mercredi 19 février 2025

Chapitre 18 : Funérailles et couronnement

 

Novembre 2030

Après l'annonce du décès d'Elizabeth, le Royaume-Uni avait donc décrété 10 jours de deuil national, au bout desquels se tiendraient des funérailles d'état en grandes pompes à Westminster Abbey.

Malgré la conversation que j'avais eu avec Edward après son retour de l'hôpital, et la promesse qu'il m'avait faite de ne plus me laisser, il avait été distant tout au long de cette période de deuil.

Sans compter que "l'institution" nous avait expressément demandé de ne pas apparaitre ensemble en public, tant que le nouveau roi, en l'occurrence Carlisle, n'avait pas officiellement donné son approbation à notre relation. Connaissant le nouveau souverain, je doutais qu'il désapprouve.

Je voyais bien qu'il ne pleurait pas, bien que la tristesse se lisait sur son visage. Je ne savais donc pas comment me comporter avec lui, même lorsque nous étions en privé à Kensington Palace.

Ainsi, lorsque mes parents arrivèrent à Londres pour venir se recueillir devant le cercueil avant l'enterrement, je décidai de rester avec eux, tout en me tenant à distance de Jessica.

- As-tu pu discuter avec Edward avant le drame ? me demanda ma mère.

Je vérifiai autour de nous que nous étions seules pour parler sans oreilles indiscrètes.

- Oui, lui avouai-je. C'est d'ailleurs ce qui a causé une crise cardiaque à Elizabeth !

- Quoi ? !s'exclama-t-elle. Tu veux dire quoi par « c'est ce qui a causé sa crise cardiaque » ?

- Après notre discussion avec Edward, il est allé parler à sa grand-mère pour la faire céder. Mais apparemment ça s'est mal passé. Elle s'est énervée et a fait un malaise. Il semblerait qu'elle n'ait pas dit à la famille que son cœur s'était affaibli depuis la perte de son mari !

- Elle a caché qu'elle avait des problèmes de santé ? s'étonna Renée.

- Visiblement, c'est ce qu'elle a fait, ou pas fait !

- Et maintenant ? Qu'en est-il entre Edward et toi ?

- Il m'a promis de ne plus me laisser, mais il reste distant et froid avec moi, même en privé !

- Dis-toi qu'il doit être perturbé par ce qui est arrivé, d'après ce que tu viens de me dire ! J'imagine qu'il doit se sentir un peu responsable, si c'est arrivé pendant qu'ils discutaient.

- Il m'a confié qu'ils se sont fâchés l'un contre l'autre et donc qu'il pense que c'est sa faute si elle a fait une attaque et tout ça. Je ne sais pas quoi faire, parce que j'aimerais le rassurer que ce n'est pas lui, mais plutôt moi, je l'ai obligé à aller lui parler et se révolter. Mais si je lui dis ça et qu'il l'admette, je pourrais le perdre à nouveau ! pleurai-je.

Ma mère me prit dans les bras et me réconforta, après avoir séché mes larmes. D'après le peu qu'elle avait vu de lui, il paraissait effectivement triste, mais elle avait vu de l'affection dans ses yeux, lorsqu'il les avait posés sur moi, quand je les avais rejoints sa famille et la mienne.

La veille de la cérémonie funéraire, nous allâmes faire la file à Westminster Hall, afin d'aller saluer une dernière fois la vieille peau qui avait servi de reine au Royaume-Uni pendant un peu plus de 30 ans.

« Bon débarras ! »pensai-je alors que je me courbais devant son cercueil.

Maintenant qu'elle n'était plus là, plus rien ne s'opposait entre Edward et moi et probablement que je n'aurais pas à me marier sans amour ou à laisser le trône à mon frère.

Lorsque nous quittâmes le palais pour nous rendre à Westminster, il pleuvait et tous les gens qui attendaient dans les rues pour se recueillir avaient sorti leurs parapluies.

L'office fut assez traditionnel, donc un peu ennuyeux. J'aperçus Edward qui ne devait pas s'être rasé depuis plusieurs jours. Il avait une main devant ses yeux, comme pour les cacher. Peut-être était-il enfin arrivé à verser une larme pour sa grand-mère.

Lorsque nous sortîmes de Westminster Abbey, la pluie s'était arrêtée pour faire place à un soleil radieux, inhabituel pour un mois de novembre dans la capitale anglaise.

Le cortège funéraire roula en direction de Windsor, là où la reine voulait reposer, auprès de son époux. Alors que nous nous dirigions tous à nouveau vers le palais, deux arc-en-ciel, dont un plus effacé, étaient apparu au-dessus du Victoria Memorial, juste devant Buckingham. On nous avait dit qu'il y en avait également eu un au même moment sur Windsor.

Beaucoup de monde et la famille en premier, voulait y voir le présage du prince Consort Edward qui accueillait son épouse dans les cieux. Je voulais croire, et Edward également, que celui que nous avions vu plus tard au-dessus du château de Windsor, était un message de la reine, qui donnait finalement son accord à son petit-fils et moi. Alice approuva d'ailleurs cette pensée.

*** LATRP ***

Le lendemain, tandis que mes parents rentrèrent à Bruxelles, je décidai de rester un peu plus longtemps en Angleterre auprès des Cullen, mais surtout près d'Alice et Edward.

Les commémorations de l'Armistice, célébrées chaque année le 11 novembre et appelé le Poppy Day en Angleterre, avait été reportées à cause de la période de deuil national. Trois jours après le décès de la souveraine, ça aurait été trop tôt pour célébrer les morts de la 1ère guerre mondiale du siècle passé. Tout comme la fête du roi en Belgique, qui devait se tenir le 15, avait également été déplacée pour permettre à notre famille d'être présente pour les Masen-Cullen.

La famille royale britannique décida de continuer à porter leurs vêtements noirs pour la semaine des célébrations du souvenir et y ajoutèrent la broche de coquelicot en papier habituelle, symbole des champs de coquelicots dans lesquels beaucoup de soldats britanniques étaient tombés en 1915.

J'adoptai comme eux la tenue sombre et la fleur, me rappelant que ma Poppy m'attendait en Belgique, où il me faudrait bientôt retourner.

Lors de cette semaine, je fus convoquée à Buckingham, dans le bureau de la reine, devenu celui du roi Carlisle. Il m'y attendait avec un sourire, ce qui apaisa les craintes que j'avais avant d'y arriver.

- Isabella, bonjour ! me salua le nouveau souverain britannique.

Je fis une légère révérence, maintenant qu'il était un rang au-dessus du mien, le protocole l'exigeait.

Il me fit la bise sur chaque joue et me pria de m'assoir face à lui. Ce que je fis après avoir enlevé ma veste. Il faisait trop chaud dans cette pièce, ou était-ce moi qui transpirait à cause du stress.

- Votre majesté, dis-je pour le saluer en faisant ma courbette.

- Pas de ça entre nous Bella, tu fais partie de la famille et encore plus maintenant.

- Que voulez-vous dire par là ? lui demandai-je étonnée par ses propos.

- Maintenant que ma mère n'est plus là pour s'y opposer, je ne vois aucun inconvénient à ce que tu sois avec Edward ? Au fait, est-ce sérieux entre vous ou juste une passade ?

- Oh ?! Euh… J'aime à penser que c'est sérieux. En tous cas, ça l'est pour moi ! affirmai-je.

- Je suis ravi de l'entendre ! dit le roi. Dans ce cas, si Edward me confirme la même chose, nous pourrons annoncer votre relation et donc l'officialiser.

Un soupir de soulagement s'échappa de mes lèvres, ce qui fit rire mon probable futur beau-père.

Lorsque je sortis de son bureau, j'eus la surprise de rentrer dans mon amant. Edward se tenait devant moi, prêt à entrer à son tour dans la pièce de son père.

Il me salua avec son magnifique sourire en coin, auquel je répondis, sentant mes joues s'enflammer.

Ne sachant pas ce que je devais faire à présent, j'allais rejoindre Alice qui était restée dans ses anciens appartements à Kensington Palace. par contre, je découvris qu'elle n'y était pas et jasper non plus.

En revanche, un mot figurait sur la table de chevet de la chambre où je séjournais depuis qu'on avait quitté Windsor. J'étais invitée à un repas familial à Buckingham le soir même.

Je revêtis une robe-manteau en soie mauve, mis mes chaussures de la même couleur, puis pris ma pochette assortie et à 17 heures 30 précises, une voiture m'attendait pour me ramener au palais, ou tout le monde m'attendait.

Lorsque le véhicule passa les grilles, je vis Edward accourir à ma rencontre. Dès que le chauffeur s'arrêta, Il m'ouvrit la porte sans attendre et m'attrapa pour m'embrasser à pleine bouche, un baiser auquel je répondis avec autant de fougue.

- Je peux enfin te toucher et t'embrasser quand je veux ! s'exclama-t-il après.

