Mi-aout - 13 septembre 2030
[PDV Bella]
En définitive, j'avais décidé de laisser mon émotion me submerger.
Lorsque le tgv quitta Paris et atteignit les 300 km/h, je changeai de place pour m'asseoir plus au fond du compartiment, afin d'être éloignée et cachée de tout regard curieux qui viendrait s'installer en 1ère classe. Ce fut assez difficile d'admettre les sentiments forts que j'avais pour lui et qui semblaient être réciproques ou presque. Surtout en sachant qu'il y avait peu de chance que ça aboutisse plus loin. La reine Elizabeth, sa grand-mère, se montrait diablement opposée à une relation entre nous.
Il ne pouvait aller à l'encontre de sa souveraine et aïeule, ni moi ne me permettrais de la froisser et de causer un incident diplomatique, avant même d'accéder au trône.
- Votre Altesse ? m'aborda une hôtesse. Je peux vous servir quelque chose ?
- Non merci, ça ira ! lui répondis-je froidement, impatiente qu'elle s'éloigne.
Après une heure vingt-deux de trajet, le train s'arrêta à Bruxelles-Midi, gare terminus.
A ma descente, je fus accueillie par mon assistante personnelle restée en Belgique. Je la suivis vers la voiture dans laquelle un chauffeur nous attendait, puis nous démarrâmes pour retourner à Laeken.
*** LATRP ***
Arrivées au château, nous allâmes toutes deux dans mes appartements, où je fus accueillie par une Poppy bien joyeuse et excitée de me retrouver après quelques jours d'absence.
Moi aussi j'étais contente de la revoir. Elle devait surement sentir ma tristesse, car elle vint poser sa tête sur moi, tandis que je m'assis à mon bureau, ma secrétaire en face de moi.
- Mademoiselle ? m'interpela cette dernière, Lauren. Vous allez bien ?
- Oh, me ressaisi-je. Euh … oui, ça va, je devais être ailleurs.
Sans doute perdue dans mes songes, je n'avais pas remarqué qu'elle me parlait. Je devais sans doute penser encore à Edward et à combien je voulais qu'il me prenne à nouveau dans ses bras, qu'il m'embrasse, me touche et me caresse le corps avec ses grandes mains viriles si fermes et si douces.
Je devais attendre un mois pour le revoir, ça allait être long. Mais au moins, j'avais son numéro de téléphone pour le contacter s'il me manquait trop et que je ne pouvais attendre mon anniversaire.
Cependant, il ne valait mieux pas que je le contacte trop vite, il pourrait penser que je suis obsédée, voire accro (ce qui était peut-être en parti vrai) ou que je le harcelais.
- J'ai arrosé vos plantes, comme vous me l'avez demandé, me signifia mon adjointe. Poppy est sortie régulièrement, c'est un amour de chienne.
- C'est vrai que c'est une brave, dis-je en regardant celle-ci avec de grands yeux et la bouche en cœur.
Elle secoua la queue, contente du compliment et me fixa avec son regard chocolat rempli de tendresse et de reconnaissance.
- Merci Lauren, pour tout ce que vous faites quand je m'absente, ajoutai-je. Je ne sais pas ce que je deviendrais sans vous !
Elle était plus qu'une assistante ou une secrétaire pour moi, c'était mon bras droit. Elle faisait tout ce que je lui demandais et bien plus, sans jamais se plaindre.
- Votre anniversaire est dans moins d'un mois, me rappela-t-elle. Il faudrait penser à envoyer les invitations au plus vite. Avez-vous déjà une liste des personnes que vous souhaitez voir venir, une idée de ce que vous voudriez comme faire-part ?
- Faites comme vous voulez pour l'invitation. Pour les invités, j'ai déjà fait une liste mais pouvez-vous y ajouter les frères de la princesse Alice et sa belle‑sœur bien évidemment.
- Ce sera fait, me dit Lauren. Autre chose ?
- Non, ce sera tout. Je vais juste lire mon courrier et ne pas aller me coucher trop tard. Le voyage en train m'a éreintée.
- Comme vous voudrez Votre Altesse. Reposez-vous et je vous dis à demain.
Je la saluai et elle quitta la pièce. La porte claqua, faisant bondir mon labrador endormi.
Après avoir vérifié ma messagerie électronique, je triai ma correspondance. Je n'y vis rien d'intéressant, mis à part une jolie carte postale d'Écosse, envoyée par Alice et Jasper.
Je l'accrochai à ma carte du monde en liège avec les autres que je recevais à l'occasion.
