Juillet 2031
Cette année encore, la Belgique célébrait un nouveau bicentenaire pour la fête nationale. L'année précédente, nous fêtions le 200e anniversaire de la création du pays, ayant obtenu notre indépendance en septembre 1830. Mais ce n'était que moins d'un an plus tard, le 21 juillet 1831, que Léopold 1er avait prêté serment pour devenir le premier souverain de cette jeune nation. Autant dire que nous attendions des festivités à travers tout le royaume.
À cette occasion, je m'attendais à ce que mon père fasse une annonce importante. Bien que ça allait faire 20 ans qu'il avait succédé à mon grand-père, le roi Albert II, je constatais que sa santé commençait à décliner. Gérer un pays pouvait peser sur les épaules et causer beaucoup de stress, surtout quand les politiciens des 3 régions fédérées n'en faisaient qu'à leur tête.
Je présumais donc qu'il n'allait pas rester encore longtemps sur le trône et qu'il s'apprêter à me céder sa place très prochainement.
Notre mariage à Edward et moi approchait à grand pas. Pour la circonstance, ainsi que pour l'anniversaire du pays et mes 30 ans qui viendraient prochainement, la Poste belge avait décidé de créer un nouveau timbre à notre effigie. Mon fiancé était alors venu de Londres, à l'avance, pour les photos et il resterait jusqu'à la fin des réjouissances.
Le coiffeur et la maquilleuse de la reine avaient pris soin de m'embellir et un styliste avait conseillé que nous portions chacun une couleur opposée pour contraster sur les images. Ainsi j'avais opté pour un tailleur pantalon blanc et un chemisier couleur crème, tandis que mon homme allait porter une veste noire au-dessus d'une chemise blanche.
- La salle du trône sera parfaite comme décor pour les photos, annonça le photographe.
- En effet, répliqua ma mère. Les couleurs et la lumière conviendront absolument.
- Ça n'aurait pas été mieux de le faire dans les jardins ? demandai-je.
- Il fait trop nuageux aujourd'hui, m'informa Renée. Sans compter qu'on annonce de la pluie. Nous ne voudrions pas prendre le risque de gâcher les clichés.
Edward me rejoignit enfin pour commencer la séance, ce qui fit élargir mon sourire en le voyant arriver, toujours aussi sexy et avec les cheveux légèrement en bataille.
- Tu es ravissante en blanc, me chuchota-t-il, me faisant rougir.
- Tu n'es pas mal non plus, contrai-je.
Il se mit derrière moi et m'attrapa la taille, puis me murmura dans l'oreille combien il avait hâte de pouvoir m'enlever ce pantalon qui me "moulait trop bien les fesses". Je pouvais même deviner son sourire en coin derrière mon dos. Je l'attrapai par le col pour lui faire comprendre de calmer ses ardeurs et c'est à cet instant que le photographe nous interpela, attirant nos regards vers lui, ce qui le mena à nous mitrailler sans prévenir. Le timbre sortit 10 jours après.
*** LATP ***
Les jours suivants furent très occupés. Je devais faire le tour de plusieurs orphelinats et centre d'accueil pour enfant du pays. Lors de mon défilé avec les orphelins, l'année précédente devant la défunte reine Elizabeth, j'avais attiré l'attention de la ministre de l'aide à l'enfance. Elle avait donc décidé de leur octroyer des moyens financiers pour agrandir leurs structures, engager plus de monde et acheter plus du matériel pour les enfants.
- Votre altesse, m'accueillit le responsable que j'avais rencontré l'an dernier. C'est un plaisir de vous revoir !
- C'est un plaisir pour moi aussi, répondis-je. Comment vont les enfants ?
- Je vais vous emmener les voir avant que tout le monde n'arrive.
"Tout le monde" c'était les dirigeants du centre, la ministre, le reste du personnel, les familles et la presse. Tout ce public allait arriver pour l'inauguration de la nouvelle aile de l'orphelinat.
