion.

-          Non pas encore, lui répondis-je machinalement d’un ton monocorde.

Cela faisait maintenant plusieurs jours que j’étais à Frogmore Cottage, sans pouvoir me décider à aller voir mon fiancé. Je savais que c’était à moi de m’excuser, quoiqu’il eut un peu trop pris la mouche à mon gout. Cependant, j’ignorais quoi lui dire pour me faire pardonner.

-          Il serait temps que tu te décides ! me sermonna mon amie. Si tu veux, je t’emmène à Londres ? me propos-t-elle ensuite.

-          Le problème, c’est que je ne sais pas trop quoi lui dire. Je ne trouve pas les mots, répliquai-je. Ce genre de relation, c’est nouveau pour moi, comme pour lui. J’ai si peur que nous soyons allés trop vite. Mais en même temps, je ne peux m’imaginer passer le reste de ma vie sans lui à mes côtés.

-          Tu pourrais déjà commencé par ça, suggéra le lutin d’un air amusé.

-          Je crois que je suis peut-être trop lâche et ce serait ça qui me bloque.

-          Dans ce cas, c’est une bonne chose que je fasse le premier pas, nous interrompit ma voix masculine favorite.

-          Oh Edward, super, tu es là ! s’exclama sa sœur.

Rien que de savoir qu’il était enfin là devant moi, ça prouvait qu’il tenait à moi plus qu’à son égo et j’en fus si émue, que je dus me forcer pour ne pas pleurer d’émotions.

-          Je vais aller faire un tour et vous laisser tous les deux, dit une voix féminine qui devait sans doute être celle d’Alice.

-          Euh oui, fais ça ! lui répondit son frère sans me lâcher des yeux. Oh ma Bella ne pleure pas ! dit-il alors désespérément en s’approchant de moi.

Je n’avais même pas remarqué que des traitresses de larmes avaient finalement coulé sur mes joues. Alors que je levai le bras vers mon visage pour aller les éponger, Edward m’attrapa la main pour aller essuyer mes yeux avec ses longs doigts fins.

-          Je suis désolé, m’excusai-je en sanglotant. Je suis tellement bouleversée. Je ne savais pas comment te demander pardon pour ma jalousie non fondée et je craignais que ça te persuade à ne plus vouloir de moi !

-          J’ai beau me comporter parfois comme un enfant, selon Rosalie, je t’aime. Moi non plus je ne peux pas imaginer ma vie sans toi.

-          Tu m’as entendue ?! m’étonnai-je.

-          Je suis arrivé à ce moment-là, avoua-t-il embarrassé.

-          Je t’aime, lui lançais-je. Je te promets de faire des efforts pour avoir plus confiance en moi, parce que c’est moi le soucis, pas toi !

-          Et moi je te promets de t’écouter sans m’énerver et prendre la fuite. Mais j’avais tellement peur de ne pas contrôler ma colère et de lâcher quelque chose que je ne pensais pas ou que je regretterais et que ça nous déchire définitivement.

Nous avions apparemment tous les deux la même difficulté à gérer nos émotions. En revanche, tout comme lui, je ne pouvais pas aller consulter un psy. Quand je lui mentionnai ce fait, il marmonna une réflexion au sujet de sa grand-mère qui n’était alors pas la seule à prôner la devise “Ne jamais se plaindre et ne jamais s’expliquer !"

-          Tu m’as manqué, lui dis-je.

À cet instant, il m’enlaça fort contre son corps ferme  et se jeta finalement sur mes lèvres et m’embrassa passionnément, presque avec désespoir. Je ne pouvais alors que constater à quel point il se languissait de moi autant que moi de lui.

Cet éloignement prolongé nous avait causer à tous les deux autant de peine, mais nous avait aussi probablement rapprocher, nous faisant prendre conscience de la force de nos sentiments.

-          Prends tes affaires, m’ordonna-t-il. Je te ramène avec moi à Kensington.

-          Laisse-moi tout empaqueter et dire aurevoir à ta sœur.

Je m’empressai de refaire mes valises et de le suivre, après avoir remercié et salué Alice.

-          Tu as faim ? me demanda mon fiancé à notre arrivée à Londres. Tu veux manger quelque chose ?

-          J’ai faim mais pas de nourriture ! lui confiai-je en le dévorant du regard.

Les yeux d’Edward s’assombrirent à mes dernières paroles et j’y décelai autant de désir qu’il devait y en avoir dans les miens à cet instant. Il me tira par la main et se dépêcha de nous mener à ses appartements, afin d’éviter de croiser Emmett ou Rosalie.