- Tant mieux alors, parce que je ne peux plus m'en passer, répliquai-je.

Il m'embrassa une fois de plus et pris ma main pour m'emmener rejoindre la famille. À peine eus je le temps d'entrer dans la pièce, qu'Alice me sauta dessus pour me serrer dans ses petits bras si forts.

- Alice, lâche-là ! lui ordonna son frère.

- Oh Eddie, je peux bien féliciter ma meilleure amie ! se plaignit le lutin.

-Tu m'étouffe, comme d'habitude, grognai-je.

Je passai dans tous les bras pour des accolades, finissant par le père de famille et jeune roi.

Celui-ci convint de sortir un communiquer dans la presse conjointement avec son homologue belge, mon père, afin d'officialiser la relation entre Edward et moi.

*** LATRP ***

Quelques jours plus tard, je les accompagnai donc lors d'une sortie des nouveaux souverains avec leurs enfants et les compagnons respectifs. Ainsi, j'étais publiquement présentée au peuple. Nous fûmes tous conviés à assister à l'avant-première du nouveau film de Disney.

Pour l'occasion, Edward et moi étions plus ou moins assortis ; puisque l'intérieur de la veste de son costume était de la même couleur que la tenue verte que je portais.

Ce fut ensuite à mon tour de présenter mon compagnon à la Belgique, en l'invitant au Te Deum organisé pour la fête du roi, qui avait été reportée en conséquence des funérailles.

Pendant ce temps, les préparatifs pour le couronnement de Carlisle et Esmée battaient leur plein. Ils avaient décidé de ne pas attendre trop longtemps et d'organiser une cérémonie plus rapidement que les monarques précédents, et donc moins fastidieuse et fastueuse que pour les prédécesseurs.

*** LATRP ***

Début décembre, je retournai alors à Londres pour escorter mon petit-ami à l'intronisation de son père, où je fus rejointe par mes parents, mon père était invités en tant que chef d'état, ainsi que son épouse.

J'avais opté pour une robe arrivant sous les genoux de la couleur bleu-roi, avec le chapeau, la pochette et les chaussures de la même couleur. Edward adorait me voir dans cette couleur, très appropriée en plus pour le couronnement d'un roi.

Edward et Emmett avaient revêtu leurs habits militaires pour l'occasion, ainsi que Jasper.

Pour la cérémonie qui avait lieu à Westminster Abbey, comme tous les couronnements depuis Guillaume Le Conquérant en 1066, Esmée était habillée d'une superbe longue robe cape bleu roi et portait la couronne sertie de saphirs, qui avait appartenu à la mère de la reine Elizabeth.

Carlisle portait son habit militaire et arborait une cape en hermine et une écharpe aux couleurs de la monarchie. La pierre de destinée, ramenée d'Écosse, fut placée sous le trône, comme la tradition l'exigeait depuis le roi Edouard II en 1306. Les nouveaux souverains de Grande-Bretagne traversèrent l'allée de la cathédrale, pour rejoindre la chaise du couronnement sur laquelle le roi s'assit, tandis que son épouse, la reine consort, se tint debout à ses côtés.

- Promettez-vous et jurez-vous solennellement de gouverner les Peuples du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord, du Canada, d'Australie, de Nouvelle-Zélande et de vos possessions et autres territoires du Commonwealth selon leurs lois et coutumes respectives ? questionna l'archevêque de Canterbury.

- Je le promets solennellement, répondit le roi.

- Voulez-vous, dans la mesure du possible, rendre tous vos jugements avec clémence selon la loi et la justice ?

- Je le veux !

Au cœur de l'abbaye, l'archevêque de Canterbury posa délicatement, sur la tête de Carlisle, le plus prestigieux des symboles de la souveraineté: la fameuse couronne de Saint Edouard sertie de plus de mille pierres précieuses. À cet instant précis, des milliers de voix s'élèvent pour scander

«God save the King !».

- Je déclare devant vous tous que je consacrerai toute ma vie, qu'elle soit longue ou courte, à votre service et au service de de la grande famille du Commonwealth à laquelle nous appartenons, jura ensuite le nouveau souverain, comme l'avait fait sa mère une trentaine d'années plus tôt.

En tant qu'héritier et nouveau prince de Galles, Emmett s'agenouilla devant son père, afin de prêter serment d'allégeance à son nouveau roi, sous le regard ému de sa mère, la reine Esmée.

Après la cérémonie, un diner de réception fut organisé à Buckingham Palace, où tous les chefs d'états et leurs familles furent invités, ainsi que les membres du gouvernement les plus éminents.

*** LATRP ***

Après ça, les semaines passèrent assez vite entre Bruxelles et Londres. Je n'avais pas le temps de m'ennuyer. Je fus invitée à rejoindre la famille Cullen, pour célébrer Noël dans leur demeure de campagne à Sandringham dans le Norfolk à presque 200 km au nord de la capitale.

À notre arrivée, nous fûmes mitraillés par les paparazzi qui attendaient de voir la famille arriver au compte goute. Nous eûmes la chance de voir le domaine enneigé. Nous ne restâmes pas longtemps dans le manoir principal, Carlisle et Esmée ayant offert un cottage royal à chacun de leurs enfants, qui se situaient non loin de la résidence privée de la famille. Ainsi, Edward reçut York Cottage, se situant à un peu plus d'un kilomètre du palais. Ce fut là que nous passâmes tout notre temps libre pendant la semaine de vacances. Ce fut l'occasion de passer plus de moments en tête à tête avec mon homme, et de mieux nous connaitre pour l'occasion.

Le soir de Noël, nous fûmes tous conviés à un repas de famille qui se termina vers 23 heures. Passé cette heure, tout le monde repartit dans sa maison pour y passer la nuit.

Même si notre petit nid ne se trouvait pas très loin, on ne nous laissa pas rentrer à pied.

Dès que la voiture s'arrêta devant l'entrée du manoir, nous n'attendîmes pas que le chauffeur nous ouvre la porte et nous fonçâmes directement dans notre chambre, nous déshabillant au fur et à mesure que nous avancions dans la maison. Arrivés près du lit, nous étions déjà complètement nus.

Edward me jeta sur le matelas et laissa son corps tomber sur mien, puis me pénétra sauvagement.

Mes hanches se mirent d'elles-mêmes à bouger. Edward commença à se mouvoir en moi. Il me remplissait complètement. Nous étions enfin une seule et même personne. J'étais enfin entière. Plus il bougeait plus le plaisir m'emportait.

- C'est si bon, gémis-je.

- Tu es si … serrée, grogna mon amant.

- Plus vite !

- Oh mon dieu …

- Putain …

Mon compagnon avait considérablement accéléré ses mouvements. Seul nos gémissements et le bruit de nos corps qui claquaient l'un contre l'autre résonnaient dans la pièce. Je me sentais proche et je ne doutais pas qu'il le fut aussi.

Il était magnifique dans son plaisir. Tous ses traits étaient détendus. Ses mèches de cheveux étaient collées à son front, de la sueur en découlait. Il était tellement sexy que je passais ma main dans ses mèches pour les décoller de son front ce qui lui fit ouvrir ses yeux et me regarder.

- Bellaaaaa, geignit-il.

- Ed … plus fort ! le suppliai-je.

- Putain …. C'est tellement ... bon !

- Hum ….

- C'est si … bon … d'être … en toi

- Plus vite !

Je n'en pouvais plus, c'était comme être au bord d'un précipice dont j'avais envie de tomber.

- Bella … je vais …

- Moi aussi …Oh mon dieu … j'en peux … plus !

- Jouis avec moi

- Je vais …

C'était tellement bon. Le plaisir grimpait en flèche. Mon ventre se contracta violemment. Je savais que j'y étais presque.

- Oh mon dieu …. je …. je … bégayai-je.

- Vas-y, jouis pour moi ! Ses paroles me firent jouir d'une intensité sans précédent.

- PUTAIN EDDDWWWARRDDD !

- MERDE BEELLLAAA !

Je m'écroulai sur le lit tandis qu'Edward se laissa tomber sur moi. Je le pris alors dans mes bras. Nous étions couverts de sueur et nos cœurs battaient à l'unisson. J'avais du mal à reprendre ma respiration, tout comme lui. Il remua et voulu se remettre sur le lit. Mais je m'agrippais à lui, le bloquant avec mes jambes.

- Reste encore un peu, lui demandai-je. J'aime te sentir en moi.

- J'aime aussi être en toi …

- Si tu savais comme je t'aime Edward. Je me sens enfin complète maintenant encore plus quand tu es en moi !

- Je t'aime tellement, je suis entier pour la première fois de ma vie grâce à toi.

Nous restâmes un bon moment dans les bras l'un de l'autre. Malheureusement, il devait bien finir par se retirer. Je gémis de frustration à la perte de lui en moi.

- Je sais ce que tu ressens. Je me sentais comme chez moi, quand j'étais en toi. J'aimerais y rester pour toujours !

- Moi aussi ! avouai-je.