On m'avait demandé d'être présente pour l'événement et de couper le cordon. Quand l'heure fut venue de l'inciser, je revendiquai la présence à mes côtés de la petite Lucie, la fillette qui avait attiré mon attention lors de la parade l'été dernier. Nous saisîmes ensemble la paire de ciseaux pour couper le ruban vert qui séparait l'ancienne partie de l'institution et la nouvelle.
À la fin de la journée, j'étais tellement fatiguée et mes pieds étaient tellement douloureux, que je me ruai directement vers mes appartements à mon retour au château de Laeken.
Quand j'entrai dans mon salon, j'y trouvai Edward assoupi dans le divan, avec Paco pelotonné dans le creux de son bras et Poppy allongée sur lui, mes 3 amours étaient si adorables endormis ensembles à points fermés. (N/A: La photo de cette scène si mignonne se trouve sur mon blog)
Je me dirigeai donc vers ma chambre sur la pointe des pieds et me vautrai sur le lit. Je fus réveillée par le baiser d'un prince charmant, en l'occurrence mon prince si séduisant.
- Bonjour mon amour, susurra-t-il. Longue journée ? Je ne t'ai pas entendu rentrer.
- Ereintante, répondis-je. Mais pour toi aussi apparemment. Tu dormais dans le divan, mais pas seul, alors je n'ai pas osé vous réveiller.
- C'est adorable de ta part. mais ta chienne est très endurante et autoritaire. Elle a voulu jouer toute l'après-midi et je n'ai pas pu lui dire non, se plaignit Edward.
- Mon pauvre chéri, tu t'es laissé marcher sur les pieds par un animal, ris-je.
Vexé par ma plaisanterie, son sourire se figea et il se jeta su moi pour me chatouiller.
- Edward, arrête ! le suppliai-je.
- Tu t'es moquée de moi ! se plaignit mon fiancé.
- Je ne le ferai plus, c'est promis ! jurai-je.
Il stoppa son titillement et vint s'allonger à côté de moi. Je remarquai alors qu'il avait enlevé sa blouse et qu'il était en caleçon. Je me passai la langue sur mes lèvres, mais je me sentais bien trop fatiguée pour faire quoi que ce soit. Je fermai les yeux à nouveau et le laissai me déshabiller, puis je m'endormis blottie contre son corps musclé.
*** LATP ***
Nonobstant la présence d'Edward au château de Laeken, nous ne nous voyions pas aussi souvent que nous l'aurions voulu. Je n'avais pas assez de temps libre pour le passez avec mon fiancé avant notre mariage. Entre les préparatifs pour celui-ci, la fête nationale qui arrivait et toutes les visites à côté, j'étais très occupée à courir d'un endroit à un autre. Qui plus est, une partie de la famille Volturi avait fait le déplacement depuis l'Italie pour les célébrations.
Ainsi le prince Aro de Volterra avait laissé la régence provisoire de la principauté à son fils unique, le prince héréditaire Santiago. Il était arrivé en Belgique avec son épouse, la princesse Sulpicia et leurs 2 petits-enfants, Alec et Jane, les jumeaux que leur fils unique avait eu avec sa première épouse maintenant décédée.
Du peu que je les connaissais, je me souvenais que la fille était un peu fouineuse, tandis que son frère était plus effacé.
- Isabella ! Tu es devenu une belle jeune femme, s'exclama mon grand-oncle, avec son accent italien, quand il me vit.
- Merci Oncle Aro, lui répondis-je. Et toi tu es devenu très vieux, ajoutai-je dans ma tête, sans le dire à voix haute.
- Alessandro, Non pensi che Isabella sia una bella ragazza ?*1 demanda-t-il ensuite à son petit-fils.
- Si Nonno*2, répondit alors ce dernier, les joues empourprées.
Il devait sans doute être aussi gêné que je l'étais par la réflexion du vieil homme.
- C'est dommage qu'Isabella ne se soit jamais intéressé à lui, entendis-je Aro dire à ma mère dans la langue de Dante.