Dès que nous fûmes à l’abri des regards, mon prince charmant fondit à nouveau sur ma bouche et fit danser ma langue avec la sienne dans un baiser avide.

-          Toi aussi bébé, tu m’as tellement manqué ! admit-il enfin à son tour.

Bébé... je pensais ne plus jamais entendre ce mot de sa bouche. J'émis à nouveau un sanglot étouffé en serrant mes mains contre ses joues quand il soupira, son souffle brûlant balayant mon visage à nouveau humide de mes larmes.

Son nez caressa le mien, nous faisant fermer les yeux en même temps pour profiter de ce contact grisant tant attendu. Mes bras s'enroulèrent autour de sa nuque, retrouvant ses cheveux  si soyeux. Je l'entendis gémir quand mes doigts glissèrent dans sa chevelure, avant que je me hisse sur la pointe des pieds pour effleurer encore ses lèvres des miennes.

Mon ventre se retourna comme chaque fois qu’il me touchait de cette façon. Mon sang se figea avant de repartir à toute vitesse, entraînant mon cœur dans de drôles de sursauts et de se remettre à battre frénétiquement en résonnant dans mes tempes.

À nouveau, je retrouvai les mêmes sensations que lors de notre premier baiser. Je n'avais plus peur, plus mal nulle part et les planètes semblèrent s'aligner parfaitement. La Terre sembla même s'arrêter de tourner.

Tout se bouscula alors. Sa bouche prit possession de la mienne, une fois de plus, avec avidité. sa langue envahit ma bouche alors qu'on gémissait en même temps au contact de l'autre. Il me souleva contre lui d'une main sous mes fesses et je nouais fermement mes cuisses autour de sa taille, frottant mon bassin contre le sien dans un mouvement indécent qui le fit gémir contre mes lèvres. Il commença à marcher en direction de sa chambre tandis que je m'acharnais à tirer sur son t-shirt, le forçant à quitter ma bouche pour le faire passer par-dessus sa tête et l’envoyer rejoindre sa chemise déjà jetée au sol.

Il me plaqua contre le mur attenant à sa chambre quand ma bouche et ma langue trouvèrent son épaule et le haut de son torse, suçant sa peau, mordant sa clavicule, le faisant gémir alors qu'il se débattait avec le bouton de mon jean pour me l'ôter. Rapidement, celui-ci ne fut plus une entrave et il me remit debout pour pouvoir le faire glisser le long de mes jambes, avant de l'envoyer valser au loin pendant que je détachai sa ceinture maladroitement. L’envie et le besoin de le sentir tordait mes entrailles, lorsqu’il jura quand je réussis enfin à lui enlever, je déboutonnai ensuite rapidement son pantalon qui tomba à ses pieds. Ses mains tirèrent sur mon sous-vêtement avec rage quand ma bouche retrouva la sienne, nous faisant geindre tous les deux. Mon string finit par craquer entre ses doigts alors que je m'affairai à baisser son caleçon. Ses mains sous mes fesses me soulevèrent à nouveau contre lui, m'appuyant contre le mur derrière moi.

L'instant suivant, il entra complètement en moi d'un coup de reins puissant. Ma respiration se coupa brutalement à l'instar de la sienne, me faisant hoqueter incapable de faire autre chose. J’écarquillai alors les yeux, dévisageant les siens alors qu'un gémissement profond sortait de sa poitrine. Il se figea en moi, sa bouche ouverte contre la mienne, comme si être en moi l'avait apaisé, comme si, enfin, il avait trouvé la paix et le calme.

Son intrusion en moi était presque douloureuse à la suite de son absence, mais très vite, mon corps reconnut le sien et un soupir passa entre mes lèvres.

Sa mâchoire contractée durement et ses yeux presque noirs le rendaient plus beau, plus impressionnant et envoûtant que jamais. Ses mains agrippèrent mes cuisses et il se retira avant de revenir puissamment et rapidement, me faisant tordre contre le mur dans mon dos. Ma tête bascula en arrière et puis un long gémissement m'échappa.