Je commençais à somnoler. Edward me prit dans ses bras et me glissa sous la couverture.

Je me mis sur mon flanc gauche (c'était ma position préférée pour dormir) tout en l'entraînant avec moi. Je ne voulais pas perdre son contact. Sentir son corps nu contre le mien était la meilleure des sensations au monde. Il m'embrassa l'épaule.

- Je t'aime plus que tout au monde. Dors mon ange et joyeux Noël ! souffla-t-il.

Je pris sa main droite et entrelaça nos doigts avant de les poser sur mon sein gauche là où battait mon cœur pour lui et rien que pour lui pour toujours et bien plus encore.

- Joyeux Noël mon amour. Je t'aime, murmurai-je avant de m'endormir profondément.

*** LATRP ***

Au matin, nous retournâmes au palais pour prendre le petit-déjeuner en famille, avant que l'équipe de tournage n'arrive pour filmer le discours de Noël du roi en direct.

Le reste des Cullen et leurs moitiés, ainsi que les enfants de Rosalie et Emmett, furent rassemblés dans le salon pour suivre le discours à la télévision.

« Cette année se terminée par de bons moments en famille, des instants fort accueillants après quelques semaines éprouvantes par les préparatifs rapides de mon couronnement, qui ont suivi le trépas de ma chère maman bien-aimée, la défunte reine. Elle repose désormais avec mon cher père. Je me souviens des lettres, des cartes et des messages profondément touchants que tant d'entre vous ont envoyés à ma femme et à moi-même, et je ne saurais assez vous remercier pour l'amour et la sympathie que vous avez manifestés à toute notre famille.

Noël est une période particulièrement poignante pour nous tous qui avons perdu des êtres chers. Nous ressentons leur absence à chaque tournant familier de la saison et nous nous souvenons d'eux dans chaque tradition adorée.

Malgré ces pénibles événements, cette année fut riche en bonheur pour. la reine Esmée et moi. Avec le mariage de notre fille, la princesse Mary-Alice, nous avons accueilli Sir Jasper Whitlock, un nouveau membre dans notre famille. Sans oublier notre fils cadet, le prince Edward qui a enfin trouvé l'amour en la princesse héritière Isabella de Belgique. Mon épouse et moi sommes enfin comblés de voir nos trois enfants amoureux et heureux… »

J'étais loin d'imaginer que Carlisle allait mentionner mon nom dans son discours. J'en fus tellement émue que je sentis les larmes me monter aux yeux. Edward vint caresser ma joue pour essuyer ces traitresses qui commençaient à couler et me tendit son joli sourire en coin que j'adorais tant.

*** LATRP ***

Après avoir passé quelques jours avec les Cullen, je dus rentrer en Belgique, mais je ne repartis pas seule. Edward m'accompagna pour fêter le Nouvel An à Bruxelles avec mes parents, lors d'un diner de réception avec toute la famille et les membres du gouvernement.

Pour la soirée, je me vêtis d'une robe noire tombant jusqu'au sol, recouverte d'un haut en dentelles avec de longues manches. Je portai les bijoux en or sertis d'onyx et en forme de cœurs qu'Edward m'avait offerts pour Noël. J'enfilai ensuite ma paire d'escarpins noirs et allai rejoindre mon homme.

Nous passâmes une bonne soirée avec ma famille, sans être trop dérangés par les ministres qui venaient présenter leurs vœux à mon père pour la nouvelle année.

Je remarquai tout de même leurs regards qui se posaient sur les mains d'Edward qui tenaient les miennes, un geste anodin pour deux personnes amoureuses, mais inopportun pour des membres de familles royales conservatrices.

Ça ne nous empêcha pas de faire l'amour passionnément à notre retour à Laeken.

*** LATRP ***

Chapitre 17 : Querelle dramatique

 


7 novembre 2030

[PDV Edward]

Cette fois, j'étais décidé à ne pas abandonner Bella. J'allais lui faire entendre raison.

Lorsque je quittai Windsor pour retourner à Londres, j'étais déterminé à ne pas capituler devant ma grand-mère et la laisser, une fois de plus, dicter ma vie amoureuse.

Je m'étais laissé une journée de répit après avoir laissé Isabella chez ma sœur, afin de réfléchir à ce que j'allais dire à Granny pour atténuer son courroux contre moi.

Sans avoir demandé d'audience au préalable, je pris mon courage à deux mains et me rendis à Buckingham, prêt à défier la reine une bonne fois pour toute.

- Bonjour Votre Altesse, me salua une des assistantes de Sa Majesté. Que puis-je faire pour vous ?

- Je viens voir Granny, répondis-je fermement.

- Avez-vous rendez-vous avec Sa Majesté ? demanda-t-elle, sachant pertinemment que non.

- Je n'ai pas le temps d'attendre indéfiniment qu'on m'accorde une audience avec ma grand‑mère ! m'irritai-je. C'est assez important et urgent !

- Je comprends Votre Altesse, tenta-t-elle de me calmer. Mais c'est le protocole qui l'exige.

- Au Diable ce protocole ! lançai-je alors. Pourquoi ne pourrait-elle pas recevoir un membre de sa famille quand cette personne a besoin de la voir ?!

Elle essaya vainement d'apaiser mon impatience et finit par se résoudre à aller la prévenir.

- Edward, que se passe-t-il ? demanda Granny à son arrivée. On me dit que tu fais une scène !

- J'ai simplement demandé à vous voir mais on n'arrête pas de me rabâcher ce fichu protocole et j'en ai marre ! dis-je excédé.

- Surveille ton langage, jeune homme ! s'emporta-t-elle. Viens dans mon bureau.

Je la remerciai de me recevoir, lui répétant que c'était important et ne pouvait attendre. Elle pensa que j'allais lui annoncer quelque chose de grave. Je la rassurai, tout en la prévenant qu'elle n'allait sans doute pas apprécier. Elle me regarda par-dessus ses lunettes, me priant de continuer.

- En fait, j'ai décidé de ne plus me conformer à votre exigence ! lançai-je enfin.

- C'est-à-dire ? gronda la reine. Explique !

- Malgré votre avertissement, je vais poursuivre ma relation avec Isabella, lui révélai-je. Je compte même l'épouser un jour prochain !

- Tu sais ce qui t'attend si tu persiste sur cette voie ?

- En effet, je suis prêt à renoncer à mon titre, mon prédicat d'altesse royale et tout ce dont vous envisagerez de m'enlever. Tout ça pour être avec elle !

- Je vois ! et qui te dit qu'elle t'acceptera comme ça ou même que le gouvernement belge l'approuvera ? Tu sais que c'est eux qui donneront leur approbation ou non ?

- Dans ce cas, c'est elle qui renoncera au trône et le laisser à son frère !

Elle commençait à m'exaspérer et le ton montait petit à petit des deux côtés.

- Je ne te laisserai pas gâcher ta vie, mon garçon ! s'exclama Granny. Même s'il faut que je t'enferme dans la Tour. Isabella ne risquera pas de t'y retrouver !

- Vous êtes peut-être une bonne souveraine, mais probablement la pire des grand-mères !

- Tu vas me faire le plaisir de modérer tes propos ! se fâcha la reine en me pointant du doigt.

- Je ne sais plus quoi faire avec vous ! Vous préfèreriez que je sois malheureux, plutôt que de me laisser vivre ma vie ! Dans ce cas, je m'en vais et vous ne me reverrez plus ! m'emportai‑je en m'éloignant d'elle.

Alors que je quittais la pièce, j'entendis sa petite voix bredouiller.

- Ed… Ed-ward… re-reviens i-ci !

Je me retournai pour la voir une dernière fois et la vis s'effondrer au sol en un instant.

- Granny ? l'interpellai-je alors avec angoisse en me rapprochant d'elle. Elle semblait inconsciente, ce qui m'affola encore plus.

- Au secours, la reine a fait un malaise ! criai-je pour qu'on m'entende.

Un garde rentra et aperçut la reine sur le sol. Il m'écarta de ma grand-mère et partit demander de l'aide, pour revenir au plus vite auprès de sa souveraine.

Après plusieurs minutes à attendre sur le sol, effaré par ce qui se passait, je vis les médecins de la cour accourir dans la pièce et se jeter par terre pour l'examiner. Elle fut transportée par la suite sur une civière qui partit en hélicoptère vers le Royal London Hospital.

- Edward ? entendis-je m'appeler au bout de ce qui paraissait des heures.

Je levai les yeux vers cette voix et trouvai mon père debout devant moi, qui m'aida ensuite à me relever. Je constatai sur son visage que ses traits paraissaient soucieux.

- Je suis désolé, marmonnai-je. C'est ma faute !

- De quoi tu parles, fils ? demanda Carlisle. Rien n'est ta faute !

- Granny…

- A été emmenée à l'hôpital, répliqua-t-il.

- C'est moi qui aie dû provoquer son malaise, lui dis-je. Nous nous disputions.