Si ce seigneur toscan s'imaginait que je ne le comprenais pas, il se mettait le doigt dans l'œil. En plus des 3 langues nationales, je maitrisais parfaitement la langue de Shakespeare depuis ma scolarité au Pays de Galles, mais ma mère m'avait également appris sa langue maternelle.
J'avais entendu dire que le prince de Volterra avait l'aspiration d'être "le beau-père de l'Europe" du 21e siècle; comme la reine Victoria et le roi Christian IK du Danemark** l'avaient fait moins de 200 ans plus tôt. Il était déjà apparenté à la plupart des monarchies du continent. En voulant me caser avec Alec, il aurait eu une plus grande prise sur la Belgique. Il avait d'ailleurs souhaité présenter Jane à mon frère, avant que celui-ci ne rencontre la mégère qu'il avait fini par épouser. Maintenant qu'il était divorcé, je remarquai qu'il essayait à nouveau d'imposer sa petite-fille à Mike. Cependant, celui-ci faisait tout pour éviter de passer du temps avec nous, alors que je faisais visiter la ville aux 2 jeunes Volturi.
Alors que je longeais un couloir pour retourner à mes appartements, j'entendis chuchoter.
- Je n'ai pas très envie d'en parler à Bella pour l'instant, dit une voix masculine que je reconnus être celle de Mike.
- Si elle me voit ici, elle va me poser des questions ! entendis-je répliquer une femme que j'étais sure de connaitre.
Je m'approchai encore un peu plus pour mieux voir de qui il s'agissait et quelle ne fut pas ma surprise de reconnaitre Angela Weber.
- Angie ?! m'exclamai-je, confuse de la surprendre à Bruxelles en avance.
- Oh Bella ! s'étonna mon amie, l'air mal à l'aise.
- Et zut ! grommela mon frère aussi bas que possible, mais en vain.
- Qu'est-ce que tu ne veux pas me dire ? lui demandai-je alors, contrariée mais curieuse de savoir ce qu'il voulait me cacher.
- Euh … désolé Bella mais ce ne sont pas tes affaires ! me répondit-il.
- Michael! s'indigna mon ancienne colocataire. Parle autrement à ta sœur !
- Pardon ! s'exprima mon frère.
Je vis dans ses yeux qu'il le pensait et me demandai pendant une seconde pourquoi il s'était si vite soumis, lui qui cherchait souvent le conflit avec moi. Alors je compris ce qu'il se passait.
- Non ?! m'extasiai-je en les regardant tour à tour. Vous êtes … mais depuis quand ?
- Depuis qu'il est venu à Londres pour le Trooping the colour, avoua Angela.
- Mais s'il te plait, ne dis rien à personne ! me supplia Mike. Je ne veux pas que la presse l'apprenne et commence à nous pouchasser pour avoir des photos de nous.
- Juste à Edward et Alice, je ne peux rien leur cacher, lui dis-je. Et de toute façon Angela sait très bien qu'Ali l'apprendra assez vite sans mon aide ! ajoutai-je en voyant un signe de protestation sur son visage.
Ainsi je m'empressai d'aller retrouver mon fiancé pour lui apprendre la nouvelle mais attendis que sa sœur arrive avec le reste de la famille, pour lui confier ce secret.
Le lendemain, j'appris que mon père avait fait annoncé, via la page officielle des réseaux sociaux de la famille, le jugement prononcé du divorce du prince Michael et de Lady Jessica Stanley. Puisqu'il était demandé à cause d'une infidélité prouvée, il avait pu être exécuté rapidement, ainsi cette mégère avait donc perdu tous ses droits en Belgique.
*** LATP ***
Comme je l'avais précisé plus tôt Jane ne pouvait pas s'empêcher d'être curieuse et de poser trop de questions personnelles. C'était une vraie fouille-merde. En plus de commenter le divorce de mon frère, elle demandait sans arrêt pourquoi il ne passait donc pas plus de temps avec nous. Elle voulait surement dire avec elle. Aro n'attendait que ça et lui avait probablement monté la tête pour qu'elle se jette dans ses bras, vu que ça n'avait pas fonctionné pour son frère avec moi. Mais comme Mike se cachait, elle profitait parfois que je ne la regardais pas, pour flirter ouvertement avec Edward, qui dû la remettre à sa place.