Ses mouvements se faisaient rapides, puissants et presque brutaux mais je n'avais pas peur, j'étais avec lui et lui était en moi. Jamais je n'avais ressenti un besoin aussi puissant de le serrer contre moi. À mesure qu'il allait et venait, le feu rongeait mon corps, nos gémissements incontrôlés emplissaient la pièce, entrecoupés du chuchotis de nos lèvres se mouvant ensemble. Jamais, ses yeux ne quittèrent les miens. Sa voix murmurait mon prénom à chaque fois que nos bouches se quittaient, à chaque fois que je tentais de reprendre mon souffle avant de comprendre que c'était impossible quand il m'emplissait... de cette manière.

Mes cuisses serrèrent plus fortement sa taille quand il mordit ma lèvre inférieure et tirait légèrement dessus, envoyant de l'électricité partout en moi jusqu'à l'endroit où nos corps étaient joints. Mon dos me brûlait à cause du frottement de ma peau contre le mur derrière moi mais ça n'avait aucune, vraiment aucune importance.

- Edward, gémis-je contre sa bouche alors qu’il quittait mon corps avant d'y revenir brusquement, ce qui coupa ma respiration qui fit se crisper ses doigts sur ma cuisse.

Sa bouche embrassa la mienne brièvement avant que son visage ne glisse dans mon cou. Il embrassa, suça puis mordilla ma peau sous mon oreille et je me sentis basculer d'un seul coup. Je soufflai son prénom dans une plainte avant de sentir tout mon corps exploser autour de lui quand il poussa une dernière fois en moi. À peine consciente des soupirs qui pouvaient sortir de ma bouche, je le vis se laisser aller à son tour, gémissant longuement contre mon épaule, ses doigts s'enfoncé dans la peau de mes cuisses pendant qu'il venait violemment en moi. Je geignis une dernière fois dans le creux de son épaule. Il finit par s'immobiliser complètement contre moi avant de nous faire glisser jusqu'au sol tous les deux. Il s'allongea sur le dos en me couchant sur lui et je sentis son souffle erratique résonner dans la pièce, tout comme le mien.

Il nous fallut de longues minutes avant de pouvoir reprendre pied avec la réalité. Mon visage dans son cou, je ne bougeai plus jusqu'à ce que sa respiration devienne normale et son corps complètement détendu sous le mien. Il enroula ses bras autour de ma taille et embrassa mon épaule du bout des lèvres. Je me redressai pour poser mon front contre le sien en gardant les yeux fermés et profitant de sa chaleur, de son odeur. Ses mains passèrent sur la fine pellicule de sueur qui couvrait mes tempes, puis je caressai à mon tour son visage à l'aveugle. Il dégagea mes boucles de mon épaules avant d'embrasser la peau de ma clavicule sous mon oreille. Un frisson me traversa quand sa langue frôla le point sensible de mon cou.

- Allons dans le lit, souffla-t-il d'une voix rauque qui me fit frémir.

Je hochai la tête conte lui sans ouvrir les yeux et il se releva en me soulevant contre lui. J'enroulai mes jambes et mes bras autour de lui, embrassant sa joue, puis sa mâchoire, sa barbe naissante qui piqua mes lèvres. Ma langue traîna sur sa peau, me délectant de son goût si unique. Il nous fit tomber sur son lit, son corps écrasa ainsi le mien. Je gémis légèrement sous son poids et il se releva sur ses coudes de chaque côté de mon visage, me faisant ouvrir les yeux. Son regard profond et dilaté fit accélérer brutalement les battements de mon cœur. Il se redressa et baissa les yeux sur le haut de mon corps encore habillé. Ses mains passèrent sous mon haut, caressant la peau de mon ventre sans qu'il ne cherche absolument à me l'enlever. Un frisson me traversa et un petit sourire naquit sur ses lèvres quand ses yeux retrouvèrent les miens.

À nouveau, il posa son front contre le mien et soupira longuement, son regard bouleversant dans le mien.

- Ne doutes plus de nous, d’accord ? chuchota-t-il douloureusement.

Mes yeux me brûlèrent et j'inspirai profondément, essayant de calmer mon cœur devenu oppressé par l'amour que je pouvais avoir pour Edward.

- Promets-moi que tu ne fuiras plus jamais, répliquai-je alors que ses doigts quittaient mon ventre pour saisir mon débardeur qu'il fit passer par-dessus ma tête.

Je l'y aidai en soulevant mollement les bras, ayant l'impression d'être à bout de force. Quand j'ouvris les yeux, son regard scrutait attentivement mon visage. Je ramenai le sien contre le mien d'une main sur sa nuque et l'embrassai doucement.

- Je te le promets... murmura-t-il contre mes lèvres.

Je déglutis difficilement, cherchant son regard.