Je réussis à tout raconter à mon paternel, pour ma relation avec Isabella, le refus de grand-mère et ma persévérance à continuer ma relation, malgré l'interdiction de la reine.

Il ne protesta pas contre mon insistance à être avec Bella. Au contraire, je perçus ce qui ressemblait à un léger sourire sur ses lèvres. Mais la situation le retenait de trop se réjouir.

Nous partîmes à la clinique pour avoir des nouvelles de Granny, où nous fûmes ensuite rejoints par tous les adultes de la famille. Je constatai que Bella avait également accompagné ma sœur.

*** LATRP ***

[PDV Bella]

J'attendais des nouvelles d'Edward depuis qu'il était parti la veille au matin. Il m'avait promis de ne pas se dégonfler et d'être ferme avec sa grand-mère sur notre relation.

Je voulais lui faire confiance, mais le fait qu'il m'avait déjà laissé tomber à 3 reprises, ne m'aidait pas.

Lorsque le téléphone d'Alice sonna, je cru que c'était lui qui cherchait à me joindre. Néanmoins, mon amie me fit non de la tête, pour m'avertir que ce n'était pas lui. Je vis alors son sourire s'effacer et l'inquiétude s'installer sur son visage. Je ressentis alors une légère inquiétude.

- Nous devons tout de suite aller à Londres, dit-elle après avoir raccrocher. On nous attend à l'hôpital le plus vite possible. Toi aussi Bella, viens avec nous !

À sa mention d'hôpital et qu'elle me demandait de les y accompagner, une bouffée d'angoisse m'envahit, à l'idée que ça pouvait être pour Edward, étant donné qu'il ne me rappelait pas.

- Que se passe-t-il ? m'inquiétai-je. C'est Edward ?

- Non, ne t'inquiète pas. C'est Granny ! Cependant, Edward était avec elle lorsqu'elle a fait son malaise et Papa m'a dit qu'il est secoué. Il l'a retrouvé pétrifié dans le bureau et aurait dit que c'était sa faute. Il se sent apparemment coupable. Je crois qu'il va avoir aussi besoin de ton soutien.

Le soulagement remplaça soudainement l'appréhension et je fus alors prise d'un vertige.

- C'est ma faute, en fait ! marmonnai-je en me rasseyant dans le divan.

- Bien sûr que non, me tranquillisa Alice. Il était temps que mon frère se rebiffe. Nous ne pouvions pas savoir que le cœur de Grand-mère était si fragile. Malgré son âge, elle a toujours semblé péter la forme ! Bref, il va avoir besoin de toi autant que de la famille. Et j'ai besoin de ma meilleure amie également.

Tandis que nous arrivâmes au Royal London Hospital, j'aperçus la presse devant l'entrée qui mitraillait tous ceux qui rentraient dans le bâtiment, en particulier la famille royale.

Une fois arrivés devant la chambre de la reine, Alice s'assit près de son père, suivie par son mari, alors qu'Edward était assis, seul, à l'écart des autres.

Je m'approchai de lui, mal à l'aise, me sentant un peu comme une imposture au milieu de cette famille qui n'était pas la mienne. Je posai ma main sur son épaule, sans obtenir ni un regard, ni une parole de sa part. il restait froid, sans réaction à ma tentative de réconfort. Je fus encore plus gênée.

Au vu de son attitude vis-à-vis de ma présence, je craignais fort qu'il me rejette à nouveau si la reine ne survivait pas à son attaque cardiaque. Je jugeai donc qu'il valait mieux que je m'éloigne pour les laisser entre eux et tentai donc de m'éclipser discrètement, en vain.

- Bella ? m'appela Esmée. Où vas-tu ? Tu repars déjà ?

- Euh… Je préfère vous laisser en famille, je ne suis pas à ma place ici !

- Balivernes ! Bella, tu fais partie de la famille ! me rassura-t-elle. Je sais qu'Edward parait distant en ce moment, me chuchota la princesse de Galles. Mais il va avoir besoin de toi, probablement plus que de nous.

Après avoir attendu quelques heures sans avoir constaté de changements, tout le monde rentra dormir, Carlisle et Esmée à Clarence House, leurs enfants à Kensington, où je suivis Alice et Jasper. Tandis que Maggie et son fils Éric (qui d'ailleurs, fort heureusement, ne m'avait pas adressé la parole) retournèrent au palais de St-James, là où ils résidaient tous les deux.

Le lendemain, alors que tout le monde était réuni dans le salon familial, soucieux en attendant des nouvelles de l'hôpital, le téléphone sonna et Emmett alla décrocher.

La famille était priée de se rendre au chevet de la reine au plus vite, car celle-ci ne montrait aucune amélioration et les médecins craignaient donc qu'elle ne passa pas une seconde journée.

Cette fois, je les laissai y aller sans moi, restant seule dans l'ancien appartement d'Alice.

Ce que nous redoutions tous, arriva vers 15 h, mais ce fut seulement trois heures plus tard que j'appris comme tout le monde l'information à la BBC, lorsque la chaine interrompit ses programmes.

« LONDON BRIDGE IS DOWN »*1

C'est ce qu''affichait l'écran, alors que je regardais une émission pour passer le temps.

Les présentateurs de la chaîne de télévision britannique apparurent, ayant apparemment tous adopté le même code vestimentaire — tailleurs, costumes et cravates noirs — pour annoncer simultanément le décès d'Élisabeth. Le pays entra alors dans une période de deuil national.

Je ne reçus pas d'appel d'Alice, ce fut à son retour à Kensington avec ses frères, que je fus informée qu'elle était bien décédée et ce depuis déjà plusieurs heures.

- Je suis désolée de ne pas t'avoir informé plus tôt, me dit Alice les larmes aux yeux. Nous n'avions pas l'autorisation de divulguer la nouvelle et j'étais trop accablée pour te parler.

- Je comprends, ne t'inquiète pas !la rassurai-je. Qui veut une tasse de thé ?

Personne ne répondit, je quittai la pièce pour me réfugier dans la cuisine et boire seule.

Au bout de quelques minutes, j'entendis des pas derrière moi et trouvai Edward debout, les yeux rivés sur le sol. Je voyais bien qu'il se retenait de pleurer, contrairement à sa sœur.

Je m'approchai de lui et fis une nouvelle tentative pour le consoler mais il s'écarta de moi.

- Je ne te mérite pas ! m'annonça-t-il d'une voix dure.

- Ça veut dire quoi ça ? l'interrogeai-je contrariée par ses mots et son attitude.

- Nous ne devrions pas continuer !

- Tu m'avais promis !protestai-je. Tu ne veux plus de moi, c'est ça ? dans ce cas, j'irai voir ailleurs ! m'exclamai-je avant de quitter la pièce.

- Tu es à moi et à personne d'autre ! gronda-t-il en me pourchassant dans le couloir. Tu me l'as promis toi aussi ! me rappela Edward.

Il me tira alors par le bras pour lui faire face et se jeta sur mes lèvres avec ferveur, m'embrassant avec ardeur. Il m'étreignit fougueusement, redoutant que je m'en aille.

Je lui rendis son baiser enflammé avec autant d'impétuosité que lui, entourant sa nuque de mes bras frêle. Je sentis alors ma jambe se soulever à la pin-up, comme une adolescente.

Il me souleva pour me prendre dans ses bras, ne décollant pas ses lèvres des miennes.

*** LATRP ***

[PDV Edward]

Lorsque nous arrivâmes tous à l'hôpital, à la demande des médecins, Granny était toujours inconsciente. Le docteur qui s'occupait de son cas nous conseilla de lui dire au revoir.

Son état ne s'améliorait pas et son cœur semblait ralentir de plus en plus. Elle, qui paraissait si invulnérable habituellement, avait l'air tellement fragile, allongée sur le lit d'hôpital avec tous les fils qui la reliaient à des machines. Peut-être que nous n'avions pas remarqué que sa santé s'était un peu dégradée depuis que Pops nous avait quittés l'an dernier. Même si leur relation avait été houleuse, elle l'avait aimé profondément, bien qu'elle ne le montrait jamais.

Ainsi, quand l'électrocardiographe afficha un tracé plat, nous comprîmes qu'elle était partie le rejoindre. Elle semblait plus paisible que lors de notre dernière conversation.

Cela ne m'empêcha pas de ressentir une certaine culpabilité. Si je ne l'avais pas provoquée, peut-être serait-elle encore en vie, Maintenant j'avais "tué" la reine et devait être châtié pour cela.

J'aimais Bella, aussi éperdument qu'on pouvait l'être à mon âge. Mais après ce que j'avais fait subir à ma grand-mère, je ne la méritais pas. Je ne pouvais pas rester avec elle.

Alice voulut prévenir Bella, mais un des conseillers de feu Sa Majesté l'en empêcha, prétextant qu'il ne fallait pas courir le risque que les médias l'apprennent trop tôt et l'annoncent au peuple avant même que le gouvernement et le Commonwealth aient tous appris la terrible nouvelle.