- Depuis combien de temps êtes-vous ensemble ? me demanda-t-elle un jour.
- Un certain temps, répondis-je évasivement.
- Vos fiançailles ont été rapides, non ? et elles sont courtes. Tu es enceinte ?
- Mais de quoi tu te mêles ? m'énervais-je. Où vas-tu chercher ça d'ailleurs ?
- Juste une déduction, ne t'énerve pas ! Mais ne t'inquiète pas, je ne dirai rien, dit-elle avec un sourire narquois.
- Pense ce que tu veux ! répliquai-je, ne voulant pas poursuivre cette conversation.
- D'ailleurs, comment allez-vous gérer quand tu seras reine? ça risque d'être frustrant pour lui de rester derrière. On sait ce que ça donne dans leur famille.
J'imaginais qu'elle devait faire référence à la crainte d'Elizabeth, après ce que son mari lui avait fait subir, devant également toujours rester en retrait lorsqu'il était encore en vie.
À la différence de son pays, Edward ne resterait pas prince mais obtiendrait le titre de roi-consort, une première en Belgique mais aussi pour une monarchie européenne.
- Nous avons convenu que je serais le boss en public, et lui le serait dans la chambre ! lui répondis-je sèchement, espérant lui fermer sa bouche par la suite.
*** LATP ***
Lorsque le reste de la famille Cullen arriva, je pris Alice par la main pour la conduire dans mon salon et discuter loin d'oreilles indiscrètes, comme celle de Jane Volturi.
- J'en ai appris une bonne il y a quelques jours ! révélai-je à mon amie.
- Raconte-moi ! me pressa-t-elle alors excitée.
- J'ai croisé Angela ici la semaine dernière …
- Que faisait-elle à Bruxelles ? m'interrompit-elle. Elle est venue te voir ?
- Ce n'était pas pour moi qu'elle était au château !
- Arrête détourner autour du pot et accouche ! grogna ma future belle-sœur.
- Elle était là pour Mike ! lâchai-je. Ils se voient en cachette depuis plus d'1 mois !
- Mike et Angela ?! Ça lui change de l'autre pimbêche ! mais c'est bien, non ?
- Les filles ! nous interpela Edward. Arrêtez de jaser et laissez-les en paix !
J'étais contente de voir mon homme soutenir mon frère. Ça montrait qu'ils avaient apparemment déjà nouer un certain lien d'amitié et ça me faisait plaisir.
Nous passâmes la journée au château du Belvédère, l'ancienne demeure qu'occupait mes parents avant le décès de mon grand-père et donc de l'accession au trône de Charlie.
Ce dernier nous avait annoncé à Edward et moi, que nous irions nous y installer après notre mariage. Bien que Michael était plus souvent au château principal qu'au Stuyvenberg, j'avais préféré le lui laisser, ne souhaitant pas emménager où la sorcière avait séjourné avant qu'elle ne soit virée à coup de pieds par mon frère.
Nous passâmes le reste de la journée au château du Belvédère, l'ancienne demeure de mes parents, avant que Charlie monte sur le trône à la mort de son père. Je ne souhaitais pas aller m'installer au Stuyvenberg, mon frère étant revenu habiter au château principal. Il n'y avait pas moyens que je vive au même endroit où la sorcière avait vécu avant que Mike la vire.
Alice me donna quelques conseils pour redécorer, puisque Edward et moi nous y installerions après le mariage, jusqu'à ce que je succède à mon père, retournant alors à Laeken.
*** LATP ***
Nous étions le 20 juillet, veille de la fête nationale et chaque année à cette date, ainsi qu'à Noël, le souverain s'adresse au peuple belge pour partager avec la nation son ressenti sur la situation de l'année écoulée dans le monde et du pays. Ce discours était chaque fois retransmis à la télévision, mais cette année, je l'attendais avec une certaine anxiété. J'allumai la télé de mon salon, juste avant le journal, et m'assis blottie contre Edward pour l'écouter.