- T’avoir loin de moi, ça a été la chose la plus douloureuse que j'ai jamais eu à vivre, confessai-je emprisonnée par ses yeux émeraudes si brillants.

- Je sais, pour moi aussi, maugréa-t-il.

Il embrassa chastement mes lèvres et je fermai les yeux en passant mes mains sur sa nuque, ses épaules. Je le sentis frissonner sous mes doigts.

- Rosalie avait raison, avoua-t-il au bout d'un moment.

J'ouvris les yeux pour voir qu'il observait mon corps sous le sien. Je fronçai les sourcils, pas certaine de comprendre. Ses mains passèrent dans mon dos et il défit mon soutien-gorge avant de le faire glisser le long de mes bras et de l'envoyer plus loin dans la chambre. Ma peau se couvrit de frisson quand il embrassa mon cou.

- À quand remonte ton dernier repas ? s'enquit-il en posant son menton sur le haut de ma poitrine, ses yeux captivants qui scrutaient mon visage.

Réfléchir alors que nous étions tous les deux complètement nus et l'un contre l'autre n'était pas possible. Je haussai les épaules. Je n’avais pas beaucoup d’appétit depuis notre dispute après la soirée pour nos fiançailles.

- Tu as maigri, constata-t-il en effleurant mon épaule du bout des doigts.

- Hum... me contentai-je de répondre en fermant les yeux, je me concentrai sur sa caresse légère.

Il posa son front sur le haut de ma poitrine et expira lentement et bruyamment. Plusieurs fois, il inspira ma peau, mon odeur, me faisant frissonner un peu plus à chaque fois qu'il soufflait sur ma peau.

Son regard, assombri par son désir renaissant, fit brûler mon corps. Mes mains se posèrent sur ses reins, poussant son corps à la rencontre du mien, nous faisant gémir tous les deux.

- Comment c'est possible que j'ai toujours autant envie de toi ? demanda-t-il, embrassant à nouveau mon cou, avant de descendre sur ma poitrine.

Je bafouillai quelque chose d'incompréhensible quand sa langue trouva ma poitrine en même temps qu'il faisait rouler son bassin contre le mien. Il me tortura quelques secondes avant que, impatiente, je ne tirai légèrement sur ses cheveux et sa nuque, faisant remonter son visage contre le mien. Il m'embrassa tendrement, faisant danser voluptueusement sa langue contre la mienne en entrant légèrement en moi, nous figeant tous les deux. Il quitta ensuite ma bouche, et, ses yeux dans les miens, il glissa en moi lentement, comme au ralenti. Dans une parfaite symbiose, nos souffles se coupèrent en même temps. Sa bouche entre-ouverte au-dessus de la mienne laissa passer un gémissement quand il buta au fond de mon ventre.

Il me fit l'amour tendrement et lentement, prenant le temps de m'embrasser, de faire glisser son corps dans le mien avec volupté, nous faisant gémir l'un et l'autre sans aucune retenue.

Mes reins se creusèrent quand il revint en moi après m'avoir presque quittée, nous faisant geindre en même temps. Sa bouche retrouva la mienne pour un baiser brûlant avant qu'il ne se relève sur ses mains, en appui de chaque côté de mon visage. Son regard dans le mien, il refit les mêmes mouvements, creusant un peu plus les reins en lâchant une plainte étouffée quand il buta au fond de moi, ses doigts se crispèrent dans l'oreiller sous sa main. Mes cuisses étreignirent ses flancs, ma tête partit en arrière, libérant mon plaisir pendant que mes gémissements faisaient écho dans la chambre et bourdonnaient à mes oreilles. Il s'immobilisa quand mon corps serra le sien si fort qu'il l'empêcha presque de bouger. Gémissant sourdement, il serra les dents. Quand les tremblements de mon corps se calmèrent il reprit ses mouvements puissants en moi, accélérant le rythme. Je fixai ses yeux fiévreux et à nouveau, le plaisir s'empara de moi alors qu'il continuait d'aimer mon corps, au sens propre du mot. Je l'accompagnai dans ses mouvements, mes hanches s'adaptant au rythme des siennes, le faisant jurer entre ses dents.