Quand nous rentrâmes à Kensington, nous suivîmes tous Alice dans ses anciens quartiers pour y retrouver Bella. Elle venait d'apprendre la nouvelle à l'instant par la télévision.

Alice lui confirma le triste événement, les larmes toujours aux yeux, et s'excusa de ne pas avoir téléphoné. Mais bienveillante qu'elle était, Bella la rassura, puis nous demanda si nous voulions du thé. Comme personne ne lui répondit, elle s'éloigna seule vers la cuisine où je l'y suivis.

- Je ne te mérite pas ! lui avouai-je lorsqu'elle vint vers moi.

- Ça veut dire quoi ça ? me demanda-t-elle d'un ton irrité.

- Nous ne devrions pas continuer !

- Tu m'avais promis !se plaignit Bella. Tu ne veux plus de moi, c'est ça ? dans ce cas, j'irai voir ailleurs ! s'exclama-t-elle ensuite, puis quitta la pièce.

- Tu es à moi et à personne d'autre !fulminai-je en la pourchassant dans le couloir. Tu me l'as promis toi aussi !lui rappelai-je alors.

Je l'attrapai ensuite pour la tourner face à moi et me jetai passionnément sur ses lèvres.

- Ne me quitte pas encore une fois ! me supplia ma jolie brune. Je ne l'encaisserai pas cette fois.

- Pardonne-moi, je ne sais plus ce que je dois faire !

- Embrasse-moi encore et promets-moi que tu ne m'abandonneras pas !

Je lui obéis avant que nous n'allâmes retrouver les 2 autres couples au salon, main dans la main. Leurs regards se posa d'ailleurs sur nos mains entrelacées, alors que nous rentrions dans la pièce. Nous nous retournâmes tous au même moment vers la télé toujours allumée et vîmes une vue sur le toit de Buckingham Palace avec le drapeau en berne.

*** LATRP ***

La semaine fut très intense. Je me retenais de pleurer, surtout en public, parce que c'était comme ça que nous avions été élevés. Ne pas montrer ses émotions était presque une règle chez les Cullen.

Lorsque nous sortîmes devant les grilles du palais, des fleurs, des peluches et des messages jonchaient le sol par centaines. Nous allâmes à la rencontre des gens pour les remercier de leurs attentions et leur serrer la main. Des centaines de mains étaient tendues sous notre nez pour que nous les touchions, les doigts souvent humides par leurs sanglots.

Le contact de toutes ces mains me rebutait et je détestais le sentiment que cela faisait naitre en moi. La culpabilité qui m'avait envahi depuis le moment où elle s'était effondrée devant moi, n'avait de cesse de me tourmenter, mais j'avais promis à Bella que je ne la laisserais plus. Je me sentais encore plus honteux de les voir chialer, alors que moi je n'arrivais pas à verser une larme.

Au lieu de pleurer la mort de ma grand-mère, je me contentai d'aller consoler les gens prostrés, effondrés parmi la foule de personnes qui attendaient devant Buckingham pour saluer une dernière fois sa dépouille. Celle-ci reposait dans son cercueil en écrin de chêne et de plomb, qu'elle avait fait faire pour l'occasion depuis plusieurs décennies.

Le cercueil royal, drapé de l'étendard royal utilisé en Angleterre, fut d'abord exposé dans la Bow Room à Buckingham pendant 2 jours, afin que la maison royale puisse lui rendre un dernier hommage, avant qu'elle ne soit transférée à Westminster Hall pour le public, avec la couronne impériale. Il y eut alors une foule monstrueuse qui attendait pour défiler et saluer leur souveraine une dernière fois. Des kilomètres de files parcouraient les rues du quartier, pour rentrer et se courber 30 secondes seulement devant la défunte reine.

Toute la famille alla également se recueillir devant le cercueil, chacun à son tour, des caméras braquées sur nous 24 heures sur 24. Bella avait été priée de rester à l'écart pendant la période de deuil. Nous ne devions donc pas nous montrer côte à côte.
J'espérais qu'elle comprenait.

Ce fut ensuite aux différents membres du gouvernement, les aristocrates du pays et les autres chefs d'état à défiler dans Westminster, parmi lesquels figurèrent les parents d'Isabella, accompagnés de leur fille, de leur fils et leur belle-fille. Bella se tenait d'ailleurs le plus loin possible de Jessica.

En fin de l'après-midi du 5e jour, les petits-enfants de la reine montèrent la garde aux 4 coins du cercueil, le dos tourné à celui-ci. Ainsi, Éric, Alice, mon frère et moi habillés de nos atours militaires, nous nous tînmes auprès du catafalque de notre défunte grand-mère, où nous veillâmes durant 15 minutes pour la traditionnelle «Veillée des Princes».

Plus tard dans la même soirée, un homme de 28 ans tenta de s'approcher du cercueil et fut arrêté après s'être emparé à deux mains de l'étendard royal servant de drap mortuaire. Il fut accusé d'avoir enfreint le Public Order Act*2. Il fut jugé médicalement inapte à participer à la procédure, ayant eu le délire que la reine n'était pas morte ou pas à l'intérieur du cercueil. Il fut libéré sous caution à condition d'être interné dans un hôpital psychiatrique. Malheureusement, ce ne fut pas le seul à délirer avec les mêmes propos saugrenus, que Sa Majesté n'était pas dans le cercueil.

Le lendemain à la même heure, ce fut le tour des enfants, donc de Tante Maggie et mon père de monter la garde auprès de la dépouille de leur mère, après que mon père eut une journée chargée en visite de chefs d'état-major de la défense et de différents homologues qui venaient lui présenter leurs condoléances et s'incliner devant le nouveau roi d'Angleterre, ou du Royaume-Uni devrais-je réellement dire.

Le dernier jour d'exposition, un garde chuta, tant la fatigue le tiraillait depuis des heures.
Puis les funérailles arrivèrent et je dus, ainsi que le reste des hommes la famille, marcher derrière le cercueil lors de la procession qui nous amenait à Westminster Abbey, là où se tenait la cérémonie.
Les femmes, quant à elle, se rendirent directement du palais à la cathédrale en voiture.

*** LATRP ***

*1 «London Bridge is down» = code annonce prévu pour avertir du décès de la reine

*2 Public Order Act = loi britannique sur l'ordre public


Chapitre 16 : Résolution déterminée


Début novembre 2030

Ma mère s'était absentée pendant le weekend et mon père n'avait pas pu ou voulu me dire où elle était partie. Après notre conversation, je craignais qu'elle n'alla botter le derrière d'Edward.

Lorsqu'elle revint et m'annonça qu'elle était à Londres, je crus un instant que ma crainte fut fondée.

- J'ai une bonne et une mauvais nouvelle pour toi, me révéla-t-elle.

- Ok, répondis-je surprise. Commence par la mauvaise alors !

- Je suis allée à Londres …

- Maman ! l'interrompis-je. Je t'avais demandé de ne pas y aller !

- Je n'ai pas vu Edward, mais j'ai parlé à Esmée. Me calma ma mère. La reine a apparemment appris ce qu'il s'est passé la nuit de ton anniversaire. En tous cas, elle se doute de ce qu'il y a pu se passer pour que tu ne reviennes que le matin !

- Comment ?

- Quelqu'un vous a vu et a tout balancé à Sa Majesté ! me lança Renée.

- Jessica !devinai-je. C'est pour ça qu'elle est partie en Angleterre !

- Je le pense également ! Je la regarde l'air surpris. Carlisle m'a dit qu'elle avait demandé à voir la reine. J'ignore ce qu'elles se sont dit mais …

- Ça ne peut être que ça !Elle fait toujours tout pour me contrarier ! Donc j'imagine que c'était la mauvaise nouvelle ? demandai-je ensuite. Et la Bonne ?

Esmée a parlé à son fils et il lui a confié certaines choses. Ce jeune homme partagerait tes sentiments. Il a clairement fait savoir à sa grand-mère qu'il t'aimait. Le problème, c'est qu'elle l'a menacé de tout lui retirer s'il poursuivait sa relation avec toi.

Je sentis une larme couler sur ma joue, mais j'ignorais si c'était la joie d'apprendre qu'il m'aimait également, ou la déception d'entendre qu'il ne pouvait ou ne voulait pas se battre.

Lorsque je fis part de mes doutes à ma mère, celle-ci me suggéra d'aller le retrouver pour le rassurer, me disant qu'il avait peur que je le rejette s'il perdait tout.

Comment pouvait-il croire que je ne voudrais plus de lui ? Avait-il si peu foi en moi ?

- C'est à lui à faire le premier pas, pas à moi ! rouspétai-je agacée.

- Elizabeth et toi avez un point commun, me lâcha Renée. Vous êtes butée toutes les deux ! J'espère que tu te calmeras avant de succéder à ton père !