*** LATRP ***
Les semaines qui suivirent furent assez ennuyeuses pour moi, comme pour Poppy. Je décidai d'aller faire un tour dans les refuges de la région, lui trouver un compagnon.
J'y rencontrai un jeune chat roux et blanc abandonné et pourtant si affectueux. D'après les bénévoles, il aimait tout le monde et tous les animaux. Je ne pus résister à l'envie de le ramener avec moi. La couleur de son poil me rappelait un peu celle des cheveux d'Edward ce qui fut peut-être la raison pour laquelle je craquai sur ce matou si chaleureux.
Lorsque j'arrivai dans mes appartements, je posai la cage que j'avais acheté à la S.R.P.A. pour Paco (c'est le nom que je lui avais choisi). Ma chienne s'en approcha et renifla à travers les barreaux. Je vis alors mon second compagnon se frotter, à travers les barreaux, contre le museau de sa sœur adoptive, tout en ronronnant.
Comme me l'avaient prédit les employés au refuge, le chat avait tout de suite accepté le chien. Même Poppy semblait apprécier déjà son nouveau colocataire. J'en fus enchantée.
Je voulus en faire part à mon amant, essayant de l'appeler, mais il ne répondait toujours pas à mes appels, ni à mes messages écrits. Était-il en train de me ghoster ? je décidai d'appeler sa sœur pour en savoir plus. Peut-être pourrait-elle me dire la cause de son ignorance à mes tentatives de contact.
J'appris qu'il était en Écosse avec leurs parents et la reine et qu'il ne répondait pas non plus à ses appels. Elle me dit donc que je n'avais pas à m'inquiéter. Probablement qu'il était trop accaparé par sa grand-mère pour oser décrocher et me parler devant elle.
*** LATRP ***
Lorsque le 5 septembre fut passé, je constatai que je n'avais toujours pas reçu de confirmation de la part de mon prince charmant pour mon anniversaire, au contraire des autres membres de sa famille qui avaient tous les deux répondu pour m'assurer de leur présence à tous les quatre.
Je recontactai mon amie pour avoir des nouvelles. Il aurait déjà dû rentrer de Balmoral.
- Je suis désolée, me réconforta-t-elle. Il semblerait que Granny le surveille !
- Comment ça ? m'étonnai-je.
- Il n'a pas le droit de te contacter et il pense qu'on l'espionne pour elle.
- Bon sang, mais c'est n'importe quoi ! m'emportai-je. Il ne peut quand même pas la laisser contrôler sa vie.
- Tu peux parler !répliqua l'anglaise. Apparemment tu ne m'avais pas dit que tu étais obligée de te marier pour être reine ! Tu vas aussi les laisser te diriger ?
- Mais je n'ai pas le choix ! Tu imagines Jessica être reine ? lui fis-je remarquer.
- Pourquoi ton père ne fait rien ?
- En Belgique le roi n'a que peu de pouvoir , lui rappelai-je. Le gouvernement devrait démissionner pour changer la constitution mais je les ai entendu se disputer il y a quelques semaines. Charlie me défendait mais ils ont refusé.
- Avec toi qui es forcée de te marier parce que tu ne peux pas laisser ton frère prendre ta place, et Edward qui s'est fait sermonner par grand-mère et a ordre de ne pas te voir vous êtes tous les deux bien malchanceux !
- Ne m'en parle pas ! me plaignis-je. J'ai besoin de lui pourtant, même si je sais que je ne peux pas et ça me frustre à un point que tu ne peux imaginer !
- Je crois que si je n'avais pas eu son accord pour épouser mon Jazzy, j'aurais été bien malheureuse ! Tu aimes mon frère, je le sens bien, je crois que lui aussi et c'est dur !
J'éclatai en sanglots au téléphone, mon amie tentant de me réconforter mais sans résultats.
*** LATRP ***
Trois jours avant la fête pour mes 29 ans, Alice débarqua à Bruxelles sans prévenir.
- Alice ?! dis-je surprise de la voir arriver à l'avance. Tu es déjà là !
- Je me disais que tu aurais besoin d'un petit moment entre filles avant la fête, me répondit-elle alors que je l'enlaçai fort, tellement j'étais contente de la voir.
- Moi aussi je suis ravie d'être là Bella, mais tu m'étouffe !me dit-elle.
- D'habitude c'est l'inverse, lui rappelai-je en plaisantant. Ça me fait plaisir que tu sois là, j'en avais vraiment besoin. Tu as des nouvelles ?