J'aimais le voir perdre pied, j'aimais l'expression de son visage quand le plaisir prenait le dessus sur lui, ses mâchoires contractées pendant qu'il gémissait entre ses dents, la sueur qui perlait sur son front et ses tempes, la concentration qu'il mettait à me conduire plus loin, plus haut dans mon plaisir alors qu’il me fit tordre sous lui quand une nouvelle vague arriva. Je criai et mes doigts allèrent griffer sans le vouloir ses épaules. Il cessa de bouger en moi quand mon corps emprisonna à nouveau le sien, entraînant sa libération, il laissa alors tomber son visage dans mon cou. Il étreignit ensuite étroitement mon corps contre le sien de son bras autour de ma taille, gémissant contre mon épaule et sursauta une dernière fois dans mon ventre avant de lâcher prise totalement.

Son corps fatigué reposa contre moi pendant de longues minutes, m'enfonçant un peu plus dans le matelas. Je ne voulais plus jamais quitter tout ça. Plus jamais.

Je fermai les yeux en embrassant son cou à proximité de sa bouche, et il m’étreignit un peu plus fort en réponse.

Quand j'ouvris à nouveau les yeux, j'étais seule dans le lit et un drap recouvrait mon corps nu. Pendant quelques secondes, je paniquai à l'idée qu'il soit parti, qu'il est réalisé que... je ne les méritai pas, lui et son amour. Mon soulagement fut de taille quand, enroulée dans le drap, je le découvris assis devant son piano. Il avait revêtu son caleçon et pianotait sur les touches de son instrument. Je m'approchai doucement et enroulai mes bras autour de sa nuque, embrassant son épaule nue. Sa peau frissonna sous ma bouche et sa main abandonna le clavier pour atteindre ma cuisse qu'il caressa.

- Retourne te coucher, je reviens dans quelques minutes, souffla-t-il, un sourire dans la voix.

Je hochai la tête mais ne bougeai pas pour autant.

- Je ne veux plus te quitter, murmurai-je avant d'enfouir mon visage dans sa gorge.

- Alors je ne te quitte plus, déclara-t-il sur le même ton.

J'étouffai un bâillement, le faisant légèrement rire au-dessus de moi.

- Tu dis quoi d'aller dormir quelques heures et de reparler de ça quand on aura notre quota de sommeil ? s'amusa-t-il en me soulevant dans ses bras après nous avoir fait lever.

- Excellente idée Monsieur Masen-Cullen, soufflai-je dans son cou pendant qu'il traversait le couloir.

Il se vautra littéralement dans le lit et je ris en le voyant enfoncer son visage dans l'oreiller que j'occupai un peu plus tôt. Passant un bras autour de moi, il me tira jusqu'à lui, jusqu'à ce que ma hanche se colle à la sienne. J'étais épuisée, certes... pourtant, je n'arrivai pas à m'endormir... et lui non plus. Son regard ne lâchait pas le mien et mon cœur battait de manière déraisonnable.

- Tu devrais dormir un peu, conseillai-je à Edward en dégageant une mèche de cheveux de son si beau visage.

- Toi aussi, marmonna-t-il en fermant les yeux quand mes doigts caressèrent sa joue.

- J'ai... j'ai peur que si je ferme les yeux trop longtemps tu disparaisses, avouai-je. Qu’à mon réveil, je découvre que ce n’était qu’un rêve. Que je suis toujours chez Alice à attendre de trouver les mots pour te faire revenir auprès de moi.

- Je serai là, jura-t-il en caressant ma joue de ses doigts doux et souples de pianiste.

Il attrapa mon menton pour m’approcher de ses lèvres et posa sa bouche sur la mienne, puis dans mon cou et descendit vers mon épaule.

- Je t'aime, chuchota-t-il contre ma peau.

Mon cœur sembla exploser dans ma poitrine et mon ventre se retourna.

- Je t'aime aussi, murmurai-je difficilement tant l'émotion serrait ma gorge.

Un sourire heureux se dessina sur son visage et il embrassa une fois de plus mes lèvres, laissant traîner sa bouche sur la mienne, jusqu’à ce que nous ayons besoin de respirer.

*** LATRP ***

Maintenant que j’avais récupéré mon futur mari, j’aurais pu rentrer à Bruxelles, dans le but de préparer notre mariage qui devait avoir lieu dans un peu plus de 2 mois. Je préférai pourtant rester en Angleterre, pour ne pas avoir à m’éloigner encore une fois de l’homme que j’aime.

Ma mère accepta avec réticence, en demandant que je lui rende des comptes sur l’avancement des préparatifs et que je demande l’aide de mes amies, sans oublier Lauren, mon assistante, qu’elle avait envoyé me rejoindre accompagnée de mes 2 compagnons à 4 pattes.