Il n'était pas impossible qu'elle ait éventuellement raison et qu'il fallait que ce soit à moi d'aller le voir. Mais s'il n'avait pas confiance en nous, cela valait-il la peine ?

*** LATRP ***

Je pris la décision, non pas d'aller voir Edward à Kensington, mais d'aller retrouver Alice à Windsor. Après son appel que j'attendais depuis des semaines, j'étais contente de retrouver ma meilleure amie, bien que je lui en voulais un peu de m'avoir ignorée tout ce temps.

Je savais que cela avait été pénible pour elle de garder le secret et qu'elle était incapable de mentir. C'était donc pour ne pas avoir à le faire qu'elle avait évité de me parler. Ce que je pouvais comprendre. Pourtant, je n'en étais pas moins contrariée par leur attitude à tous les deux.

- Oh Bella, je suis vraiment mais alors vraiment désolée ! me dit-elle en m'accueillant à Frogmore Cottage. J'espère que tu vas me pardonner? Tu es comme ma sœur !

- Je peux comprendre pourquoi tu l'as fait, Alice, la rassurai-je. Je te pardonne mais je ne peux pas oublier si aisément ce que ton frère et toi m'avez fait endurer depuis un mois !

- Je sais qu'Edward a encore mal agit. Mais il est amoureux de toi et j'ai très envie que tu puisses devenir ma sœur officiellement ! s'excita mon amie.

- Oh, Alice ! tentai-je de la calmer. Tu vas beaucoup trop vite !

- Mais je suis sûre que vous allez vous marier un jour, je le sens et tu sais que j'ai toujours raison quand je prédis quelque chose !

Il était vrai qu'Alice avait le don de pouvoir dire l'avenir, sans jamais se tromper.

- Si tu veux une preuve qu'il t'aime vraiment, m'avoua-t-elle ensuite. Il faut que tu saches ce qu'il a failli faire pour toi. Mais j'ai dû l'en empêcher avant qu'il ne fasse une connerie !

- Qu'est-ce qu'il peut bien avoir fait qui me ferait changer d'avis sur lui ?

- Quand Éric est revenu de Bruxelles, il a commencé à parler de toi devant Edward, mais pas bien, je t'assure !

J'étais déconcertée par ses mots. Qu'est-ce que j'avais bien pu lui faire de si terrible pour qu'il médise sur moi. Je l'avais même ignoré pendant tout son séjour, comme tous ceux qui avaient essayé de me tourner autour dernièrement. Je fis signe à Alice de continuer son histoire.

- Edward n'a pas apprécié qu'il parle de toi comme ça et a même voulu se jeter sur lui !ajouta Alice. J'ai dû lui rappeler que Granny risquait de le sanctionner.

- Mais pourquoi ? m'étonnai-je. Pourquoi il me défend devant son cousin, mais refuse de se battre pour moi auprès de sa grand-mère ?!

- Il a peur d'elle, comme nous tous ! avoua-t-elle.

Elle me proposa de rester un temps chez elle, loin de Londres et de l'inquisition d'Elizabeth.

Alice me promit qu'elle allait essayer de parler à son frère pour le convaincre de batailler pour moi. Ce qui ne serait probablement pas une mince chose à faire. Visiblement, Edward n'était pas en grande forme depuis qu'il avait discuté avec la reine. Il broyait du noir, selon sa sœur.

*** LATRP ***

Lors d'un après-midi pluvieux, Alice et Jasper me laissèrent seule à Frogmore, devant se rendre à Londres. Ils rentreraient tard, après les célébrations de la nuit de Guy Fawkes*.

Je regardais par la fenêtre, la pluie qui tombait dru, ce qui n'allait pas être évident pour les feux d'artifices qui devaient se tenir dans la soirée.

Ce temps était pourtant assez habituel en Angleterre, voire récurrent à cette saison, nonobstant les températures qui elles s'adoucissaient au fil des années.

En dépit des précipitations, le climat était assez doux pour un mois de novembre je décidai donc de profiter de la météo mouillée mais tempérée pour aller dans le jardin et m'éclaircir les idées.

Je fermai les yeux et m'abandonnai à son ruissellement, à son frémissement et à sa force qu'elle me délivrait par ce temps d'orage, … J'appréciais d'autant plus ce cadeau, grâce à l'apaisement quelle me procurait et à cet instant de sérénité. Le bruit de la pluie tombante et qui frappait le sol, qui s'entrechoquait sur l'herbe et les plantes, … La douceur de l'eau qui ruisselait sur ma peau, tout ça avait un effet apaisant et déstressant sur mon esprit tourmenté de ces dernières semaines.

Au bout de ce qui fut quelques minutes, voire quelques heures, à savourer l'averse, je sentis une présence derrière moi. Alice et Jasper ne devant pas rentrer avant la fin de la nuit, je fus déconcerté par cette sensation et me retournai promptement vers la maison pour y découvrir une silhouette masculine qui se tenait sous la pluie, non loin de moi. J'ignorais depuis combien de temps il était là à m'observer, mais ça devait déjà faire un certain temps. Ses vêtements étaient déjà trempés et sa chevelure cuivrée, d'habitude ébouriffée, était collée sur sa tête toute ruisselante. Je m'approchai de lui lentement, réduisant la distance entre nous.

Je l'aimais, je n'avais jamais arrêté, depuis le jour où je l'avais rencontré. Je voulais être avec lui dans tous les sens du mot et d'après ce que je voyais, c'était aussi son désir le plus cher. Tout tournait autour de la communication, nous devions parler et trouver un moyen d'être ensemble malgré tout.

- Tu vas bien ? demanda-t-il évasivement.

- Oui.

- Alice ma fait réaliser qu'il était temps de bouger mon cul !lâcha-t-il.

L'expression de soulagement qui dut passer sur mon visage déclencha son sourire à un million de dollars.

- Tu dois penser que je cherche à t'attirer de nouveau dans ma tanière de séduction pour coucher avec toi ? plaisanta Edward.

Je rigolai pendant que nous rentrions dans la maison et il me tendit sa main pour que je lui donne la mienne.

- Je ne sais que penser, dis-je doucement pendant que nous entrions dans le salon. J'ai peur que tu m'abandonnes encore une fois, à mon réveil demain matin.

Nous nous arrêtâmes face à la porte de la chambre d'ami qu'il ouvrit pour que je puisse entrer. Avant que je sache ce qu'il se passait, il me prit dans ses bras.

- Je veux être près de toi, souffla sa voix apaisante dans mon oreille. Près de toi, te regarder rire, entendre ta voix, sentir la chaleur de ton corps près du mien… Même si nous sommes complètements habillés. Je veux juste être près de toi.

Cela devait être la chose la plus adorable que j'avais entendue. Il était si précis dans son choix de mots. Cet homme incroyablement attentionné voulait simplement être près de moi. Je respirai profondément et me blottis contre lui encore un peu plus.

- Est-ce que ça te convient ?

- C'est parfait. Tu es parfait, réponds-je tranquillement, resserrant ses bras puissants autour de moi.

- Rien de plus, si tu penses que je suis assez bien pour être près de toi, ça me suffit.

- Je me moque que tu n'aies plus rien si ta grand-mère décide de tout t'enlever ! lui dis-je. Tout ce que je veux c'est que tu sois auprès de moi.

Je me reculai un peu pour voir son visage. La paix que je ressentis en fixant ses yeux se déversa sur moi comme du miel et je fus certaine qu'il n'y avait absolument rien qui pouvait ruiner ce moment.

Ma gorge fut soudainement aussi sèche que le désert du Sahara et les papillons que je ressentais dans mon ventre, depuis que j'étais tombée amoureuse d'Edward, étaient de retour.

Il saisit doucement mon menton entre son pouce et son index, inclinant ma tête pour caresser doucement mes lèvres des siennes de la façon la plus douce que j'avais expérimentée. Nous continuâmes jusqu'à ce que ce soit trop et que j'eus besoin de plus. J'ouvris la bouche assez pour aspirer sa lèvre inférieure entre les miennes.

Il gémit.

Nos langues se rencontrèrent et la danse familière qui m'avait tant manquée reprit. Tirant et soupirant, ses doigts caressèrent mes joues pendant que je grattai doucement son cuir chevelu humide avec mes ongles.

Nous nous perdîmes dans l'autre pendant deux minutes jusqu'à ce qu'il embrassa ma mâchoire et reposa son front sur mon épaule. Nos bras s'enroulèrent instinctivement autour de nous une fois de plus et je me retrouvai sans voix. Combien nous étions fragiles et combien rapidement nous avions perdu tout ce que nous avions.

Plus jamais.

Seigneur, que tu m'as manqué Bella. Je n'avais pas idée de combien tu me manquais désespérément jusqu'à ce que je te vois sous la pluie.

Ses mots me percèrent le cœur et des larmes inattendues coulèrent sur mon visage.

- J'ai pensé que je ne te verrai plus jamais, sanglotai-je, les émotions me submergeant. Je ne peux pas croire que je sois à nouveau dans tes bras… ça ressemble à un rêve.