- Malheureusement elles ne sont pas bonnes !m'annonça Alice. Granny l'a envoyé au Pays de Galles, il a une inauguration vendredi. Je suis prête à parier que Grand-Mère l'a fait exprès ! Edward pense qu'il n'y a pas moyen qu'il soit là à temps. Mais je dirais plutôt qu'il n'ose pas défier la reine !
- Pourquoi fait-elle tout ça, non de Dieu ! jurai-je. Et lui, il ne peut pas se battre pour nous, s'il ressent la même chose ?!les larmes me montèrent aux yeux.
Alice me prit une fois de plus dans les bras, tentant de me consoler, mais j'étais tellement déçue que ses essais furent infructueux et je continuai donc à pleurer sur son épaule.
Après que ma crise de sanglots stoppa, nous partîmes faire du shopping à sa demande. Je n'appréciais pas trop de faire les boutiques, mais mon amie adorait ça et voulait qu'on aille me choisir une belle robe pour ma soirée d'anniversaire.
- Je veux que tu sois sexy, magnifique !lança le lutin. Et donc quand Edward verra les photos, il s'en voudra de ne pas avoir tout fait pour venir !
- Merci Ali, mais ce n'était pas la peine. Je n'ai pas envie de me faire belle s'il n'est pas là !
- Mais il verra les photos et il regrettera. Si tu dois te trouver un mari et vu qu'Edward n'est pas prêt à batailler pour vous auprès de Granny, tu dois être la plus jolie pour vendredi !
Sa remarque me remémora qu'il fallait effectivement que je sois mariée d'ici un an. Ce qui n'était apparemment pas près d'arriver, à la plus grande joie de ma sorcière de belle-sœur.
Arrivés dans le quartier où l'on trouvait les meilleures boutiques de la capitale, nous nous dirigeâmes chez Dior en premier. Mon acolyte se rua alors sur le rayon de tenues de bal.
Son choix se porta sur une longue robe bustier évasée et allant jusqu'au ras du sol. Elle était en soie vert émeraude, avec un voile de mousseline par-dessus. Le corsage était relié à la taille par une bretelle sertie de pierres qui passait sur une seule épaule.
Elle était splendide. Sa couleur n'était pas sans me rappeler la couleur des yeux d'Edward.
J'allai l'enfiler dans une cabine d'essayage et vis qu'elle m'allait comme un gant et Alice fut d'accord avec moi, puis me prit en photo. Je m'empressai donc de l'acheter.
- Comme je te l'ai dit, en te voyant dans cette robe, il va se repentir de ne pas être venu ! me lança-t-elle, après avoir sans doute envoyé la photo à son frère.
- J'y compte bien ! lui répliquai-je.
Avant d'aller la payer, je décidai de refaire un tour pour voir si autre chose me plairait.
Je trouvai une robe courte et mignonne dans les mêmes tons que l'autre. Elle était sans manches et recouverte d'un tissu de dentelle. Il semblerait que dernièrement, je choisissais souvent des robes dans les couleurs vertes. C'était devenu récemment ma couleur préférée.
- Elle est bien aussi celle-là, remarqua ma camarade de shopping. Elles sont de la même couleur toutes les deux et pas n'importe laquelle ! elle ajouta en souriant.
Elle avait sans doute aussi remarqué qu'elles étaient de la couleur des yeux de son frère.
- Oui, je sais. C'est devenu ma couleur préférée depuis peu ! lui avouais-je.
*** LATRP ***
Nous retournâmes à Laeken après ms achats et nous passâmes les deux jours suivants à parler de tout sauf d'un certain duc de Sussex. Emmett, avec Rosalie, arriva le matin de mon anniversaire.
- Belli Bells ! m'interpela-t-il et m'étreignit fermement. C'est bon de te revoir !
- Emmett chéri, lâche là, tu l'étouffes ! lui fit remarquer sa femme.
- Mais Rosie, elle a besoin d'un gros câlin réconfortant !se défendit son époux. Mon frère est un gros crétin, ajouta-il. Tu veux que je lui botte le cul ?
- Non, tant pis pour lui, je me trouverai quelqu'un d'autre ! dis-je résignée.
- Granny est dure, mais espérons qu'elle passe le relais à Papa bientôt ! dit-il.
- Malheureusement, je n'ai pas le temps d'attendre, lui appris-je. Je dois être mariée d'ici un an si je ne veux pas laisser mon frère monter sur le trône et donc Jessica devenir reine !
- Alors c'est vrai ce qu'ils disent dans les magazines people ? demanda Rosalie.