Ça me donnait l’occasion d’assister au premier Trooping the colour de Carlisle en tant que souverain et d’y voir mon homme défiler avec les troupes dans son uniforme militaire.

Le lendemain de la parade, nous partitions pour Windsor où nous resterions pour l’anniversaire d’Edward. Il me faudrait ensuite rentrer en Belgique pour les festivités.

La veille de l’anniversaire officiel du roi de Grande-Bretagne, mes parents et Mike nous rejoignirent pour participer à la fête donnée en l’honneur de mon futur beau-père.

Le matin du samedi 14 juin, mon amoureux partit tôt pour se préparer avec son père. Alice vint me rejoindre et nous allâmes retrouver Rosalie et les enfants. Emmett et Jasper étaient avec Edward et Carlisle, laissant Esmée seule, qui se joignit donc à "ses 3 filles ".

Nous nous rendîmes jusqu’au palais où nous attendaient des calèches dans lesquelles nous montâmes toutes, ralliées par Renée et Charles qui étaient hébergés à Buckingham. Mon frère avait préféré rester avec les autres, souhaitant passer plus de temps pour apprendre à connaitre son futur beau-frère et les miens, puisqu’on allait former une famille.

Les chevaux nous conduisirent jusqu’à Horse Guards en longeant le parc de St-James, l’un des plus beau de la ville selon moi, en particulier à cet époque de l’année.

Les beaux jours enfin installés, le parc était embelli par des fleurs multicolores. Les cygnes du royaume, les pélicans et les canards glissaient paisiblement sur le lac au milieu du parc et les écureuils grouillaient d’arbre en arbre, évitant les nombreux londoniens et touristes qui s’y promenaient ou qui étaient assis sur les bancs pour admirer la beauté de la nature en plein centre de la ville.

-          - Alors les préparatifs du mariage avancent ? me demanda ma mère, interrompant alors mes songes.

-          - Euh … oui. Bafouillai-je. On a envoyé les invitations par mail, ça va plus vite.

-          - Par mail ? s’exclama-t-elle surprise. Je ne suis pas sûre qu’oncle Aro ait une adresse mail, c’est un peu trop moderne pour lui tout ça.

-          - Ne t’inquiète pas pour ça. Esmée a contacté ses parents qui nous ont alors redirigé vers votre cousin, Oncle Santiago. C’est lui qui s’occupe de tout ce qui a trait à internet pour la famille. Y compris l’adresse mail de contact.

Elle parut soulagée de l’entendre. Je continuai à lui expliquer ce que j’avais fait avec Alice et Lauren, comme contacter Édouard Vermeulen**, le plus grand créateur de mode du pays.

Lorsque les carrosses s’arrêtèrent à Horse Guards, je remarquai alors la foule qui attendait la parade et qui applaudit à l’arrivée de la famille. Les acclamations s’intensifièrent lorsque je descendis du véhicule pour suivre mes parents dans le bâtiment.

Sous les conseils d’Alice, j’avais choisi de porter une robe cintrée de couleur pêche, une couleur claire qui aurait dû m’aider à passer inaperçue, mais c’était apparemment raté.

Je saluai le public et montai avec les autres jusqu’à l’ancien bureau du Duc de Wellington. Une porte vitrée fut ouverte pour que l’on puisse apercevoir Carlisle arriver sur son cheval, suivi de son escorte parmi laquelle je reconnus Jasper et Emmett assis sur leur propre monture. Je savais qu’Edward était dans un autre régiment et qu’en plus il défilait à pied. J’avais hâte de l’observer depuis la fenêtre.

Je n’eus même pas besoin de regarder dehors pour savoir qu’il arrivait. La foule était en train de scander son nom. Alice m’attira au petit balcon pour que je puisse l’admirer.

Lorsque la parade d’anniversaire du roi fut finie, nous retournâmes à Buckingham palace, où la tradition demandait à la famille royale d’apparaitre au balcon.

Tandis que mes parents attendaient avec mon frère à l’arrière, Esmée m’invita à venir avec eux assister au survol de la Royal Air Force, aux côtés de mon fiancé.

Tandis que la masse de gens attroupée devant le palais nous acclamait, je regardai Edward, plus sexy que jamais en uniforme. Il me fit un sourire réconfortant et me frôla discrètement la main pour me distraire du stress causée par la foule qui criait encore nos noms.

La journée fut tellement longue et fatigante, que nous allâmes au lit directement à notre retour à Kensington. Le lendemain il me faudrait préparer une fois de plus mes valises pour passer la semaine à Windsor. Les 6 prochains jours allaient encore être fort occupés.