- Alors c'est un beau rêve, murmura-t-il avant de m'embrasser le front.

Il recula et passa ses pouces sur mes larmes. Son sourire et son regard me dirent tout ce que j'avais besoin de savoir.

- Je ne te laisserai plus jamais Princesse, promit Edward. Mon sourire devenant dix fois plus grand. J'espère que tu le crois cette fois.

- C'est bien… parce que j'allais justement dire la même chose, Votre Altesse.

Mes yeux rencontrèrent les siens et je ne pus m'empêcher de remarquer que leur couleur s'était approfondie, il y avait une faim, comme s'il me déshabillait avec son regard émeraude.

Je déglutis très fort et dus serrer les genoux, craignant de m'évanouir et de tomber sur le sol sous ses yeux qui me scrutaient.

Nos lèvres, humides et nécessiteuses tiraient et aspiraient la langue et les lèvres de l'autre.

La porte se ferma alors que les mains d'Edward remontèrent sur mes épaules, dans mes cheveux mouillés et enfin il prit ma mâchoire entre ses mains. Bon sang, combien cette passion ardente entre nous m'avait manqué. Je reculai pour retrouver ses beaux yeux de jade.

Un instant de confusion traversa mon esprit et dut se voir sur mon visage.

- Quoi ? demanda-t-il alors.

Il secoua ensuite la tête, me repoussant contre la porte pour broyer ses hanches dans les miennes.

- Rien, je voulais juste te regarder... m'assurer que cela se passe réellement.

- C'est réel, balbutia-t-il, tirant sur mon cou jusqu'à ce que nos fronts se touchent. Je te veux.

Il appuya ses lèvres sur les miennes à nouveau alors que sa langue glissait dans ma bouche.

Je ne perdis pas de temps à déboutonner son chemisier. J'embrassai un sentier sur ses abdos exposés avant d'arriver à son jeans. Me relevant je tirai sur le tissu pour enlever cette chemise, tandis qu'il essayait de m'enlever ma robe trempée et ensuite de dégrafer mon soutien-gorge.

Je frémis alors qu'il fit tomber mes bretelles et admira ma poitrine.

- Spectaculaire !souffla-t-il en la regardant.

Maintenant que j'étais à moitié nue, sa bouche ne put arrêter de pincer et lécher mon cou, mes épaules ... la houle de mes seins, puis il me souleva dans ses bras.

J'enveloppai mes jambes autour de sa taille. Je sentis alors son érection pousser à travers nos sous-vêtements. Il se dépêcha d'aller jusqu'au lit, ma posa délicatement dessus et tomba en avant, plantant ses avant-bras de chaque côté.

- Tu étais si belle sous la pluie, me dit-il avant d'envelopper ses lèvres autour de mon mamelon.

Un gémissement s'échappa de ma bouche tandis que ses dents grattaient ma chair sensible.

- Plus ! grognai-je sans relâche. J'ai besoin de plus.

- Tout, Bella. Tout !

Il descendit du lit pour enlever son boxer. Je le regardai, rêveusement alors qu'il appréciait ma poitrine monter et descendre à chacun de mes souffles.

Il remonta sur le lit et descendit ma petite culotte le long de mes jambes. Comme un magicien qui tirait rapidement sur une nappe mais parvenait à garder tout à sa place, il la glissa jusqu'à mes chevilles et l'enleva d'un coup sec.

Il passa ses mains sur mes jambes vers le sommet de mes cuisses et essaya de reprendre son souffle. Quand il fit courir deux doigts sur mon point humide qui se formait, je poussai un cri.

Il vint ensuite placer des baisers humides et trainants à partir de ma cheville et en remontant. Quand il arriva à l'os de ma hanche, il grignota doucement provoquant davantage mes gémissements.

Le besoin de l'avoir à l'intérieur de moi me submergea. Son visage toucha doucement mon ventre et il pointa sa langue pour taquiner mon clitoris.

- Oui, Edwaaaard... oh, mon Dieu ! criai-je, mes mains volant dans mes cheveux. S'il te plaît, baise-moi maintenant ! le suppliai-je.

Sa bite frappa mon centre humide et nous gémîmes tous les deux de plaisir. Il glissa sa main vers le haut de ma fente pour rassembler l'humidité et de frotter la longueur de son sexe. En approchant son bout à mon entrée, il posa son regard sur moi et je fixai ses yeux dévergondés.

Je lui fis signe que j'étais prête à le recevoir plus profondément en moi.

Poussant ses hanches vers l'avant et glissant entre mes murs, il me regarda comme hypnotisé. Lentement, il se retira et poussa en moi avec un peu plus de force. Je levai ma tête de l'oreiller pour attaquer ses lèvres avec les miennes.

Mes mains serrèrent les draps et il enveloppa ses doigts autour de mes poignets, en plaçant ses bras au-dessus de ma tête alors que les grognements et les soupirs se faisaient plus forts à chaque poussée de ses hanches. Chaque fois qu'il revenait vers moi, son os pubien touchait mon clitoris me faisant miauler de plaisir.

Nos bouches tentèrent de s'embrasser mais nos langues continuèrent à se précipiter et à se lécher, sucer une lèvre supérieure ou inférieure. Ce fut désordonné, débridé et brut.

- Bellaaaaaa… gémit-il, alors que je commençais à le comprimer à l'intérieur de mon vagin.

Avec ses bras pressés dans l'oreiller au sommet de ma tête, il contrôlait la situation de toutes les manières. C'était tellement sexy. Je ne pouvais m'empêcher de me perdre dans ce moment de désir complet qui me traversait. Je sentais mon corps se tordre sous le sien. Ses abdos saillirent quand il commença à pistonner plus vite et plus fort.

- Oh, merde... o-oui !

Je pouvais sentir le resserrement dans mon corps lorsque mes orteils commencèrent à se courber. Il se pencha pour lécher ma clavicule et puis planta son visage dans mon cou.

- Bébé... Je viens... Je ne peux plus attendre.

Je ne pus que répondre avec un gémissement alors qu'il roulait et pilonnait ses hanches dans les miennes de plus en plus vite.

En silence, je fermai les yeux quand je sentis ses lèvres retrouver les miennes et qu'il suça ma langue dans sa bouche.

- Nnngh ! grogne-t-il, perdant son rythme.

Je ne descendis pas de mon nuage avant qu'il ne tourna ses hanches un peu plus, en continuant à monter dedans et hors de moi, prolongeant notre plaisir indescriptible.

Sa poitrine appuya sur la mienne et il embrassa mes bras, que je glissai rapidement autour de ses épaules. Quand j'ouvris les yeux, il me regardait fixement. Il reposa sa paume contre ma joue et se pencha pour m'embrasser doucement.

- Tu es si magnifique, murmure-t-il après plusieurs bisous. Je t'aime, Bella Swan. Je t'aime tellement.

Il se retira et roula à ma droite, me tirant avec lui et ajouta un baiser sur mon front.

Nous restâmes allongés dans un silence satisfaisant, reprenant notre respiration pendant plusieurs instants avant que je ne me mis sur mon coude pour l'embrasser.

- Je t'aime aussi, soupirai-je, incapable d'empêcher mes lèvres d'embrasser les siennes. Pour toujours, Edward. Il n'y aura personne d'autre pour moi, avoué-je doucement alors que ses doigts caressèrent mon bras, ma hanche... puis sa main s'installa sur la partie supérieure de ma cuisse.

*** LATRP ***

Lorsque nous retrouvâmes tous deux nos esprits, je réalisai ce que nous nous étions dit lors de notre dernier échange. Nous nous étions enfin avoué nos sentiments l'un pour l'autre.

- Edward, si je n'étais pas destinée à devenir reine, est-ce que ta grand-mère m'aurait acceptée ? interrogeai-je mon amant.

- Probablement que oui, me répondit-il. Mais tu l'es !

- Et si c'est moi qui quittais tout, proposai-je. Que je renonce au trône pour toi …

- Et laisser Jessica devenir reine ? s'étonna-t-il en rigolant amèrement. Je ne te laisserai pas faire ça !C'est trop important pour toi, je le sais.

- Effectivement, ce ne serait pas une bonne idée de la laisser régner !dis-je, acerbe. Tu sais ce qu'elle a fait ?lui demandai-je ensuite. Si tu te demandais qui a prévenu ta grand-mère pour nous le soir de mon anniversaire, c'était elle !

- Comment le sais-tu ? me demanda-t-il interloqué.

Je lui racontai donc ce que ma mère avait mijoté derrière mon dos, en venant parler avec la sienne et à ce que Carlisle lui avait appris à propos de ma belle-sœur.

- Ce n'est pas à toi de renoncer à tout, mais à moi ! affirma-t-il. Mais voudras-tu encore de moi si je n'ai plus de titre, plus de fortune, ni plus de famille ?