«Mesdames et Messieurs,
C'est avec émotion que je m'adresse à chacune et chacun d'entre vous aujourd'hui.
Je suis entré dans ma 20ème année de règne et je constate que ces derniers temps, ma santé ne me permet plus d'exercer ma fonction comme je le voudrais.
Ce serait manquer à mes devoirs et à ma conception de la fonction royale que de vouloir me maintenir en exercice à tout prix, sans être en mesure d'assumer pleinement mon rôle.
C'est une question élémentaire de respect envers les institutions et envers vous, chers concitoyens.
Après près de 20 ans de règne, j'estime donc que le moment est venu de passer le flambeau à la génération suivante.
Je constate que la Princesse Isabella est bien préparée pour me succéder. Elle jouit avec le Prince Edward de de toute ma confiance. La Reine Renée et moi sommes enchantés de les voir se marier le mois prochain. C'est également un honneur de voir ma fille devenir la première femme à régner sur notre nation.
Au fil des années, notamment dans le cadre des missions économiques menées à l'étranger, la Princesse a montré combien ses engagements envers notre pays lui tiennent à cœur.
Et par-dessus tout, avec le temps j'ai appris que notre pays peut compter sur un atout extraordinaire, VOUS mes chers concitoyens!
Avec une population si riche de ses talents, de sa diversité, de son énergie, de sa générosité, l'avenir de notre pays est entre de très bonnes mains!
C'est donc avec sérénité et confiance, que je vous fais part de mon intention d'abdiquer le 21 juillet 2032, jour de notre fête nationale, en faveur de la Princesse héritière, ma fille Isabella.
Tout au long de mon règne, une conviction profonde a guidé ma conception de la fonction royale.
Le rôle du Roi des Belges et sa légitimité est de se mettre au service de la démocratie et de ses concitoyens, seuls titulaires de la souveraineté.
À cet égard, l'institution royale doit continuer à évoluer avec son temps.
Comme de coutume je m'adresserai encore à vous le 20 juillet de l'année prochaine, et je participerai avec la Reine et les nouveaux Souverains aux cérémonies du 21 juillet.
Je souhaite déjà vous dire que ce fut pour moi un privilège et une chance d'avoir pu consacrer une large partie de ma vie au service de notre pays et de sa population.
La Reine Renée et moi n'oublierons jamais tant de liens chaleureux tissés avec toute la population durant ces 20 dernières années.
Nous vous remercions pour la confiance que vous nous avez témoignée, pour vos gestes de sympathie et de soutien même empreints parfois de quelque critique. Sachez cependant que vous nous avez toujours été très chers.
Nous gardons dans notre cœur le souvenir de nombreuses rencontres dans des moments joyeux, mais aussi lors de grandes épreuves.
Bien entendu, la fin de mon règne ne signifie pas que nos chemins maintenant se séparent. Bien au contraire!
La Reine et moi vous souhaitons une belle Fête Nationale. Vive la Belgique!»
Ce dont je redoutais arriva. Dans un an j'allais devenir reine, une très jeune reine. Mise à part la grand-mère d'Edward, c'est une chose qui n'arrivait plus souvent, depuis que l'amélioration des soins de santé permettait aux souverains de vivre plus longtemps et donc à l'héritier d'accéder au trône à un âge plus avancé que le mien.
- Darling, est-ce que ça va ? me demanda mon fiancé. Tu es blanche comme un linge ! Tu ne t'y attendais pas ?
- Non… Si… Enfin… j'avais un doute, avouai-je. Mais j'espérais qu'il attendrait que nous soyons mariés depuis plus longtemps que seulement 11 mois !
- Apparemment sa santé ne lui permet plus d'exercer sa fonction, il attendait probablement que tu sois mariée, mais pas trop longtemps tout de même.
- Mais nous n'avons même pas un an et je t'assure que cette première année de mariage ne sera pas de tout repos avec ça et la 2ième non plus surement !