*** LATRP ***

Edward avait préféré que nous passions toute la journée du dimanche au lit, prétextant que nous avions des semaines de câlins à rattraper, pas que je m’en plaignais, bien au contraire.

Ainsi j’avais dû emballer mes affaires dans la précipitation et j’avais peur d’avoir oublié quelque chose. Lauren était déjà partie pour Windsor avec Alice, emmenant Poppy et Paco.

Dès que nous fûmes prêts, une voiture nous conduisit au château de Windsor. Alice et Emmett s’étaient vus offrir une demeure chacun sur le domaine. Elle leur avait été attribuée par la défunte reine à leur mariage. Edward était donc obligé de logé au château, une forteresse médiévale imposante qui avait été en partie détruite à plusieurs reprises, notamment par un incendie il y avait presque 40 ans et avait été ensuite reconstruite comme à chaque fois.

Mon fiancé nous avait heureusement trouvé une chambre assez éloignée de celle de ces parents. D’ailleurs si Elizabeth était encore là, elle aurait été horrifiée à l’idée que nous partagions la même chambre, encore moins aussi reculée des autres.

L’architecture était assez intéressante, différente à l’intérieur de l’extérieur. C’était la première fois que je mettais un pied dans cette immense bâtisse, alors que j’étais venue quelques fois à Frogmore qui se trouvait à peine à moins d’un km à pied.

-          - Vous êtes enfin là ! s’exclama Esmée avec enthousiasme en nous voyant.

-          - Edward ne m’a pas laisser faire mes valises hier, lui dis-je. J’ai donc dû les faire hier et ça nous a mis en retard !

-          - Balance ! rouspéta celui-ci. C’est sournois de m’accuser devant ma mère.

-          - Mais tu m’aimes quand même ? lui demandai-je en faisant les yeux doux.

-         -  Mais bien sûr mon amour, me dit mon fiancé. Mais ça valait le coup d’être en retard, tu ne trouves pas ? ajouta Edward avant de m’embrasser.

-        -   Je n’ai jamais dit le contraire.

-          - Vous êtes vraiment adorables tous les deux, nous interrompit ma future belle-mère.

-          - Mais c’est bien pour ça qu’on se marie dans moins de 2 mois, Maman ! lui rétorqua son fils avec un grand sourire en me serrant contre lui.

-          - Allez déposer vos affaires dans la chambre et changez-vous ! on vous attend pour déjeuner, le repas sera bientôt prêt.

-        - A vos ordre Majesté ! répondit Edward à sa mère, puis me tira par la main.

Comme la cousine de ma mère nous avait sommer de faire, nous rangeâmes nos bagages et mîmes des vêtement plus adéquats pour un repas en famille. Je troquai donc mon short et mon jersey pour une robe à fleurs simple mais plus convenable.

*** LATRP ***

Le lendemain de notre arrivée, commençait ce qu’on appelle en Angleterre le Royal Ascot. C’était un prestigieux meeting d’équitation qui se déroulait à l’hippodrome d’Ascot tous les ans. Chaque jour la famille royale participait à la procession qui ouvrait la journée de courses hippiques, en début d’après-midi.

La tradition exigeait que les femmes soient bien habillée et portant un chapeau féminin, tandis que les hommes devaient mettre un chic pantalon et une jaquette gris, noir ou bleu-marine, avec un chapeau haut-de-forme.

Etant donné que c’était mon premier meeting, les filles étaient venues au château accompagnées d’Angela, pour me choisir des vêtement et éviter que je m’habille pareil 2 fois dans la semaine. Ainsi, elles avaient opté pour que je porte une robe bleu bleuet à petits pois en velours avec des manches transparentes, crée par Elie Saab, plus le chapeau assorti.

Elles avaient même déjà préparé mes robes pour les autres jours et me prêteraient des chapeaux qui s’accorderaient avec chacune d’entre elles. Deux de celles-ci avaient été créées par une maison de couture britannique que j’affectionnais beaucoup, en plus de celle du créateur belge qui allait réaliser ma robe de mariée et qui l’avait déjà fait pour ma tante Sue lorsqu’elle avait épousé Harry, peu de temps après ma naissance.

Nous passâmes une bonne partie de nos après-midi à l’hippodrome pour assister aux courses. Edward et sa famille étaient des amateurs de chevaux et en possédaient quelques-uns qui couraient régulièrement à Ascot.