- Encore plus ! répliquai-je fermement. Bien que je sois certaine que ta famille ne t'abandonnerait pas.

- Il n'aurait pas le choix ! Je serais en exil, sans possibilité de venir à Londres et ils auraient l'interdiction de se rendre en Belgique !

- Connaissant ta mère et Alice, elles braveraient l'interdiction et puis la reine ne devrait plus être là très longtemps, j'ai entendu !

Il m'embrassa, comme pour terminer cette conversation et nous tombâmes dans les bras de Morphée, fatigués par nos ébats et nous nous réveillâmes quelques heures plus tard.

Il posa un baiser furtif sur mes lèvres et sa tête disparut sous la couette. Je perçus immédiatement sa bouche sur mon sein droit et sa langue vint taquiner mon téton qui durcit immédiatement au contact de sa langue fraiche et humide. Des milliers de frissons traversèrent mon corps et je me sentis immédiatement toute mouillée. Il ne laissa pas le gauche en reste et je caressai l'arrière de sa tête en étouffant mes gémissements.

Ses mains coururent partout sur moi et j'adorais ça. Il me caressa avec un mélange de fermeté et de douceur qui me faisait me sentir désirée et respectée. Je lui laissai mon corps sans me poser de question car même s'il ne lui appartenait pas, je le lui offris volontiers. Je savais qu'il en prendrait soin. J'ignorais comment lui rendre la pareille et je fus incapable d'y réfléchir quand il lécha et aspira la peau de mes hanches alors que ses mains pétrissaient mes fesses me faisant me cambrer. Ses doigts effleurèrent mon intimité et je délaissai ses cheveux pour mordre mon poing et m'accrocher aux draps avec l'autre. J'allais crier de plaisir si je me laissais aller. Je n'avais guère envie qu'Alice et Jasper m'entendent s'ils étaient rentrés.

Il trouva le creux de mon genou et remonta ma jambe par-dessus son épaule. Je sentis son souffle sur mon pubis et ce fut très excitant. Il posa ses lèvres dans le pli de ma cuisse et je hoquetai de surprise. Il raffermit sa prise autour de ma jambe et sa langue glissa sur ma toison parfaitement lisse.

- Oh Sainte Mère de Dieu !

Son souffle caressa mon intimité et je me rendis compte que j'étais complètement trempée. J'avais mal au ventre mais c'était une douleur délicieuse. Sa langue descendit me gouter entre mes plis. Il ne pouvait pas faire ça, c'était beaucoup trop dégradant pour lui.

- Edward! ne fais pas ça !

- Tu n'aimes pas ? Souffla-t-il contre moi, m'envoyant une nouvelle vague de frissons, faisant se resserrer un peu plus le creux qui s'était formé au fond de moi.

- Si, c'est trop bon mais… Je n'eus pas le temps de finir ma phrase, que sa langue passa à un endroit bien précis et mon cœur rata un battement, faisant tressaillir tout mon corps de plaisir.

- Tu es trop délicieuse Bella, chuchota-t-il contre moi.

J'essayai de le repousser avec mes mains, ne voulant pas qu'il se force à le faire.

- Edward tu n'es pas obligé de faire çaaaa ! Han ! Une décharge électrique, suivie d'une vague de chaleur enflamma mon corps et mes cuisses s'écartèrent un peu plus.

- J'ai envie de te dévorer Bella, laisse-toi faire s'il te plait.

- Mais…

- Chut, fais-moi confiance.

Sa langue repassa sur mon paquet de nerfs et j'abdiquai sous la sensation.

Ce qui s'en suivit releva de la science-fiction. Il lécha, embrassa et mordilla mon clitoris et en quelques secondes je sentis tout mon corps se réveiller et tous mes muscles se crispèrent, mon cœur s'emballa, ma respiration se bloqua et ma tête brûla.

Ça n'avait pas de sens, j'avais l'impression que j'allais défaillir. Plutôt que de perdre conscience, j'explosai de plaisir, tremblant et me laissant emporter par des vagues de chaleur qui s'abattirent sur moi encore et encore au rythme de ses coups de langue. Et ça ne s'arrêta pas. Je me consumais complètement sous ses caresses habiles.

Un dernier spasme, un dernier frisson et tout mon être se détendit d'un coup. J'avais l'impression de peser une tonne et que le matelas allait m'engloutir. Mais cette sensation ne dura que quelques secondes, car au moment où Edward ressortit la tête de dessous la couette, une envie indescriptible de lui s'empara de tout mon être et je l'agrippai par la nuque en prenant d'assaut ses lèvres.

- J'ai envie de toi, ce fut la seule chose que j'arrivai à articuler.

Alors il rit contre ma bouche, qui avait le gout de mon intimité. Il lui fallut environ quatre secondes pour s'équiper d'un préservatif. Je dus faire corps avec lui, c'était urgent, j'en avais impérativement besoin et son membre tendu à bloc ne m'aida pas à contrôler cette pulsion. Edward me poussa sur le matelas, sa main poussa mes cuisses de chaque côté et il me remplit d'un coup dans un grand soupir.

- Han! je n'arrivai pas à retenir mon cri.

J'avais besoin de ça. Je commençai à bouger mon bassin et les mains d'Edward vinrent sur mes hanches pour me guider. Je le sentis buter au plus profond de moi et il était si gros, si dur, si merveilleux que je crus que je n'allais pas tenir longtemps. Et je n'eus même pas le temps de comprendre quoi que ce soit, qu'en deux mouvements de bassin je me sentis à nouveau partir. Je me laissai aller en m'agitant sous lui et offrant à mon corps la délivrance. Dans un grognement étouffé, il tomba à bout de force sur moi.

- Wow ! ce fut tout ce que je trouvai à dire, parce que ce que je venais de vivre était au-delà de l'entendement.

- Ouais wow ! Il n'y a pas d'autre mot, lança-t-il en écho à mes pensées.

Je repris mon souffle et pendant qu'il s'extrayait de mon corps, me privant de sa délicieuse présence, je cherchai ses lèvres pour compenser. Je l'embrassai doucement et le remerciai.

- Merci Edward c'était incroyable.

Il m'embrassa sensuellement et je le sentis sourire contre mes lèvres.

- C'est quand tu veux. Attends Bébé, je vais me débarrasser de ce truc, je reviens.

Il quitta le lit pour aller jeter son préservatif et je me dis que j'aimais quand il m'appelait Bébé. Edward m'appelait par d'autres surnoms, mais Bébé, c'était une première et j'aimais ça. J'eus l'impression de lui appartenir quand il m'appela ainsi.

Quand il revint quelques secondes plus tard, il me prit dans ses bras et caressa mon dos. Je me délectai du contact de sa paume sur ma peau et j'embrassai ses pectoraux sous mon visage.

- Tu vas bien Bella ? demanda-t-il doucement en me serrant un peu plus contre lui.

- Je suis au paradis Edward et toi ?

- J'y suis avec toi Bébé.

Je me rendormis sur mon nuage de coton, bercée par un dieu.

*** LATRP ***

Au matin, je fus bercée à nouveau par ses baisers et ses étreintes sensuelles sur mon corps.

Après un troisième round, nous décidâmes de nous lever discrètement, ne voulant pas réveiller sa sœur et son beau-frère qui avaient dû rentrer au milieu de la nuit.

Je me rendis compte que nous nous étions tellement perdus l'un dans l'autre, que nous n'avions même pas entendu les feux qui avaient dû exploser tout au long de la nuit.

Avant de partir, Edward m'embrassa passionnément une dernière fois et me fis une promesse.

- Cette fois, je ne la laisserai pas m'intimider, m'annonça-t-il. Elle devra accepter ou je partirai et elle ne me verra plus !

- Tu penses que la mettre sur le fait accompli l'incitera à céder ? le questionnai-je.

- Elle ne sera certes pas enchantée, mais elle n'aura pas le choix, elle devra se résigner à accepter !

Je vis dans ses yeux qu'il semblait déterminé, cette fois, à lui faire accepter notre relation.

Bien qu'un espoir grandissait en moi, je restai sur ma réserve, préférant ne pas être trop déçue s'il échouait à nouveau. Je n'étais pas sûre que me relèverai à un autre refus et un rejet de plus.

*** LATRP ***

*La nuit de Guy Fawkes est un événement qui célèbre, chaque année en Grande-Bretagne, l'anniversaire de la conspiration des poudres du 5 novembre 1605, journée au cours de laquelle des catholiques anglais, menés par Guy Fawkes et d'autres conspirateurs, tentèrent de faire sauter le Parlement. Le complot échoua et les conspirateurs furent arrêtés et exécutés. La bonfire night (nuit du feu de joie) commémore aussi le fait que le roi Jacques Ier échappa à l'attentat contre sa personne.

Épilogue : 20 ans + tard

Vingt-et-un ans déjà que je prêtai serment devant la Nation. Vingt-et-un ans que je devins Reine des Belges. C’était presque irréel, parfois...