C'était ce que je craignais le plus. Avec cette année pour parachever ma formation et ensuite une autre année pour faire mes preuves en tant que reine débutante, les 2 prochaines années allaient être très chargée, laissant peu de temps à Edward et moi pour gouter aux joies des jeunes mariés. D'autant plus que je n'aurais pas tout mon temps pour avoir un héritier.
Le lendemain matin, je dus faire preuve de retenue pour ne pas montrer mon désarroi, lorsque Edward et moi rejoignîmes mes parents pour le traditionnel Te Deum de la fête nationale, à la cathédrale Saints Michel-et-Gudule, là où nous nous mariions dans moins d'un mois.
A la sortie de la messe, je vis une foule derrière les barrières avec des petits drapeaux belges.
- Princesse Isabella ! entendis-je crier.
Je me dirigeai vers les cris pour aller saluer mes futurs sujets.
- Merci d'être venu, leur répondis-je.
- Félicitations pour votre mariage à venir, me dit une dame parmi les gens.
- Merci, dis-je à nouveau. C'est gentil de votre part.
- On pense que vous serez une bonne reine! scanda une autre personne.
- Merci beaucoup, répétai-je. Je l'espère en tous cas.
Après un petit moment à discuter avec le public, je me rendis au palais royal pour grignoter quelque chose, avant d'enfiler ma tenue de militaire. J'allais défiler avec mon ancienne promo de l'école royale militaire. A cette occasion, je repensai à l'époque où j'avais fait mes armes, pour me préparer à ma futur fonction de colonel en chef des armées belges.
Je fus rejointe par mon frère, lui-aussi en uniforme et prêt à défiler. Mike était également rentré dans l'armée l'année après moi, mais contrairement à moi, y était resté.
- Tu es très élégante dans cet uniforme! me lança mon père en arrivant vers nous.
- Merci, dis-je aujourd'hui pour la millième fois.
- Sire ! le photographe interpela le roi. On y va pour la photo avec vos enfants.
Charlie fit un signe de la tête et nous nous plaçâmes, Michael et moi, chacun de son côté et posâmes pour des photos à l'occasion de la fête, la dernière pour Charles 1er en tant que roi.
Tandis que ce dernier alla rejoindre la reine dans la tribune royale le long de la rue, mon frère et moi partîmes rejoindre nos régiments pour le défilé qui commença à 14 heures.
Après notre passage, nous allâmes rapidement nous changer pour nos uniformes de cérémonie et courûmes rejoindre Edward dans une des tribunes, pour la fin du défilé, la partie civile.
À la fin, les haut-gradés militaires repassèrent devant le roi, que nous saluâmes et ils firent place ensuite au passage des avions de la force aérienne dans le ciel, où les couleurs du drapeau apparurent, laissées par les trainées des appareils volants.
La journée de célébration se termina par un grand diner avec nos invités et les membres du gouvernement, plus quelques citoyens importants qui avaient été triés sur le volet. J'avais alors troqué mon habit de lieutenant-colonel pour une longue robe dorée en dentelle recouverte de fleurs brodées, ainsi que toute la panoplie assortie. À la suite du fastueux repas, un bal se tint au palais, auquel les plus jeunes dansèrent pendant une bonne partie de la nuit.
Lorsque les Cullen repartirent pour Londres 2 jours plus tard, c'est avec regret qu'Edward les suivit pour faire ses derniers paquets, afin de venir s'installer définitivement au Belvédère.
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N/A:
*1 Alessandro, Non pensi che Isabella sia una bella ragazza ? = Alec, ne trouves-tu pas qu'Isabella est une belle jeune fille?
*2 Si, Nonno = oui, Grand-père
** la reine Victoria du Royaume-Uni et surtout le roi Christian IK du Danemark étaient surnommés les beaux-parents de l'Europe, ayant marié leurs nombreux enfants à plusieurs membres de familles royales ou de la haute noblesse européennes. L'héritier de la reine britannique a épousé une des princesses danoises.
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