La première journée, nous nous rendîmes à l’hippodrome en parcourant les 12 km qui le séparait du château, dans les traditionnelles calèches de la cour qu’on appelait landaus. Toutefois les jours suivants, nous prîmes la voiture pour y rejoindre Carlisle et Esmée.

Le vendredi, Edward fut accosté par tous ceux que l’on croisait, voulant lui souhaiter son anniversaire. Cette année, pour ses 31 ans, il avait été décidé qu’il organiserait une simple soirée avec la famille et les amis proches. Deux ou trois journalistes seraient présents pour rapporter la réception dans les tabloïds, ce qui avait incité Alice à nous emmener une matinée faire du shopping dans la ville, accompagnées de garde du corps peu discret, ce qui avait évidemment attirer l’attention de la foule, intéressée de me voir de près.

De nos jours, ça n’était pas courant de voir 2 grandes maisons royales s’unir. Par conséquent, mon mariage avec leur prince bien-aimé les appelait à la curiosité.

-          - Princesse Isabella ! m’appela une jeune fille. Tout va bien avec le prince Edward ? me demanda-t-elle en anglais.

Je me tournai vers elle et la regardai avec un grand sourire pour la rassurer. J’imaginais qu’elle avait dû lire la presse people pendant notre dispute, comme ceux que j’avais aperçus à mon arrivée chez Alice et qui laissaient présager à une séparation.

-          - Tout va bien, s’exclama Alice. Le mariage aura bien lieu, désolée mesdemoiselles !

-          - Alice ! grogna Rosalie. Calme tes ardeurs, bon sang !

-         -  Mais il faut bien décourager ces filles qui pensent encore qu’elles ont leur chance.

Alice, excentrique et rebelle, n’avait jamais approuvé les préceptes de sa grand-mère. Elle aimait dire ce qui lui passait par la tête et ne s’en privait pas. En tant que future reine consort, Rose était plus discrète que sa belle-sœur. Mais d’après les dires de Jasper, qui avait grandi avec elle, elle avait toujours été une jeune fille plutôt réservée et traditionnaliste.

Me souvenant que j’avais apporté avec moi une paire couleur saumon de mes chaussures fétiches, j’avais donc eu l’idée d’acheter une tenue qui matcherait avec les escarpins de ma collection en dentelle de Dolce & Gabbana.

Dès lors j’avais trouvé une longue robe rose orangé en soie recouverte de tulle, avec le col  et des bretelles, tombant sur mes épaules, qui étaient brodés et décorés de perles. Nonobstant mon appréhension de faire de l’ombre à mon homme, mon amie avait applaudi mon choix.

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Le meeting d’équitation termina le samedi après-midi et le soir, la réception donnée en l’honneur du 31e anniversaire d’Edward commença.

Pour l’occasion, ses anciennes connaissances étaient venues de Los Angeles, où mon fiancé avait passé quelques années. Je reconnus également Angela et Eric Yorkie parmi les invités.

Les 2 sœurs Rostova étaient également présentes. Je dû faire un gros effort pour contenir ma jalousie. Mais comme il me l’avait dit, il ne regardait plus que moi à présent. De plus, c’était la plus jeune d’entre les russes qui était dangereuse. Heureusement, personne ne l’avait invitée, après qu’il eut été avéré qu’elle avait aidé Jessica dans le sabotage de mes fiançailles.

Un repas délicieux fut servi, suivi d’une pièce montée avec 31 bougies. Puis la fête se poursuivi avec un bal durant lequel l’invité d’honneur me fit valser à maintes reprises.

Ensuite la nuit se termina dans notre chambre en commençant par un langoureux baisé, pour finir nus sous la couette, lui enfoui en moi tandis qu’il m’envoyait au 7e ciel.

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* le Berkshire est un comté (division administrative) anglais où se trouve Windsor et Ascot.

** Édouard Vermeulen, qui possède la maison de couture Natan, est le créateur belge le plus renommé. Il habille notamment la reine Mathilde et a créé sa robe de mariée pour son mariage avec le prince Philippe, devenu roi depuis. Les tenues portée par Renée dans mon histoire, sont en fait celle que porte la vrai reine belge. Vous pouvez en voir quelques-unes sur mon blog (voir le lien sur mon profil).

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Épilogue : 20 ans + tard

Vingt-et-un ans déjà que je prêtai serment devant la Nation. Vingt-et-un ans que je devins Reine des Belges. C’était presque irréel, parfois...