Je confirmai en hochant de la tête.
- Pour une fois qu'ils disent la vérité dans ces torchons ! répliqua son mari.
*** LATRP ***
En fin d'après-midi, je me réfugiai dans mes quartiers, accompagnée des deux anglaises.
Au lieu d'appeler un coiffeur et une maquilleuse pour me préparer, les deux femmes prirent soins de moi, décidant ensemble de ma coiffure et du maquillage.
Je revêtis ma longue robe avec une de mes paires d'escarpins en dentelle Dolce & Gabbana de la même couleur, ainsi que ma tiare sertie d'émeraudes et de diamants avec les bijoux assortis, comme à mon habitude.
Les filles descendirent rejoindre les autres invités dans la salle de réception où m'attendaient mes parents et tout le gratin belge et mes homologues européens.
Alors que je discutais avec les jeunes de la famille Cullen présents, Angela me fit un geste de la tête pour attirer mon regard vers l'entrée de la pièce.
Alice se retourna pour voir ce qui éveillait soudain mon attention.
À quelques mètres de nous, se tenait son frère dans un costume Armani vert assorti à ses yeux et à ma robe. Il avait donc bien reçu la photo qu'Alice avait prise à la boutique.
- Alice, tu savais qu'il allait venir ? lui demandai-je surprise et agacée.
- Bien sûr que non, Bella ! il m'a dit qu'il n'aurait jamais le temps d'arriver ici pour la fête après la cérémonie à laquelle il assistait à Cardiff ! répondit-elle.
- Surpris de me voir, apparemment ! lâcha Edward lorsqu'il arriva à notre hauteur.
- Tu es quand même venu, frangin, c'est super ! lança Emmett avec gaité.
- La pluie a clôturé l'événement plus tôt que prévu, je me suis dépêché d'aller à l'aéroport et par chance j'ai eu un avion qui partait dans l'heure.
- On va vous laisser, l'interrompit sa sœur. Vous avez des choses à vous dire.
Puis elle disparut, emmenant l'ainé et leurs compagnons respectifs danser sur la piste.
Comme à son habitude, il était élégant et si beau, mais pourtant si froid ce soir-là.
- J'étais certaine que tu ne viendrais pas finalement, lui déclarai-je avec austérité.
- Je t'ai promis que je viendrais si tu m'envoyais une invitation. J'ai failli ne pas venir, mais il fallait que je te voie au moins une dernière fois, m'annonça Edward amèrement.
- Pourquoi venir me voir ? lui demandai-je. Si c'est pour être si distant !
- Tu peux parler, gronda-t-il. Tu n'as même pas souri depuis que je suis arrivé !
- Parce que je devrais te sourire ! me fâchai-je.
Alors que ma voix avait porté trop fort, certains invités qui étaient proches me lancèrent un regard d'étonnement. Edward nous éloigna et m'entraîna sur la piste de danse.
Nous valsâmes ensemble, impassibles, évitant chacun de trop regarder l'autre dans les yeux. Lorsque la musique se termina, il me salua, me souhaitant un joyeux anniversaire et partit discuter avec son frère et sa belle-sœur. Cet anniversaire n'était pas joyeux du tout, c'était le plus pénible de tous.
*** LATRP ***
Un peu plus tard dans la soirée, alors que je cherchai un coin pour être seule, je discernai deux voix que je connaissais hausser le ton.
- Bon sang Edward, entendis-je Alice grommeler.
- Quand vas-tu cesser tes enfantillages ?!
- Alice, occupe-toi de tes affaires ! rouspétait celui-ci.
- C'est de mon amie qu'il s'agit ! !se fâcha celle-ci. Et tu n'arrêtes pas de lui briser le cœur !
- Et moi dans tout ça ? s'énerva son frère. Que crois-tu que je ressente ?!
- Justement, si tu ressens quelque chose, pourquoi tu ne te bats pas pour elle ?!
- Granny m'a clairement démontré qu'elle désapprouvait, je ne peux pas aller contre son avis, je risquerais de tout perdre moi aussi !
- Ce n'est pas comme si tu allais devenir roi un jour Edward, elle devrait quand même finir par comprendre ! mais si tu ne te dépêche pas, il sera trop tard !
- Tu veux que je me batte mais elle alors ?
- Edward, je t'ai déjà expliqué ! s'exaspéra mon amie.
- Je ne veux plus rien entendre, je rentre à l'hôtel ! dit-il et prit la porte.
Lorsque je vis Alice revenir vers la salle de bal, je me cachai pour ne pas être vue, puis retournai discrètement à mon tour pour la rejoindre. Je dus faire un gros effort pour me contenir et faire comme si je n'avais pas assisté à cette dispute entre frère et sœur.
- Bella ! m'appela-t-elle alors en me voyant revenir. Où étais-tu ?
- J'avais besoin de prendre l'air, prétendis-je.
- Je suis désolée que ça ne se soit pas bien passer avec mon frère, me dit-elle. Il a décidé de rentré à l'hôtel. Apparemment il est fatigué, mentit-elle à son tour.
- Il a fait l'effort de venir et de me faire danser, plaisantai-je avec acidité.
- Tu devrais aller le rejoindre, il est descendu au Plaza. Vas-y je te couvrirai.
- Peut-être quand les invités seront partis, lui dis-je. Je ne peux pas partir !
*** LATRP ***
Une heure plus tard environ, la majorité des ministres et du gotha étaient partis. Mes parents vinrent me souhaiter mon anniversaire et une bonne nuit, puis s'éclipsèrent vers leurs appartements.
Avec l'insistance d'Alice, je fonçai dans ma chambre me changer pour mettre l'autre robe plus courte avec d'autres chaussures et bijoux, pour ensuite quitter le château aussi furtivement que possible. Comme je n'avais pas le droit de conduire seule, je dus demander à un chauffeur de me déposer.
Une fois parvenue devant l'hôtel qu'avait choisi Edward, je pénétrai dans le hall d'entrée et me dirigeai timidement vers la réception.
- Bonsoir, saluai-je l'hôtesse d'accueil. Pourrais-je savoir dans quelle chambre se trouve le prince Edward, demandai-je à voix basse.
- Je suis désolée Mademoiselle, me répondit la réceptionniste. Je n'ai pas le droit de vous communiquer le numéro de chambre d'un client sans son accord.
- Pouvez-vous le contacter pour lui dire que je suis là ? la suppliai-je.
- Je vais essayer d'appeler sa chambre, vous patientez un moment ?
Je hochai et attendis.
- Il n'est pas dans sa chambre, m'annonça la jeune femme. Il ne répond pas.
- Me laisseriez-vous attendre devant sa porte ? Je dois lui parler ! la priai-je encore. Je ne dirai pas qui m'a indiqué son numéro de chambre !
- Je ne pense pas en avoir le droit, continua-t-elle. Ça va se savoir.
- Savez-vous au moins qui je suis ? l'interrogeai-je en lui tendant un billet de 100 .
- Pardon Votre Altesse, je ne vous avais pas reconnue ! prétendit-elle.
Elle me tendit un bout de papier avec un numéro. Je la remerciai et montai dans l'ascenseur pour le deuxième étage, où se trouvait visiblement la suite de mon prince plus vraiment si charmant.
Dès que l'élévateur s'arrêta, je sortis et longeai le couloir qui menait à cette suite.
Arrivée devant la porte, j'hésitai un instant avant de frapper à la porte. Comme me l'avait dit la femme en bas, il ne devait surement pas être là. D'ailleurs, personne ne répondit.
Je décidai donc d'attendre et m'assis par terre jusqu'à ce que je vis une ombre s'approcher.
Je me levai brusquement et reconnus sa démarche. Je tentai de le jauger. Au premier, abord il semblait surpris de me voir, ensuite je perçus un regard glacé. Après coup, il parut plutôt satisfait, voire content. Mais lorsqu'il parvint enfin à quelques centimètres de moi, c'est l'air contrarié que j'aperçus sur son si beau visage que j'aimais tant.
- Qu'est-ce que tu fais là ? me demanda-t-il froidement.
- Il faut qu'on ait une réelle discussion, ripostai-je tout aussi sèchement.
- Ok, parlons ! lança Edward.
- Pas ici, imbécile ! dis-je, lui faisant remarquer qu'on était encore dans le couloir.
Il avança vers sa porte et sortit une carte de sa poche qu'il passa contre la serrure, déclenchant l'ouverture de la pièce. Il entra en titubant et je remarquai à cet instant, tout comme je sentis à l'odeur de l'alcool qui émanait de lui, qu'il avait passé le reste de la soirée à boire au bar de l'hôtel.
- Entre ! m'invita-t-il en poussant la porte.
Je pénétrai dans la pièce où il me suivi en claquant la porte derrière nous, me faisant sursauter.
- Alors, dit-il soudainement, discutons maintenant !
*** LATRP ***

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